L'Orchestre de Cannes enfin ensemble de nouveau

Pour de bon

L'Orchestre de Cannes enfin ensemble de nouveau - Zibeline

Benjamin Levy, chef titulaire de l’Orchestre de Cannes se réjouit de pouvoir à nouveau se confronter avec la fragilité de l’instant et la vérité du direct.

À l’occasion du centenaire de la naissance du cinéaste, retrouvons cette merveilleuse « fragilité » avec le concert hors les murs Fellini sur la plage, les pieds dans le sable de la plage Macé (spectacle gratuit, 19 septembre). Autre lieu inhabituel pour un orchestre, un immeuble du quartier des Mûriers à La Bocca sera le cadre d’un Divertimento pour orchestre et immeuble (Grand Ensemble, Lieux Publics, 26 septembre) : les phrases musicales venues des instruments installés sur les divers balcons de la façade se mêleront aux bruits du quotidien, la musique n’en étant qu’un de plus…

Une multitude de mondes

Sans doute le Concert du Nouvel An répond aux aspirations de l’ensemble. La « bonne année » est dite ici en Espéranto : « Felicân novan jaron ! » et le concert peuplé des musiques issues des traditions et folklores des douze nationalités représentées au sein même de l’Orchestre… Les goûts des musiciens sont d’ailleurs mis en avant tout au long de la saison avec six Cartes blanches au cours desquelles, en formations à géométrie variable, les instrumentistes interprètent des compositeurs mis intelligemment en regard, Brahms / Beethoven, Telemann / Bach, Chostakovitch / Mozart. Les représentations s’égrènent entre Cannes, Mougins, Antibes. L’orchestre se glisse avec aisance dans tous les répertoires, depuis les pièces destinées aux enfants, comme le concert-fiction Le roman d’Ernest et Célestine de Karol Beffa (dès 4 ans), accompagné par les élèves de l’ERACM en récitants (la recette sera entièrement reversée aux Restos du Cœur), ou Le petit bestiaire fantastique de Pascal Renou, en création mondiale (dans le cadre des P’tits Cannes à You).

Des solistes internationaux

Au cours de la saison, le public sera amené à écouter de grands solistes, que ce soit dans le cadre de Classic’Antibes, où se produiront la pianiste Plamena Mangova (soirée Debussy et soirée russe), la harpiste Anaïs Gaudemard (soirée harpe et flûte, dont un fabuleux Boieldieu), ou le pianiste Nelson Goerner (Chopin), ailleurs, le violoncelle de Truls Mørk, le violon de Noa Wildschut, le piano de David Bismuth, ou celui de Philippe Bianconi, liront des pages de Poulenc, Mozart, Tchaïkovski, Beethoven,… La violoniste Alexandra Soumm, artiste associée à l’orchestre, proposera une exploration du mythe de Mélusine sur des airs de Mendelssohn, Sibelius, Beethoven, tandis que le subtil mandoliniste Vincent Beer-Demander reprendra les musiques de films de Nino Rota ou Cosma entre autres délices.

Mais aussi…

Les jeunes musiciens de l’Académie Sympho New (venus des divers conservatoires de la région) offriront leurs Sortilèges Académie. La fantaisie des inclassables sœurs Berthollet, des hommages à Serge Gainsbourg, Benny Goodman, (effectivement « pas classique »), un ciné-concert (The Kid de Chaplin) ajoutent à la vivacité parfois potache de l’ensemble. Le lyrique n’est pas oublié avec l’hommage à Pavarotti par le jeune ténor Kévin Amiel, ou la soirée de clôture avec la mezzo-soprano Karine Deshayes, écho à l’ouverture de saison, le Requiem de Mozart emporté par la verve du Chœur Région Sud dirigé par Michel Piquemal.

Quel programme !

MARYVONNE COLOMBANI
Septembre 2020

Orchestre de Cannes
04 93 48 61 10  orchestre-cannes.com

Photographie : Grand Ensemble © Adrien Bargin