L’association Nouvelles Hybrides nous invite à un automne en trois temps

Un automne hybride

• 24 septembre 2021⇒13 novembre 2021 •
L’association Nouvelles Hybrides nous invite à un automne en trois temps - Zibeline

Après un été de vidéos livrant lectures et entretiens, les Nouvelles Hybrides reprennent le chemin de leurs manifestations non virtuelles, conjuguant la venue d’écrivains aux écritures puissantes et originales à des spectacles, des lectures, des entretiens.

Les deux lectures musicales de la programmation seront des créations. La littérature est ici abordée avec intelligence, vécue, fouillée, appréciée, partagée, discutée dans une atmosphère conviviale où tout prend un air d’évidence. Le lieu de ce début de saison : les locaux de la belle médiathèque Les Carmes à Pertuis. Les souliers d’or de Nancy Huston ouvrent le bal (24 septembre) grâce à une lecture menée par l’autrice accompagnée de la guitare jazz de Claude Barthélémy. La jeune narratrice a quatorze ans. Habituée au piano classique, elle découvre, en rencontrant Johnny Dermott de deux ans son aîné, les negro spirituals et la musique du jazz. Au cœur de l’histoire d’amour naissant, il y a le piano, personnage central autour duquel tout se joue. La délicatesse du style, la poésie de l’ensemble, le travail en esquisse de ce court récit, accordent au texte une envoûtante beauté. Un bord de scène et un bref échange avec le public suivront la représentation, tandis que le lendemain on retrouvera Nancy Huston lors d’un entretien où elle abordera plus amplement l’ensemble de son œuvre avec Jean-Marc Latil.

Des mots en musique

En résidence d’écriture (autre facette du remarquable travail des Nouvelles Hybrides), Patrick Autréaux se livrera au jeu des questions avant une lecture à haute voix de son ouvrage Le Grand Vivant par Xavier Gallais (9 octobre). Ses études de médecine et d’anthropologie, qu’il a menées en parallèle avec la pratique de la poésie et la critique d’art contemporain lui offrent l’occasion d’un triptyque. L’auteur, polygraphe subtil moult fois primé, dessine les sentiers qui l’ont mené de la médecine psychiatrique à la littérature, arpente les terres du roman, du théâtre (Le Grand vivant), écrit là « où ça déborde » (La voix écrite, Verdier, 2017). « Les écrivains sont souvent des oscilloscopes » affirme-t-il dans Dans un mois, dans un an (article paru au Seuil, 2020). « Et leur vie consiste peut-être moins à démontrer qu’à inventer une forme pour ce qu’ils perçoivent confus en eux, ou invisible encore autour d’eux. Ils écrivent pour donner corps… ». Il s’agit de tenter « de faire de l’écriture un radeau qui permette de traverser le tumultueux réel sans fermer les yeux »… Sans doute une manière d’envisager la littérature que ne renierait pas le médiatique et parfois controversé Yannick Haenel qui s’entretiendra avec Elodie Karaki (13 novembre) avant un concert auquel il prêtera sa voix et ses mots. Je vois le feu est un texte qu’il a spécialement écrit pour la contrebasse amplifiée de Nicolas Crosse, soliste de l’Ensemble Intercontemporain accompagné par Rémi Vignolo (batterie), qui hante lui aussi les scènes internationales. Le chef d’orchestre et compositeur Daniel Dahl animera le bord de scène.

MARYVONNE COLOMBANI
Septembre 2021

Nouvelles Hybrides
Médiathèque Les Carmes, Pertuis
04 90 07 24 80 lesnouvelleshybrides.fr

Photographie : Nancy Huston © Fanny Dion