Programme éclectique et séduisant pour la nouvelle saison du Théâtre de Nîmes

Toujours ++ !

Programme éclectique et séduisant pour la nouvelle saison du Théâtre de Nîmes - Zibeline

Ça commence fort au Théâtre de Nîmes, avec La Mouette, création 2016 de Thomas Ostermeier. Actualité assenée dès le début du spectacle, hurlée dans un micro par les comédiens, qui dégainent réflexions et vociférations entendues ça et là sur le monde comme il va par le metteur en scène allemand, pendant qu’il travaillait à la pièce de Tchekhov.

Tout se bouscule, l’histoire, l’Histoire, l’amour, la déception, le texte, les corps, dans la virtuosité, jusqu’à une certaine asphyxie, à laquelle le directeur de la Shaubühne de Berlin nous a habitués. Il nous est proposé de pénétrer plus avant dans l’œuvre et la réflexion du metteur en scène lors de la diffusion d’un documentaire tourné par Jérémie Cuvillier lors de la création de la pièce.

Echos décalés

C’est en effet en multipliant les entrées que l’équipe emmenée par François Noël décloisonne et enrichit la programmation très variée de cette saison 16/17. Les rendez-vous « ++ », organisés autour des spectacles, donnent un éclairage décalé et très évocateur pour la plupart des événements présentés au théâtre.

Très hétéroclites, les ++ emballent et décryptent. Les plus petits ont la possibilité d’inviter leurs parents à des Apéro Diabolo, autour d’un verre de limonade au sirop après les spectacles dit « pour enfants » : Le roi des papas a un chœur d’enfants, du plus connu des papa Vincent Malone, 20 à 30 000 jours, théâtre d’objets qui nous parle du temps qui passe conçu par Fanny Bouffort, Tel quel !, spectacle de danse chorégraphié par qui aborde la dictature du paraître… Les petits spectateurs pourront même passer dans l’envers du décor de De l’autre côté d’Alice, voyage hip hop imaginé par Christine Le Berre.

Farandoles

Si l’on continue de se laisser mener par tous les ++ de cette saison, on sera tentés par la conférence d’Agnès Giard, bloggeuse à Libération. En écho à la pièce Et même si je me perds, d’une des figures de la scène japonaise Shiro Maeda, l’anthropologue (son blog s’appelle les 400 culs) évoquera, pour sûrement mieux le démonter, le phénomène de désaffection amoureuse des jeunes japonais.

On pourra aussi boire et écouter un Apéro Lecture avec François Morel, qui lira, après son spectacle Hyacinthe et Rose, somme de souvenirs bucolico-familiaux, les contributions des participants qui voudront partager leurs souvenirs liés aux fleurs et aux jardins. Un échauffement du spectateur par Anne Décoret-Ahiha, anthropologue de la danse, introduira la farandole macabre BIT de Maguy Marin.

Plus classiquement, des rencontres, autour d’un verre de vin offerts par les producteurs locaux, sont organisées avec les artistes à l’issue des représentations. C’est un Château-l’Ermitage qui sera dans les verres de ceux qui viendront échanger avec Yasmina Reza et Emmanuelle Devos, pour Bella Figura, que l’auteure met ici elle-même en scène.

On est déjà curieux de découvrir, pour les mois à venir, ce qu’inventera le nouvel artiste associé à cette scène conventionnée pour la danse contemporaine, le toujours surprenant chorégraphe, penseur, François Verret.

ANNA ZISMAN
Octobre 2016

Théâtre de Nîmes

Photo : Tel Quel ! © Frédéric Iovino


Théâtre Bernadette Lafont
1 Place de la Calade
30000 Nîmes
04 66 36 65 00
theatredenimes.com