Ensemble ! Mot d'ordre de la programmation du Théâtre d'Arles

Tous ensemble !

• 3 octobre 2020⇒11 octobre 2020 •
Ensemble ! Mot d'ordre de la programmation du Théâtre d'Arles  - Zibeline

Le théâtre d’Arles invite à des retrouvailles placées sous le signe du collectif.

Ensemble ! Un seul mot sur la couverture du programme qui claque comme une évidente invitation à se retrouver, enfin, et à se réapproprier les lieux et les propositions artistiques.
C’est ensemble, donc, que nous vivrons l’ouverture de saison avec les désormais très attendus Cirques indisciplinés, premier temps fort de la saison. Quatre petites formes légères émailleront cette première semaine (3 au 11 octobre), à l’Espace Saint-Cézaire et dans l’église des Frères Prêcheurs, à commencer par les installations théâtrales miniatures de l’artiste Cécile Léna, Kilomètre Zéro et Columbia Circus, qui forment le récit des amours contrariés d’une trapéziste et d’un boxeur bourlingueur. Suivront Demain hier de Cédric Paga alias Ludor Citrik, qui suit deux jeunes circassiens tout au long de leur vie (commande de l’Académie Fratellini), la transe hypnotique de Juan Ignacio Tula (Instante), et le pas de deux détourné du duo Alexander Vantournhout et Axel Guérin (Through the grapevine). 

Un deuxième temps fort, en avril, propose un parcours thématique autour de l’intelligence artificielle. Outre les conférences et projection de film, deux spectacles viendront alimenter les réflexions : Imposture posthume, de Joël Maillard, interroge avec humour et loufoquerie le monde tel qu’il va, et La Vallée de l’étrange, de Stefan Kaegi, nous place face à un androïde sidérant. Le troisième et dernier temps fort, Paysages en mouvement, en coréalisation avec le Citron Jaune – Centre national des arts de la rue et de l’espace public de Port-St-Louis, clôturera la saison dans des lieux que les artistes revisiteront de leurs performances. À la tombée de la nuit, le Groupe Zur créera des tableaux oniriques sonores et imagés (InStantané), Alexander Vantournhout investira l’Abbaye de Montmajour (sous réserve) avec Screws, et Sophie Laly posera sur l’eau une maison-mirage non loin du Pont Van Gogh (Fading # 6).

L’humain au centre

C’est avec La Mondiale Générale, et son cocréateur Alexandre Denis, artiste complice du lieu, que le public sera convié à rejoindre le théâtre dans un bel ensemble, après avoir assisté aux quatre mini-séries spécialement pensées pour débuter la saison dans ses murs.
Tout au long de l’année, les propositions théâtrales interrogeront le pouvoir, la politique, les liens familiaux, l’altérité.
La toute nouvelle mise en scène de François Orsoni questionne la théâtralité du politique et la conquête du pouvoir (Coriolan de Shakespeare) ; pouvoir toujours, exercé par le régime d’Hafez El Assad dans l’une des pires prisons de ce pays, Y-Saidnaya, celle qui détient des prisonniers politiques : Ramzi Choukair met en scène les histoires de celles et ceux qui ont mené le combat contre l’anéantissement. Avec Mohamed El Khatib, les enfants donnent leurs points de vue sur la séparation de leurs parents : La dispute mêle vérités (ou pas) et ressentis dans une grande fraîcheur. C’est en famille encore que Pascal Rambert donne la parole à deux Sœurs (Marina Hands et Audrey Bonnet) dans une joute verbale violente qui révèle autant les rancœurs que l’amour qu’elles se portent. Du côté de la danse aussi les propositions se révèlent alléchantes ! Le chorégraphe portugais Marco da Silva Ferreira brouille les codes du genre avec Bisonte, Julie Nioche crée une scénographie mouvante pour figurer des identités multiples (Vague Intérieur Vague), l’artiste norvégienne Ingri Midgard Fiksdal emporte vingt danseurs masqués dans une chorégraphie psychédélique silencieuse, avec les jeunes interprètes de la formation Coline d’Istres (Shadows of tomorrow)…

DOMINIQUE MARÇON
Septembre 2020

Photo : Shadows of tomorrow © Anders Lindén

Théâtre d’Arles
43 rue Jean Granaud
13200 Arles
04 90 52 51 55
www.theatre-arles.com