La 43e édition de Hivernales à Avignon, pourrait avoir lieu

Sortir de l’hiver ?

• 10 février 2020⇒27 février 2021 •
La 43e édition de Hivernales à Avignon, pourrait avoir lieu  - Zibeline

Février sera peut-être le mois de la réouverture des salles. La programmation du festival Les Hivernales pourrait se dérouler comme prévu. Eh bien, dansez maintenant !

L’ombre d’Amélie Grand planera certainement sur la 43e édition conçue durant cette année incertaine par Isabelle Martin-Bridot, dans l’esprit originel de ce que certains ont très tôt appelé « l’autre festival d’Avignon ». Par sa curiosité, son exigence et son énergie, Amélie Grand, fondatrice du festival en 1979 et disparue en décembre dernier, a fait des Hivernales un haut lieu de croisement des écritures, des styles et des univers artistiques et obtenu le label de Centre de développement chorégraphique en 1996. Onze ans après avoir passé la main, sa volonté d’ouverture préside encore à la programmation, reflet des mouvements de l’âme des artistes habités par ce qui fait humanité, leurs questionnements sur le rapport à l’autre, sur le lien, le partage…

Heureux hasard ou non, certaines propositions des vingt-deux compagnies invitées rebondissent en de précieux ricochets. Nacim Battou n’hésite pas à tronquer les mots pour dire, dans Dividus, ses émotions sur scène et dans la vie à l’heure d’une paternité nouvelle. La vie, la mort, l’immortalité sont au cœur de la création chorégraphique de Radhouane El Meddeb avec les danseurs de la compagnie cubaine MiCompañia, conçue comme un photogramme collectif sur le Requiem de Matteo Franceschini. Josette Baïz dresse son propre Inventaire fait d’éclats de vie, de rires et de larmes dans un pas de deux énergique imprégné de phrases chorégraphiques emblématiques (Jérôme bel, Jean-Claude Gallotta, Nicolas Chaigneau…). Avec Brothers, les liens tissés par Marco da Silva Ferreira sont d’ordre stylistiques, puisés dans les cultures urbaines et africaines tels le Kuduro, le Pantsula ou le Voguing. La Grande cordée de Naïf Production est d’une certaine manière une extension de leur duo Des gestes blancs où la question de la paternité et de la filiation fait émerger de nouveaux équilibres physiques. Dans une réciprocité permanente, les deux interprètes de Through the Grapevine d’Alexander Vantournhout recherchent équilibre et harmonie, faisant interagir le toucher et « l’être-touché ». Le solo rageur de la jeune chorégraphe venue du hip hop Leïla Ka, Pode Ser, évoque la complexité et la difficulté d’être soi sur l’opus 100 de Schubert, ultime confrontation. Arthur Perole envisage la construction identitaire par l’échange avec autrui, sentiment renforcé pendant le confinement qui jaillit dans Nos corps vivants comme une célébration du collectif par la danse. D’autres attaches, d’autres liens, d’autres appuis avec Julie Nioche, suspendue, qui fait l’expérience de Nos solitudes dans un rapport nouveau du corps à l’espace et à la gravité. 

Les Hivernales, c’est aussi le temps de l’ouverture des plus jeunes à la danse avec les HiverÔmomes qui accueilleront Alexander Vantournhout, Aïcha M’Barek et Hafiz Dhaou (Twice #2), Noëlle Dehousse (Pompon), Maria Ortiz Gabella (La Boîte) et Marc Lacourt (La serpillère de Mr Mutt).

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Janvier 2021

Les Hivernales
10 au 27 février
Les Hivernales, CDCN d’Avignon
04 90 82 33 12 hivernales-avignon.com 

 

 

Photo : Through the grapevine, Alexander Vantourhout ©Bart Grietens