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La saison culturelle 2016-2017 de La Passerelle, à Gap

Rêver à la montagne

La saison culturelle 2016-2017 de La Passerelle, à Gap - Zibeline

Feuilleter l’épais programme de La Passerelle est un plaisir qui revient chaque année comme, enfant, on rêve face au catalogue des cadeaux de Noël, ou, adulte, à celui des grands crus. Parmi les points forts à retenir, une sélection théâtrale pointue. Au choix, le Voyage au bout de la nuit du Collectif Les Possédés, avec ce qu’il faut de rage pour investir la langue de Louis-Ferdinand Céline. La Cie Cassandre, qui s’associe à La Passerelle jusqu’en 2019, et promet bien des surprises ; en attendant la suite on pourra déguster une « fantaisie philosophique » préparée par Sébastien Valignat à partir d’un essai de la délicieuse Fred Vargas, Petit traité de toutes vérités sur l’existence. Une avant-première questionnant l’institution scolaire, nourrie de témoignages d’enfants, de parents d’élèves et d’enseignants, par la Cie Le pas de l’oiseau (8h30 Rue des Écoles). Une « variation pour trois acteurs » d’après Shakespeare, sur la trame d’Othello par la Cie Du Zieu. Ou encore La Mouette, ce grand classique qui décoiffe encore, surtout lorsque, comme le fait la Cie Kobal’t, on trempe son texte dans le bouillon de culture contemporain.

Les amoureux de musiques quant à eux opteront pour le compositeur Benjamin Dupé, un ovni multi-instrumentiste tel que la chanteuse israélienne Lior Shoov, voire, s’ils sont audacieux, un opéra jazz consacré à la Commune de Paris, improbable et jouissif, que l’on doit à Emmanuel Bex (composition), et David Lescot (texte et mise en scène). Ou peut-être pour un concert narratif sous casque, concocté par Aya Cissoko et Marie Desplechin ?

On note sur cette saison peu d’œuvres strictement liées à la danse, hormis le Retour à Berratham d’Angelin Preljocaj, qui lui-même titre vers le théâtre. Mais elle imprègne peu ou prou les autres disciplines et influe sur l’art du geste présent dans bien des spectacles. Beaucoup de cirque, comme toujours : avec notamment les deux acrobates de Santa Madera, la Cie franco-catalane Baro d’Evel qui compte huit humains, deux chevaux, un corbeau-pie farceur et cinq perruches, et les dompteurs de corde de la Cie Sens dessus dessous. Dans le cadre du cycle Curieux de nature, Frederi Vernier le porteur et Justine Berthillot la voltigeuse arpenteront le chemin de la petite Céüse, tandis que Fanny Soriano emmènera ses danseurs-circassiens explorer les bois du Domaine de Charance. Encore dans le champ du cirque, mais proche aussi du théâtre et de la danse, Dites à ma mère que je suis là, un spectacle qui s’appuie sur les travaux d’une chercheuse spécialiste des migrations internationales, et fait suite à une immersion dans la jungle de Calais.

Les plus jeunes quant à eux ne manqueront pas d’aller découvrir un sommet de la littérature française, Les Misérables, adapté en marionnettes taille santon par les Karyatides : tout le lyrisme de Victor Hugo, en 70 minutes ! Autre grand moment pour les enfants, Super Elle, du théâtre L’Articule, qui voit une petite rouquine s’envoler des pages d’un livre en pop up géant. Pour parfaire cette saison (s’il en était besoin !), on viendra de bien loin assister au désormais traditionnel festival des arts de la rue Tous dehors (enfin) !, qui se tiendra cette année du 2 au 4 juin, et dont c’est la 5e édition. Son programme ne sera dévoilé qu’au printemps, mais d’ici là, vous avez largement de quoi remplir votre agenda culturel.

GAËLLE CLOAREC
Septembre 2016

Photo : Silva, Fanny Soriano © X-D.R


Théâtre La Passerelle
137 boulevard Georges Pompidou
05000 Gap
04 92 52 52 52
http://www.theatre-la-passerelle.eu/