Une Biennale des arts de la scène en Méditerranée à la programmation riche et variée

Rives sur scènes

• 2 novembre 2020⇒21 novembre 2020 •
Une Biennale des arts de la scène en Méditerranée à la programmation riche et variée - Zibeline

Coup d’envoi de la première Biennale des arts de la scène en Méditerranée à Montpellier

À leur arrivée à la direction du théâtre des 13 Vents, Nathalie Garraud et Olivier Saccomano avaient dans leur malle à projets celui de développer leurs Rencontres des arts de la scène en Méditerranée. Ils sont en effet très liés, de par les tournées et résidences de leur propre compagnie, avec le monde artistique de ses différentes rives, et c’était l’un des axes majeurs de leur installation à Montpellier. En 2018, ils avaient proposé une programmation qui mettait en résonnance les sensibilités et enjeux à travers des travaux métissés et transdisciplinaires. Et cette année donc, en pleine crise sanitaire, ils parviennent à aboutir leur projet en fédérant, autour du Centre Dramatique national, 10 structures de la région Occitanie, dont les attributions disent bien le désir de rencontre et de partage qu’ils cherchent à provoquer : la danse avec le Centre chorégraphique et Montpellier danse, le cirque avec La Verrerie d’Alès, l’intégration avec La Bulle Bleue, les écritures contemporaines avec La Baignoire, le théâtre avec La Vignette, le Kiasma, l’ENSAD, le théâtre municipal Jean Vilar et le théâtre Molière de Sète, scène nationale. Belle palette de compétences et d’approches, chacune avec ses envies, qui ont invité des compagnies, auteurs, avec qui ils cultivent une fidélité artistique et donnent ainsi un aperçu de la création contemporaine en Méditerranée. Rencontres des équipes, partage des questionnements, croisement des sensibilités, voilà l’esprit de cette première Biennale des arts de la scène en Méditerranée.

Projet fou
Signal fort : la programmation (extrêmement riche et variée) ouvre sur Necropolis, de l’artiste Arkadi Zaides, qui, regroupant les travaux d’une vingtaine de chercheurs, trace un territoire fantôme, celui des corps des migrants morts en tentant de rejoindre l’Europe. Partition documentaire et enquête sensible, dans la lignée des précédentes créations du chorégraphe israélien. Angélica Liddell offrira ensuite des funérailles à sa mère (Una costilla sobre la mesa : Madre) ; pièce baroque et très visuelle, où l’artiste espagnole, qui ne s’est pas privée de bousculer sa génitrice dans ses œuvres, décentre sa syntaxe vers une forme peut-être moins violente, mais tout aussi incandescente.

Il y aura du cirque, avec Mounâ Nemri, seule en piste (Mektoub), et le groupe Acrobatique de Tanger (Fiq !, Réveille-toi !), de la musique (le pianiste palestinien Faraj Suleiman et Youssra el Hawary, chanteuse et compositrice égyptienne), des performances (L’élan de l’autre, autour de la traduction, sur des textes en Turc, Croate et Français), des lectures (Pupitre !, lecture de pièces contemporaines par leur auteur, dans leur langue). Relevons enfin, parmi les nombreuses propositions théâtrales et chorégraphiques, un spectacle qui aurait dû être présenté au Festival d’Avignon, et qui, grâce à la persévérance et la fidélité des deux co-directeurs des 13 Vents, va pouvoir être montré à Montpellier pour sa première en France. The Museum, du Palestinien Bashar Murkus aborde la question de l’acte terroriste. Dans un musée, un homme commet une fusillade d’une violence inouïe, prévoyant d’être tué par la police, faisant ainsi de sa mort une œuvre d’art. Un duo entre le condamné, qui a échoué dans son projet fou, et l’inspecteur chargé de l’enquête après l’attentat.

ANNA ZISMAN
Octobre 2020

Biennale des arts de la scène en Méditerranée
2 au 21 novembre
Divers lieux, Montpellier et alentours
13vents.fr

Photo : Berezina, David Wampach © Martin Colombet