Une saison 17-18 entre réel, rêve, et révolution à La Garance à Cavaillon

Prendre le temps de partager les rêves….

• 10 octobre 2017⇒11 octobre 2017, 12 octobre 2017⇒18 octobre 2017, 19 octobre 2017, 8 novembre 2017, 8 novembre 2017⇒10 novembre 2017 •
Une saison 17-18 entre réel, rêve, et révolution à La Garance à Cavaillon - Zibeline

La Garance propose de belles envolées les pieds sur terre. La scène nationale de Cavaillon, qui se range sous la bannière conviviale, engagée et colorée de l’architecte viennois Friedensreich Hundertwasser (« Si beaucoup d’hommes rêvent ensemble, c’est le début d’une nouvelle réalité ») suscite à priori une vive sympathie, redoublée par la lecture d’un programme éclectique qui ose un « même désir d’artiste », fait la part belle aux « artistes compagnon(ne)s » ou aux « Nomade(s) » que n’effraient ni salles des fêtes ni centres culturels des communes partenaires.

En début de saison les WRZZ (26000 couverts) ont couru partout réveiller le théâtre là où il(s) se trouve(nt), la fanfare du Toubifri Orchestra a pulvérisé les frontières et Thomas Lebrun a libéré Les rois de la piste, qui sommeillent en chacun.

Sigles dansés

Les mots, les sons et les couleurs se croiseront en novembre (voir plus bas) tandis que la jeunesse et les aventures collectives des écoles feront valser sigles et auteurs toute l’année : ESNAM et Brecht, TNB et Kundera, ERAC et Asli Erdogan ; Mathurin Bolze conduira une belle collaboration sous chapiteau entre les arts du cirque et la 76e promotion de l’ENSATT. Le circassien n’est donc toujours seul, même s’il est trapéziste et en talons aiguilles : risque et beauté à partager en 5 pour Départ Flip des Virevolt en décembre, ballet aérien et conférence savante sans gravité avec Chute ! de Matthieu Gary et Sidney Pin en janvier.

Le danseur, plutôt en Compagnie va se multiplier et foisonner avec le Boomerang métissé de Bouba Landrille Tchouda, le Sunny turbulent et polymorphe d’Emmanuel Gat et Awir Leon ; le plateau se dédoublera, numérique et baroque avec Quor suivi de Louis Pi XIV (Cie Qalis / Ridzcompagnie) ; minimaliste pour Paradise is not enough de la Cie Ex Nihilo, intense, interactif et proche de la transe pour la chorégraphie vibrante du hollandais Arno Schuitemaker ; et il sera confirmé que le We Love Arabs d’Hillel Kogan, adoré dans le monde entier, est plus savoureux encore qu’un plat de houmous partagé !

Révolution

L’humour qui décape pour reconstruire sera aussi au cœur de Décris-Ravage, la stimulante forme inventée par Adeline Rosenstein pour traiter à sa façon « la question de la Palestine », ou du « théâtre de l’emportement » de Michel Didym dans Les eaux et forêts de Duras, dont la langue ne manquera pas de transcender les désastres quotidiens. Quant à la Révolution, c’est sûr elle aura lieu au printemps, mais hors les murs avec les 14 acteurs bouillonnants et inspirés dirigés par Joël Pommerat dans l’intemporel Ça ira (1) Fin de Louis (Opéra Confluences d’Avignon) et la grande et terrible figure de la citoyenne Olympe de Gouges recréée (dans J’ai rêvé la Révolution) par l’intelligence insurgée de Catherine Anne au théâtre des Halles. Un aperçu de saison-debout qui n’invite pas au repli sur soi…

MARIE-JO DHO
Octobre 2017

La Garance, Cavaillon

Photo : Chunky Charcoal © Angelique Lyleire

AU PROGRAMME DU MOIS :

10 et 11 octobre : Chunky Charcoal
Benoît Bonnemaison-Fitte charbonne généreusement une immense fresque où les mots de Sébastien Barrier font tilt ; Nicolas Lafourest les façonne au gré de ses humeurs musicales.

12 au 18 octobre : Les mots qu’on ne me dit pas
Ils tourneront en Nomade(s) et pas seulement au pays des sourds. Éric Massé préserve l’irrévérence du roman éponyme de Véronique Poulain, témoignage crû d’une adolescente face à des parents qui n’entendent goutte.

19 octobre : Le concert impromptu
Le fabuleux quintette fait sonner Rameau avec Blondeau, Ravel avec Gluck. Croisement de folie pour des interprètes qui tiennent la route…

8 au 10 novembre : The great disaster
Patrick Kermann donne une fois encore la parole à un mort, Giovanni naufragé du Titanic. C’est le fidèle Olivier Barrère qui le sortira de l’eau ! Un spectacle qui ne sombrera pas dans l’oubli.

8 novembre : Colimaçonne
C’est pas que pour les bébés et les pépés ! Laurance Henry et Pauline Maluski mettent du rouge et continuent à traverser hors des clous sans tourner un brin en rond les malines !


La Garance
Scène nationale de Cavaillon
Rue du Languedoc
84306 Cavaillon
04 90 78 64 64
www.lagarance.com