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La sélection TV de Zibeline Hebdo n°5

Petit écran

La sélection TV de Zibeline Hebdo n°5 - Zibeline

Les films à ne pas louper cette semaine :
Jeune femme, de Léonor Serraille, samedi à 20h50, Canal+
Mr Turner, de Mike Leigh, lundi à 20h55, Arte
La cérémonie, de Claude Chabrol, lundi à 21h, TV5 Monde
La villa, de Robert Guédiguian, mardi à 21h, Canal+
Van Gogh, de Maurice Pialat, mercredi à 20h55, Arte
Scarface, de Brian de Palma, Paris Première, jeudi à 20h50
Hamburger Film Sandwich, de John Landis, jeudi à 1h15, Arte
Papillon, de Franklin J.Schaffner, Paris Première, jeudi à 00h

Hyperconnectés, le cerveau en surcharge
, samedi à 23h30, Arte
Chaque seconde, l’équivalent de deux bibliothèques nationales s’échange sur le net. La seule gestion des mails représenterait 30% de la journée d’un salarié… Les recherches démarrent pour mesurer les effets du numérique, cette « laisse électronique » qui sur-sollicite notre attention, entraînant stress et surcharge cognitive. La réalisatrice Laurence Serfaty interroge notamment le sociologue Thierry Venin, auteur du livre Un monde meilleur ? Survivre dans la société numérique, ou encore la chercheuse Cindy Felio, qui étudie les nouveaux risques psycho-sociaux engendrés par les outils numériques. Désarroi devant le manque de temps pour traiter un afflux trop massif d’infos ; interruptions intempestives qui font perdre le fil de la concentration… Beaucoup se reconnaîtront dans la description des symptômes, et seront soulagés par les conclusions émanant des expériences menées : le multitâches est une utopie, et l’importance est vitale de ménager son bien-nommé « réseau de neurones par défaut », qui s’active… seulement quand le cerveau est au repos.

 

Miro, le feu intérieur, dimanche à 17h35, Arte
À l’occasion de l’exposition consacrée à Joan Miró au Grand Palais à Paris (3 octobre au 4 février 2019), Arte propose un Cycle Peintres. Un portrait inédit du peintre catalan réalisé par Albert Solé Bruset ouvre le bal, suivi de plusieurs rediffusions, menant à la découverte d’univers plus ou moins familiers : La jeune fille à la perle à 20h50, Le mystère Jérôme Bosch à 22h30, Les petits secrets des grands tableaux à 23h55, suivis de Neo Rauch mercredi à 23h30, Basquiat vendredi à 23h30, Egon Schiele dimanche 21 à 17h30 et enfin Picasso, Braque & Cie le dimanche 28 à 17h35.

Voyages à travers le cinéma français, dimanche à 23h30, France 5
Deux ans après son film éponyme, Bertrand Tavernier poursuit sa plongée dans le cinéma français, car il est intarissable sur le sujet. Organisé en 8 thématiques, la série documentaire explore cette fois l’univers cinématographique des années 1930 à 1970. Place ce soir au 5e volet, consacré à La nouvelle vague de l’Occupation : Claude Autant-Lara, René Clément, Georges Clouzot. À suivre dimanche prochain, Les Oubliés (Raymond Bernard, Maurice Tourneur, Anatole Litvak, René Clair, Georges Van Parys, Jean Boyer ; puis le 28/10, Les Méconnus (Louis Valray, Pierre Chenal, Henri Calef, Gilles Grangier ; enfin le 4/11, Mes années 60 (Pierre Granier-Deferre, Jacques Deray, Alain Resnais, Michel Deville, Jacques Rouffio, José Giovanni, Yves Boisset, Eric Rohmer…)

 

Stereotrip, lundi à 20h50, Canal+ Décalé
Paul Taylor
, qui « parle comme un froggy mais pense comme un rosbif » nous avait déjà régalés avec ses pastilles What the fuck France (diffusées sur Internet, puis sur Canal+), disséquant nos us et coutumes : le rituel de la bise, les manières de trinquer, la cigarette électronique… Dans une impeccable langue française  ne souffrant toujours aucune once d’accent, mâtinée d’un humour tout british, le jeune Londonien exilé à Paris s’attaque cette fois à la déconstruction des stéréotypes entourant les capitales européennes. Première étape : l’Italie. Six épisodes de 45 minutes, à suivre chaque lundi soir.

 

Harcèlement sexuel, le choc de l’affaire Weinstein, lundi à 20h50, Teva
Teva se rachète-t-elle une conduite ? La chaîne dédiée aux femmes, et jusqu’ici regorgeant d’émissions beauté, déco ou cuisine, consacre une soirée thématique à l’affaire Weinstein.

Dès 20h50, le documentaire de Clarisse Verrier fait le point sur les avancées concrètes en France depuis la libération de la parole en 2017. Durant deux mois, la réalisatrice a suivi Marlène Schiappa, secrétaire d’état à la parité, en préparation de son projet de loi contre les violences sexuelles et sexistes. La discussion se poursuit en plateau, avec un débat animé par Marielle Fournier. À 23h15, la soirée s’achève sur la diffusion du documentaire américain L’Affaire Weinstein, les dessous d’un scandale.

 

Propaganda, la fabrique à consentement, lundi à 20h30, LCP
La république florentine avait son Machiavel, le gouvernement américain a eu son Edward Bernays. Ce documentaire de Jimmy Leipold retrace comment l’inventeur des « relations publiques » a imaginé, il y a plus d’un siècle, d’habiles techniques de persuasion usitées encore de nos jours. Des décennies avant le linguiste Noam Chomsky, sa théorisation de la fabrique du consentement se basait sur un principe formulé par Thomas Jefferson : « dans une démocratie, tout dépend du consentement du peuple ». Préférant la persuasion à la force, ses premières campagnes s’inspiraient des codes de la pub et du cinéma, sollicitant les personnalités influentes de l’époque (Chaplin, Fairbanks…), pour faire accepter l’effort de guerre par le peuple américain. Les industriels s’y sont vite intéressés, permettant à Bernays de peaufiner ses techniques en piochant dans la psychanalyse. Axés davantage sur l’émotion que sur la raison, ses travaux accompagnèrent l’avènement de l’American way of life, du petit-déjeuner au bacon jusqu’à la promotion de la cigarette.

 

Le théâtre des 2 ânes, 100 ans et toutes ses dents, lundi à 00h55, Paris Première
Autoproclamé « théâtre désobéissant », le Théâtre des Deux-Ânes fait vivre depuis un siècle un certain humour à la française. Pour son centenaire, la réalisatrice Corinne Tong-Chaï livre un historique de l’institution, entre tradition des chansonniers et satire politique, qui accueillait notamment Pierre Dac à ses débuts. Classé aux monuments historiques, le bâtiment en plein Montmartre a également célébré son jubilé en publiant l’ouvrage Le théâtre des Deux Ânes, 100 ans d’humour politique, aux éditions du Cherche-Midi. Le documentaire est précédé à 23h de l’émission Les Français et le rire, qui s’attache à l’évolution de l’humour français depuis les débuts de la Ve République. Nous ne saurions trop vous recommander, en complément, la lecture de l’excellent ouvrage de Georges Minois, Histoire du rire et de la dérision, publié chez Fayard en 2000, qui analyse la fonction sociale et politique du rire à travers les âges.

 

Une plume dans la plaie, mercredi à 20h30, LCP
Profession : écrivain.e, mercredi à 22h40, Canal+
Pendant 9 mois, le réalisateur Stéphane Jobert a suivi Gérard Davet et Fabrice Lhomme, grands reporters au Monde, dans une expérience singulière de transmission : encadrer 5 étudiants du CFJ dans leurs enquêtes menées en Seine-Saint-Denis, pour la publication du livre Inch’Allah, l’islamisation à visage découvert, aux éditions Fayard. S’y délivrent conseils et méthodes d’un journalisme d’investigation vécu comme un sacerdoce. Le documentaire est suivi d’un débat à 21h30, présenté par Elizabeth Martichoux. Plus ronronnante, la table ronde organisée par Michel Denisot sur Canal+, où, après les cinéastes et les comédiens, c’est aux écrivains qu’il tend son micro, en réunissant autour de lui sept auteurs contemporains, pour certains peu habitués des plateaux télé : Frédéric Beigbeder, Amélie Nothomb, Philippe Jaenada, Leila Slimani, Joel Dicker, Aurélien Bellanger et Tatiana De Rosnay.

 

Les vendredis d’Apostrophes, jeudi à 23h30, TV5 Monde
Révolue, cette époque où une émission littéraire passionnait les téléspectateurs sur une chaîne du service public, à une heure de grande écoute : c’était la force d’Apostrophes, dont les débats et coups d’éclat ont animé pendant 15 ans les vendredis soirs d’Antenne 2. Pour célébrer les 40 ans de l’émission, Pierre Assouline a conçu en 2015 un montage de quelques temps forts, présenté sous forme d’abécédaire. Les extraits sont commentés en plateau par Bernard Pivot. En vrac, on s’y délectera d’une Sagan devisant sur l’amour avec Barthes, d’une cinglante passe d’armes entre Peyrefitte et d’Ormesson, de la vision du métier d’écrivain par Duras ou Etiemble… Ou encore de l’immense Topor déclenchant des fou-rires par son iconoclasme, de l’éclosion du timide Modiano, et d’un Albert Cohen prêtant voix à sa Belle du seigneur, monocle à l’œil et cigarette au bec.