La saison de La Criée, qui débute à La Friche mais devrait retrouver ses pénates après Noël

Tout théâtre et tout terrain

La saison de La Criée, qui débute à La Friche mais devrait retrouver ses pénates après Noël - Zibeline

La saison de La Criée débutera, travaux obligent, à La Friche, pour une programmation concoctée en accord avec l’esprit des lieux : en commençant par la jeune création théâtrale, suivie par un festival de spectacles pour enfants, pour finir en décembre par une fête foraine d’hiver. De très bonnes surprises durant ce premier trimestre qu’on redoutait pauvre, étant données les difficultés de programmer hors les murs : si l’offre de places est forcément plus restreinte, les propositions sont passionnantes : Superamas pour commencer, puis Vincent Macaigne qui met en scène Dostoïevski, Elise Vigneron qui crée pour enfants, Olivier Py qui reprend le plus réussi de ses contes de Grimm, Jean Bellorini qui vient créer son Liliom. Le Massalia et le Mucem collaborent, et le théâtre s’ouvre sur la ville, le cirque, et continue à aimer la musique…

Mais l’essentiel de la saison se déroulera, on l’espère, dans les salles retrouvées, le hall rénové, les murs enfin désamiantés, dès janvier. Et on ne manquera pas de théâtre dans notre Centre dramatique ! Certains puisent dans les formes narratives plutôt que dramatiques : Julien Gosselin met en scène Houellebecq (Les Particules élémentaires), Emmanuel Meirieu le roman de William Warton Birdy, Macha Makeïeff les Contes d’Odessa d’Isaac Babel… Mais il y aura aussi du théâtre de répertoire : La mégère apprivoisée mise en scène par une femme, Mélanie Leray, perdra sans doute un peu de sa superbe misogyne, et Platonov de Tchekhov revisité par Rodolphe Dana et ses Possédés aura les vertus du collectif ; Victor ou les enfants au pouvoir de Roger Vitrac mis en scène par Frédéric Poinceau sera sans doute étonnant et sulfureux, et Gérald Garutti nous promet un Lorenzaccio très romantique, et politique.

De nombreuses formes de spectacle vagabondant entre texte, conte, théâtre, images et cirque seront proposées pour les âmes aventureuses, des Carnets de voyage chez les Inuit ou les Soussou (Makeïeff/Geslin), le cirque le Roux, Gaël Baron et Laurent Ziserman qui métissent burlesque et Kabuki, la Cie XY qui transforme ses portés acrobatique en quête d’élévation collective, Cyril Teste qui porte la Tête haute de Joël Jouanneau, Michèle Anne de Mey qui quitte la danse pour faire du théâtre avec le cinéaste Jaco Van Dormael… On retrouvera aussi Charles Berling, qui reprend sa mise en scène de Dreck, un texte intense magnifié par Alain Fromager, et son Gould/Menuhin très singulier.

Nos deux grandes compagnies chorégraphiques pourront s’exprimer sur un plateau à leur mesure, le seul à Marseille pouvant les accueillir. Le Ballet National de Marseille viendra danser la création attendue de ses nouveaux directeurs (Emio Greco et Pieter Scholten), et Angelin Preljocaj déclinera les trois parties de son très abstrait et sidérant Empty moves.

Mais il y aura surtout beaucoup de musique : un peu de jazz (Paul Lay puis le Belmondo Sextet), un récital Bach, un autre des deuxièmes sonates (Mozart, Beethoven, Schumann et Prokofiev), une folle journée Schubert/Beethoven après une folle journée baroque, un Pierre et le Loup avec l’Orchestre de Marseille. De la musique contemporaine  très littéraire lors du Festival Les Musiques avec Benjamin Dupé qui met en notes des extraits de La Haine de la musique de Pascal Quignard, et Georges Boeuf qui crée une symphonie avec l’orchestre de Marseille et trente chanteurs (Musicatreize) à partir de Rimbaud et Mallarmé. Puis l’Académie d’Aix-en-Provence et l’OJM viendront clore la saison en musique, juste avant la nouvelle édition du Festival d’Aix…

Agnès Freschel
Septembre 2014

Photo : La mégère apprivoisée -c-S.-Junkerfftboac

La Criée
30 Quai Rive Neuve
13007 Marseille
04 91 54 70 54
http://www.theatre-lacriee.com/