Arles se mobilise pour un été des arts et de la culture

Un été arlésien à la rescousse

Arles se mobilise pour un été des arts et de la culture - Zibeline

Passée par le CNC, le Centre Georges Pompidou, la mairie de Montpellier et promise au poste de première adjointe déléguée à la culture si la liste rassemblant la gauche, les écologistes et des citoyens l’avait emporté le 28 juin, Françoise Pams décrit l’Eté arlésien.

Une initiative bien singulière que celle de L’Été arlésien. Les conséquences de la pandémie ayant entraîné, comme partout, l’annulation des grandes manifestations, il était pourtant difficile d’imaginer une saison morne et silencieuse dans la plus grande commune de France, devenue une référence en termes de dynamisme et d’attractivité culturels. Et c’est un élu bien connu de la ville, Nicolas Koukas, aujourd’hui dans l’opposition après sa défaite face Patrick de Carolis, qui lançait, au mois de mai, un appel aux artistes, opérateurs culturels et à l’ensemble des forces associatives et citoyennes pour co-construire une programmation estivale. Celle-ci est pluridisciplinaire et s’étale jusqu’à la fin août. Un pari réussi… Malgré le résultat des élections municipales.

Comment a germé l’idée de l’Été arlésien ?

Françoise Pams : En voyant chaque jour tomber les annulations des manifestations culturelles d’Arles, Nicolas Koukas s’est inquiété pour les Arlésiens qui, à la sortie du confinement, avaient besoin de réconfort, et aussi pour les touristes, qui se disaient qu’il ne s’y passerait pas grand chose. On prévoit en effet, étant donné que les gens vont moins voyager que d’habitude, avoir beaucoup de visiteurs français dans le territoire. Nous avons donc fait un appel aux Arlésiens, aux créateurs, aux diffuseurs, aux responsables afin de créer un événement qui puisse donner de la joie et du plaisir. Cet appel a reçu un très large écho avec plus de 60 propositions. La municipalité actuelle a trouvé cette initiative superbe et a pris le relais.

Vous avez maintenu l’initiative après votre défaite aux élections…

Moi, ma vie, c’est la culture. Ce n’est pas la politique. Nous n’avons pas fait tout cela à des fins électoralistes.

Que pourra-t-on découvrir tout au long de l’été ?

Les Suds organisent des concerts du 13 au 19 juillet. Les Rencontres de la photo font une programmation fin août, en collaboration avec le Méjan et Actes Sud. La Croisière propose du cinéma en plein air. Olivier Saillard, ancien directeur du Musée de la mode de Paris, monte une exposition de grands photographes qui vont habiller les murs dans une vingtaine de rues de la ville. Des compagnies chorégraphiques importantes vont venir avec des formes légères. Il y a aussi la programmation d’Arles contemporain, l’association des galeriste, des fondations Van Gogh, Ortiz et Luma ainsi que de nombreuses projections vidéo. Et j’en passe !

Avec quels budgets tout cela a-t-il été possible ?

La Ville (l’ancienne municipalité, ndlr) a dégagé un budget pour les associations avec lesquelles elle a l’habitude de travailler. Tout le reste est financé sur des fonds propres. Des privés sont heureux de pouvoir faire quelque chose pour Arles, parce qu’ils sont amoureux de cette ville. L’amour, la solidarité et le partage, c’est ce que nous a appris la crise sanitaire. Avec le fait de ne plus trop anticiper.

Entretien réalisé par LUDOVIC TOMAS

Juillet 2020

Photo Les Suds-Birds on a Wire ©Jeremiah CMJN

L’Été arlésien

jusqu’au 13 septembre

arleslete2020.fr

Notre sélection

Musique : revoilà Les Suds !

Ce fut une déchirure lorsqu’à la mi-mai, Les Suds à Arles durent se résoudre à renoncer à leur 25e édition. Mais malgré leur détermination à imaginer tous les scénarios possibles, l’incertitude, les contraintes et les risques étaient bien trop élevés pour maintenir l’événement. Quelques semaines plus tard pourtant, la passion conjuguée à l’assouplissement des règles sanitaires en termes de spectacle vivant, et à l’idée enthousiasmante d’inventer un été arlésien différent, permettent un nouvel exploit. Celui de reconstruire une programmation certes réduite mais fidèle à l’esprit de ce rendez-vous capital avec les musiques et les cultures du monde qui nourrissent le patrimoine vivant et bouillonnant de l’humanité.

16 juillet : Nicolas Puig (Espace Van Gogh), Sou Ko (Croisière), Birds on a wire (Alyscamps), DJ Mahmoud (place Paul Doumer)

17 juillet : Isabelle Cousteil (Espace Van Gogh), Trio Colibri (Croisière), Sirventès (Alyscamps)

18 juillet : Klezmer Experience (Espace Van Gogh), Meryem Koufi (Croisière), Ballaké Sissoko & Vincent Segal (Alyscamps), Djs Puta !Puta ! (Croisière)

En résidence pour la création de nouveaux spectacles : Birds on a wire, Smith & Gaspar Claus, Sirventès, Henri Maquet quintet.

Théâtre

Lettres de mon moulin d’Alphonse Daudet par Philippe Caubère, 1ère partie les 14 & 15 août, 2ème partie les 18 & 19 août, Chapelle de la Madeleine.

Arts visuels avec Arles contemporain

Jusqu’au 15 juillet

Eyes for you, Ivar de Briquemault, Molière 22

Jusqu’au 26 juillet

Passe temps – Killing time, Muriel Toulemonde, Palais de l’Archevêché

Ensemble, exposition collective de photographes et plasticiens, Dock d’Arles.

Stranger(r) Paradise, Pandora Graessl, La chapelle de la Madeleine

Jusqu’au 30 juillet 

Ciel d’hier, Pierre Vallet, Galerie Olivier R Bijon

Jusqu’au 16 août

Spray for us, Eugène Barricade, Galerie M@g

Jusqu’au 20 août

Miroir de l’inconscient, Karine Meyer, Galerie Karine Meyer

Jusqu’au 28 août

Entractes12, Pacifico Silano, The Eye sees

Jusqu’au 30 août

Corps à corps, Nikola Zaric, Chapelle du Méjan

Les graines du monde, l’Institut Vavilov, Mario del Curto, Chapelle du Méjan

Sculptures, Marc Nucera, Croisière

Dernier acte, Antoine Herscher, Croisière.

Résidences, Bernard Minier et Thierry Valencin, Croisière

Nouvelle nature, Jean-Pierre Formica, Croisière

Deambulatio Temporis, Arsène Dubois Welkin, La Maison close

New York 4th dimension, Cecil Ka, Maison Volver

Jusqu’au 5 septembre

Alegria, Jacques Léonard, Galerie Anne Clergue

Different shades of yellow, Misia-O‘, Circa

Perspectives – Deepam Feu sacré – Pas de mise en scène, Harold Ambellan, Guy Monnet et Sophie Muret, La belle étoile d’Arles

Bird Dream en Camargue, Gérard Rossini et Philippe Paumier, Galerie Olivier R Bijon

Les Pionniers, Fondation Manuel Rivera-Ortiz (lire P. 65)

Jusqu’au 12 septembre

Ce que voient les oiseaux, Stéphane Pichard, Galerie Quatre

Jusqu’au 13 septembre

La Complicité, Fondation Vincent Van Gogh (lire P. 64)

Jusqu’au 27 septembre

Open walls & Secret spaces, exposition collective de 60 photographes, Galerie Huit Arles

Sursaut / Jump, Etienne Racine, Galerie Etienne Racine

Jusqu’au 29 septembre

It’s Urgent, Fondation Luma (lire P. 65)

Jusqu’au 31 septembre

Life is blue, Anne Eliayan et Christian Pic, Arles Gallery

Jusqu’au 30 octobre

Nouveaux Westerns, Armelle Sèvre, Le buste et l’oreille

Rencontres : Agir pour le vivant

La première édition de cette manifestation, imaginée par les éditions Actes Sud, propose un programme de réflexions et d’expérimentations territoriales sur la façon de cohabiter et de vivre le monde d’aujourd’hui avec l’ensemble du vivant. Parmi la centaine d’intervenants, français et internationaux, invités à partager expériences et débats d’idées, notons la venue de la romancière Nancy Huston, les philosophes Vinciane Despret, Bernard Stiegler, Nadia Yala Kisukidi, le botaniste Francis Hallé, le biologiste Gilles Bœuf

Les Rencontres d’Arles s’y associent le temps de deux soirées au Théâtre Antique (de 21h30 à 22h30) : le 28 août lors d’une rencontre entre Edgar Morin et Cyril Dion autour de la notion d’« image écologique », et le lendemain pour un Live Magazine de l’été, Le Vivant en récits et en images, événement durant lequel auteurs et artistes livreront sur scène des récits intimes et planétaires. Do.M.

24 au 30 août

Le Méjan, la Croisière, le Domaine du possible, le Théâtre Antique, Arles

agirpourlevivant.fr