Prenons le temps avec Opera Mundi, rencontres affûtées sur le territoire de la Métropole Aix-Marseille

Sortir de la centrifugeuse

• 7 décembre 2019 •
Prenons le temps avec Opera Mundi, rencontres affûtées sur le territoire de la Métropole Aix-Marseille - Zibeline

Rencontre avec le duo porteur du cycle de rencontres Opera Mundi, Cécile Arnold et Éric Giraud.

Zibeline : Opera Mundi est né il y a 5 ans, comment l’avez-vous conçu ?

Éric Giraud : Nous avons creusé un sillon tout d’abord à Marseille, en commençant par des conférences classiques, sur des sujets liés à l’environnement, à la Bibliothèque de l’Alcazar et au Frac Paca. Puis nous nous sommes développés, avec d’autres partenaires -théâtres, musées, médiathèques…- sur le territoire de la Métropole Aix-Marseille, notamment via le projet Lecture par Nature.

Cécile Arnold : Notre objectif est de déployer un cycle cohérent sur plusieurs lieux, avec une programmation porteuse de sens. Désenclaver le savoir, décentraliser la géographie… La pensée ne doit pas tourner en rond, toujours dans les mêmes circuits ! Nous allons donc là où la gratuité des rencontres et le mélange des publics est possible.

Parlez-nous de ce public…

É.G. : Nous, on aime la relation ! On reçoit des jeunes, des vieux, de toutes les classes sociales. Nous ne voulons pas seulement d’un public de gauche, déjà convaincu par l’écologie. Nous proposons une mise en relation avec des savants, mais aussi entre les gens. D’où notre invitation à boire un verre et discuter avec les intervenants, les « apéros mundi ». Le conférencier n’est plus sur une estrade, dans un rapport frontal, il se détend et tout le monde échange. La soif de participation est énorme.

Votre nouveau cycle s’intitule Prenons le temps, pourquoi ?

C.A. : Justement, parce que nous avons la volonté de toucher un public très large, afin que la curiosité des populations, aussi bien dans une ville comme Marseille que dans les petites communes, vienne rencontrer la curiosité de grands penseurs autour de cette question épineuse qu’est le temps, au cœur de l’anthropocène. L’urgence climatique est partout, mais nous ne sommes pas dans un positionnement catastrophiste : il faut dépasser le constat.

É.G. : Nos sociétés sont face à la nécessité de changer. Pour nous ce n’est pas une contradiction de dire qu’il faut ralentir pour réfléchir, et aussi accélérer pour trouver des manières de faire différentes. Nous allons aborder ce thème sur deux saisons, car le temps est complexe et insaisissable. Pour en parler, nous invitons des physiciens, comme Étienne Klein, qui va interroger passé, présent et futur, et décloisonnons les disciplines.

Au fil des saisons, vous avez opté pour de nouveaux formats, quels sont-ils ?

C.A. : Lorsque nous sommes sollicités ou que nous répondons à des appels à projets, de nouvelles contraintes apparaissent. Comme ce peut être le cas chez les artistes, cela nous amène à imaginer de nouvelles formes. Nos conférences abécédaires, par exemple, sont adaptées au rythme des enfants, très ludiques. Autour de l’alimentation, nous avons aussi mis en place des conférences comestibles. Des boulangers bios fabriquent des lettres en pain, et nous les mangeons tous ensemble, pour partager le savoir jusqu’au bout ! Quant à la marche, elle nous semble idéale pour réfléchir à la question du déplacement, de l’individu et du collectif. À partir de mai, quatre conversations marchées auront lieu autour de l’Étang de Berre. Un partenariat avec le Bureau des Guides, pour interroger notre relation au vivant, avec le géographe Michel Lussault, l’anthropologue Vinciane Despret, le botaniste Francis Hallé, et, on l’espère, la juriste de l’environnement Valérie Cabanès.

Qu’envisagez-vous d’autre pour l’avenir ?

É.G. : Nous aimerions sortir plus souvent du département des Bouches-du-Rhône et du territoire de la métropole Aix-Marseille, comme on le fait avec la Villa Tamaris, centre d’art à La Seyne-sur-mer. Mais à deux, c’est compliqué ! Notre vie privée est complètement bouffée par notre vie professionnelle. Heureusement qu’une jeune femme en service civique est venue nous rejoindre.

Propos recueillis par GAËLLE CLOAREC
Décembre 2019

À venir :

Tarik Chekchak, écologue et biomiméticien
7 décembre
L’Alcazar, Marseille
La marche du temps profond, conférence marchée de 4,6 km, départ 15h du hall de l’Alcazar
Passer du développement durable à l’économie régénératrice, conférence et apéro mundi, 18h
07 82 41 11 84 opera-mundi.org

NDLR : Le rendez-vous du 7 décembre avec l’écologue biomiméticien Tarik Chekchak est reporté à la date du mercredi 13 mai 2020, en raison des mouvements sociaux de ce début décembre.

Photo : Étienne Klein, Utopiales 2015 @ Yves Tennevin