Trois chorégraphies incontournables au Forum Grimaldi de Monte Carlo

Toujours la danse…Vu par Zibeline

• 16 avril 2021⇒18 avril 2021, 23 avril 2021⇒26 avril 2021, 1 mai 2021⇒3 mai 2021 •
Trois chorégraphies incontournables au Forum Grimaldi de Monte Carlo - Zibeline

L’humanité se décline dans toute sa complexité sur la grande scène du Grimaldi Forum grâce à la reprise de trois chorégraphies de Jean-Christophe Maillot qui partage avec nous sa vision aigue et poétique du monde.

Le printemps voit refleurir les salles monégasques, et les Ballets de Monte Carlo après une courte pause renouent avec la grande scène de la salle des Princes du Grimaldi Forum pour trois séries de représentations, chacune consacrée à une œuvre majeure de Jean-Christophe Maillot, chorégraphe et directeur des Ballets. Cette « trilogie » invite à  remonter le temps. Ouvre la saison printanière Coppél-i.A, ballet créé fin 2019, qui s’insurge contre le conformisme d’une société stéréotypée et voit les certitudes des êtres de chair bousculées par l’apparition d’un être artificiel. Entre les déficiences, les élans bouleversants d’émotions du vivant et la perfection glacée, se glisse l’interrogation forte de notre relation à l’humain et à l’idéal, notre exigence d’absolu et les fragilités de nos parcours. L’humanité se redéfinit dans cette auscultation de ses limites sur la musique originale de Léo Delibes et les arrangements de Bertrand Maillot. Inspirée de l’argument du ballet originel bâti sur la nouvelle d’Hoffman, L’Homme au sable, la dramaturgie de Jean-Christophe Maillot et Geoffroy Staquet rend compte de notre contemporanéité avec finesse en s’appuyant sur l’humus intemporel des contes.

Autre légende poignante, Lac (2011), nourri du Lac des cygnes de Tchaïkovski, offre une approche en épure du thème, plonge dans les limbes de l’inconscient, montre des êtres incertains, un prince en proie à une famille machiavélique, hésitant entre le bien et le mal, la candide innocence et la découverte des sens. La scénographie d’Ernest Pignon-Ernest enveloppe la narration de la puissance de son architecture dépouillée. Le final somptueux et onirique offre au spectateur la liberté de son interprétation, nous faisant passer de l’autre côté du voile des peurs d’enfance et des interdits. Comment tout s’approprier dans un monde qui nous impose de faire des choix ? La danse, peut-être, est une réponse…

L’humanité est encore mise en question avec Le Songe (2005), œuvre qui porte en elle les prémices de tous les travaux suivants de Jean-Christophe Maillot. Trois univers sont ici déclinés, celui des Athéniens, celui des fées, celui des Artisans sur des musiques de Felix Mendelssohn, Daniel Terruggi et Bertrand Maillot dans une scénographie d’Ernest Pignon-Ernest. Le réel fuit, se perd, se délite, se nimbe de folie, passe de la joie espiègle au rêve éveillé. L’approche matérielle du monde cède la place à une fantaisie créatrice qui transporte artistes et spectateurs dans de nouvelles ivresses. Un condensé d’étoiles où les danseurs des Ballets monégasques brillent avec une sensible intelligence.

MARYVONNE COLOMBANI
Avril 2021

Coppél-i.A
16, 17 & 18 avril (14h)

Lac
23, 24, 25 & 26 avril (14h)

Le Songe
1er, 2 & 3 mai (14h)

Grimaldi Forum, Monte-Carlo
0377 99 99 30 00 balletsdemontecarlo.com

Photographies:
Coppél-i.A © Alice Blangero
Le Songe © Alice Blangero