Dans la logique de la création et du territoire, le Festival de Chaillol au cœur de l’été

Résolument vivantVu par Zibeline

• 17 juillet 2021⇒12 août 2021 •
Dans la logique de la création et du territoire, le Festival de Chaillol au cœur de l’été - Zibeline

Le Festival de Chaillol poursuit avec une fine intelligence son travail sur le territoire des Hautes-Alpes. Entretien avec Michaël Dian, directeur de l’Espace Culturel de Chaillol et fondateur du festival.

Zibeline : Beaucoup de créations cette année au festival, comme un nouveau souffle…

Michaël Dian : Clairement la création est l’un de nos axes les plus affirmés, avec le soutien de la SACEM. Il y a toujours beaucoup de créations au festival, mais étant donné l’annulation de 2020, on avait envie à la fois de rappeler un certain nombre de projets et de dévoiler d’autres partitions que nous avons commandées. Cette 25e année est une date importante : un quart de siècle, de musiques, de partages, d’itinérances aussi, et en même temps elle scelle un retour à la vie, à la vie culturelle…

Vous évoquez dans votre édito une plongée dans l’intimité des paysages des Hautes-Alpes…

Le dialogue avec le pays ne cesse de stimuler et d’inspirer l’écriture de la programmation. On va donc être dans les villages, les petites chapelles, des lieux atypiques. Durant la journée, il pourra y avoir des déambulations et rencontres musicales dans des « lieux secrets »… Le concert c’est un peu le phare de la journée, mais la musique s’offre dans des situations plus délicates, plus secrètes, plus intimistes.

Un accueil particulier sera-t-il fait aux jeunes artistes ?

J’ai pris contact avec les deux directeurs du CNSM de Paris et de Lyon, et on a accueilli pendant nos résidences des jeunes étudiants du Conservatoire durant toute l’année. Au festival on aura en résidence l’ensemble Singuliers qui jouera une commande faite à Gustave Carpene, lui aussi étudiant du CNSM.

Le festival de Chaillol c’est aussi du compagnonnage…

Pour un bref panorama : il y aura du tango sur des créations de Chloé Pfeiffer, le Quatuor Aeolina, le Quatuor Bela, Guillaume de Chassy, Vincent Beer Demander avec Grégory Daltin sur des compositions de François Rossé, Franck Tortiller et Misja Fitzgerald-Michel qu’on a accueilli en résidence en mars, Noémie Boutin et Vanessa Wagner qui n’avaient jamais joué ensemble, les deux flûtistes Julie Huguet et Roy Amotz avec une commande à un jeune compositeur, Fabien Touchard, on retrouve Sabîl et Vincent Segal. On est très heureux d’accueillir pour la première fois le quatuor Sine Qua Non. Dans les nouveaux noms il y aura la soprano Julia Wischniewski, et le guitariste Olivier Pelmoine.

À noter la projection du film d’Artistes en présences de Lucie Charlier et Camille Ronger qui restitue le récit de cette traversée contrainte, empêchée, mais aussi d’une très grande fécondité.

Il y a une grande diversité des langages musicaux dans le festival. Quel est le critère qui les fait intégrer à votre programmation ?

Le point commun de ces langages c’est qu’ils sont vivants, ce sont des musiques d’aujourd’hui. Ce qui m’intéresse, c’est la palpitation, vibrante, que je perçois dans les propositions qu’on m’adresse, leur capacité à mettre en résonance le monde dans lequel j’habite. Ainsi, on aura la première collaboration d’envergure entre Christian Sébille, Miquèu Montanaro, Jean-François Vrod. Avec eux, s’agit-il de musique contemporaine, la musique du monde ? On écoute une musique d’aujourd’hui ça c’est certain. Durant ce mois de festival, il y a aussi cinq résidences de cinq jours qui s’enchaînent, pour cinq projets.

On ouvre, on s’ouvre… ouvrir ce n’est qu’une partie du chemin…

Propos recueillis par MARYVONNE COLOMBANI
Juin 2021

Festival de Chaillol
17 juillet au 12 août
Divers lieux, Hautes-Alpes
09 82 20 10 39 festivaldechaillol.com

Photographie : Artistes en présences 2020 © Alexandre Chevillard