La 8e édition du festival Constellations, à Toulon jusqu'au 16 septembre

Toulon sous les étoiles

• 12 septembre 2018⇒16 septembre 2018 •
La 8e édition du festival Constellations, à Toulon jusqu'au 16 septembre - Zibeline

À l’écoute des nouvelles scènes, Constellations fait corps avec la ville en invitant à prendre le large.

La 8e édition du festival Constellations réunit une cinquantaine d’artistes et acteurs culturels qui relient l’espace public et l’art à Toulon (ainsi qu’à Ollioules et Hyères, la semaine dernière). La ville devient un terrain de jeu, où l’art se décline, se crée, se montre, se façonne, s’adapte, partant à l’assaut des formes architecturales pour les parer de poésie, d’élans, de significations nouvelles, à travers des propositions artistiques éclectiques : danses, musiques, performances in situ, projets participatifs… La Cie Kubilai Khan Investigations montre une fois encore sa capacité à entraîner des dynamiques artistiques qui interrogent notre relation au monde, en jouant à la fois de la proximité et du décalage.

À la Tour Royale, Michigan offrira un set aux aspirations d’océans et de liberté : « Mets des ailes à ton voilier et viens danser comme si c’était la dernière traversée. ». Loya et sa « mer de lumières » inspirée du poète Kenneth White, fera résonner les pierres de son sound design pointilliste. On découvrira les dix nouvelles compositions de Corail (sortie prévue en septembre).

Guillaume Cantillon s’immisce dans les Métamorphoses d’Ovide, poésie refuge « pour penser plus loin », et Kubilai Khan se livre à l’errance entre des fragments de narration au rythme de Waves splashing #. Une pièce pour 5 interprètes, pour révéler l’immédiat environnement et la profondeur des temporalités. Littérature et danse se mêlent lors d’entretiens entre Olivia Grandville et l’avant-gardiste du XXe Françoise Sullivan dans Argentique ; 17 photographies, témoins d’un projet inachevé de la québécoise, constituent la trame de cette pièce, qui fait renaître le mouvement de ces images arrêtées en noir et blanc. Réinventer à deux une danse imaginée il y a 70 ans…

Vagabondage

Nina Santes lie le mouvement et la voix parlée ou chantée de Self Made Man, pièce élaborée comme on bricole, en direct sur un plateau qu’elle façonne dans une scénographie qu’elle fabrique sous nos yeux. Langage de réinvention de soi que l’on retrouve avec les performances de Gwendoline Robin, Cratère 06899 et Incidence 1327 avec Gaëlle Bourges, tandis que la musique de Potochkine se fond en un geste artistique total et que Toméo Verges performe Que du Bonheur( ?).

L’École Supérieure d’Art de Design TPM sera traversée par l’« artefact en mouvement » défini par le chorégraphe Lilian Steiner dans Memoir for Rivers and The Dictator, et Marcela Santander Corvalán offrira à la Tour Royale un solo de danse « accroupie », Disparue. La chorégraphe explore et performe cette posture millénaire : « Je suis en bas, je vois les choses d’en-bas. Les cheveux, les seins, le sexe, les jambes et le visage construisent cette danse “d’en-bas” ». Alma Söderberg présentera deux formes courtes Cosas et Nadita, Mickaël Phelippeau et Erwan Keravec (sonneur de cornemuse) convoquent la notion d’héritage avec Membre fantôme. Les deux artistes avaient été invités à travailler ensemble sur une proposition du Festival d’Avignon (2016) pour un Sujet à vif. Cette création s’inspire de leurs racines et intimes, réunis autour de la danse bretonne.

Pour cette édition Kubilai Khan accueillera la présence d’un artiste associé, le Brésilien Volmir Cordeiro, qui interprétera deux solos Rue et Cie, entre vagabondage et adresse ouverte à l’immensité.

Ajoutez à cela une attention particulière au jeune public avec Arrêt sur Images 3# de Panagiota Kallimani et un groupe d’enfants amateurs, des masters classes, une chorale participative…

MARYVONNE COLOMBANI
Septembre 2018

Constellations
jusqu’au 16 septembre
Divers lieux, Toulon
06 27 22 37 66 kubilai-khan-constellations.com

Photographie : Lilian Steiner KCA © Grégory Lorenzutti for dancehouse