Interview de Marie Clemm, directrice du Festival des Cinémas d’Afrique du Pays d’Apt

Sur les rives du Calavon

• 8 novembre 2019⇒13 novembre 2019 •
Interview de Marie Clemm, directrice du Festival des Cinémas d’Afrique du Pays d’Apt - Zibeline

Zibeline : Du 8 au 13 novembre se tiendra la 17e édition d’Africapt, plus courte que les années précédentes. Pourquoi ? Cela veut-il dire moins de films et moins d’invités ?

Marie Clemm : Une baisse de dernière minute d’une subvention de la Région en 2018 nous a obligés à raccourcir cette édition pour réduire le déficit. Au départ, cela voulait dire moins de films et moins d’invités mais au final, on en a autant. Au total 16 fictions, 9 documentaires et 13 courts métrages.

En 2018, 13 pays étaient représentés. Et cette année, y en a-t-il de nouveaux ?

15 cette année et comme nouveaux, le Ghana avec L’Enterrement de Kojo de Sam Blitz Bazawule qui raconte, à partir du regard ingénu et inquiet de la petite Esi, l’histoire dramatique de son père et son oncle. Et puis, il y a la Lybie avec le documentaire de Naziha Arebi, Freedom Fields, qui suit trois footballeuses et leur équipe dans la Libye postrévolutionnaire, que nous présentons en partenariat avec Films Femmes Méditerranée.

Quels sont les moments forts de votre programmation ?

Cette année, beaucoup de films sélectionnés dans de grands festivals, des films de grande qualité dont beaucoup sont réalisés par des femmes. Il y a Mati Diop avec Atlantique (lire Zib’ 48), Hind Meddeb avec Paris Stalingrad, un portrait de Paris vu par Souleymane, 18 ans, réfugié du Darfour. On a aussi High fantasy de Jenna Bass, filmé avec un iPhone qui nous emmène en voyage de camping dans une ferme isolée de l’Afrique du Sud, le documentaire Le Loup d’or de Balolé de Chloé Aïcha Boro qui vient du Burkina Faso ainsi que plusieurs Tunisiennes dont Hinde Boujemaa avec Noura rêve et Erige Sehiri avec La Voie normale. Toutes sont très libérées dans leur scenario, avec un imaginaire et une grande créativité. Pas encore la majorité, certes, mais on y vient…

Et comme chaque année, une table ronde ? Quelle en sera la thématique, en 2019 ? Et les rencontres du matin ?

Comme nous avons 6 films tunisiens cette année, la table ronde sera Quels enjeux et quelle africanité pour les cinémas du Maghreb aujourd’hui ? Un sujet qui tenait à cœur depuis longtemps à Olivier Barlet qui l’animera. Avec comme invités Ala Eddine Slim, Jilani Saadi, Mehdi Barsaoui, Ivan Boccara et peut-être Hinde Boujemaa. Elle se tiendra le dimanche 10 à 14h à la Chapelle des Carmes. Les Rencontres auront lieu à la Médiathèque d’Apt tous les matins à 10h, toujours animées par Dominique Wallon, en présence des cinéastes dont on aura vu le film la veille.

Et vous avez aussi des propositions pour le public jeune, je crois…

Oui, pour les CM1 / CM2 et les 6e, un film de Likarion Wainaina, Supa modo, l’histoire de Jo, 9 ans qui rêve d’être une super-héroïne malgré la maladie incurable dont elle souffre. Les plus grands peuvent voir tous les films de la programmation. Et grâce au travail de Tahar Chikhaoui, tout au long de l’année, on a des jeunes très motivés, donc 3 jurys jeunes pour cette édition.

Propos recueillis par Annie Gava
Novembre 2019

Un heureuse surprise pour Africapt : il est labellisé Africa 2020 ; on vous en reparlera.

Festival des Cinémas d’Afrique du Pays d’Apt
8 au 13 novembre
Divers lieux, Apt
07.82.64.84.99 africapt-festival.fr

Photo : HighFantasy © Proper film

Festival des Cinémas d’Afrique du Pays d’Apt
12 place Jules Ferry
84400 Apt
07 82 64 84 99
http://www.africapt-festival.fr/