La sélection TV de Zibeline Hebdo n°4

Petit écran

• 6 octobre 2018⇒13 octobre 2018 •
La sélection TV de Zibeline Hebdo n°4 - Zibeline

Les films à ne pas louper cette semaine
– Lost in la Mancha, de Keith Fulton Louis Pepe, dimanche à 0h20, France 2
L’emmerdeur, d’Edouard Molinaro, mardi à 20h50, Paris Première
Dernier domicile connu, de José Giovanni, mardi à 1h05, Paris Première
Une seconde mère, de Régina Casé, lundi à 22h50, Arte
Jacky Brown, de Quentin Tarantino, mardi à 22h35, France Ô
La nouvelle vie de Paul Sneijder, de Thomas Vincent, mercredi à 20h55, Arte
Le garçon au pyjama rayé, de Mark Herman, jeudi à 20h50, Paris Première

Trump, le parrain de Manhattan, lundi à 21h, France 3
Comment Trump a manipulé l’Amérique, mardi à 20h50, Arte
À quelques semaines des élections américaines de mi-mandat, deux documentaires reviennent sur le parcours de l’actuel président. Sur France 3, une enquête menée par Frédéric Mitterrand et le journaliste Gilles Biassette donne la parole à plusieurs intervenants (biographe, collaborateurs, élus de New-York…) pour brosser les débuts du jeune Trump dans les milieux de l’immobilier et de la finance. Arte, pour sa part, apporte de nouvelles révélations sur le scandale du Cambridge Analytica, concernant l’utilisation des données personnelles de 87 millions d’utilisateurs de Facebook. Le travail de Thomas Huchon s’intéresse au rôle joué par le milliardaire Robert Mercer dans la circulation de fausses infos destinées à faire basculer le vote de millions d’électeurs.

Voiture : êtes-vous prêt à lâcher le volant ?, dimanche à 17h15, France 5
En 100 ans, le nombre de véhicules neufs vendus dans le monde est passé de 500 000 à 90 millions, et trois-quarts des trajets à l’échelle planétaire se font désormais en voiture. Reste à savoir maintenant de quel type de voiture on parlera dans les prochaines années. Si elle reste encore timide en France, la voiture électrique séduit de plus en plus d’Américains. Quant à la voiture autonome, qui trouve son chemin sans l’aide du conducteur, ce n’est plus de la science-fiction. Comme souvent, tout n’est qu’affaire d’incitation auprès du consommateur. Cet instructif tour d’horizon des avancées en cours, réalisé par Guy Beauché et Véronique Préault, permet de se projeter dans la mobilité de demain.

Un jour, un destin, Robert Badinter, dimanche à 23h10, France 2  
Si l’on accepte de passer outre l’aspect hagiographique de l’émission présentée par Laurent Delahousse, qui entame sa 12e saison, on suivra avec plaisir ce portrait de l’avocat, réalisé par Alexis de La Fontaine. C’est par le biais de l’émotion qu’est abordé son combat en faveur de l’abolition de la peine de mort. Les témoignages de l’entourage relatent le séisme provoqué dans une France tout juste convertie au socialisme : comme tous les grands combats éthiques, le sujet dépassait alors les clivages politiques. Un acte fort de la Ve République, « réparateur de beaucoup de choses » selon Elisabeth Badinter. L’émission est suivie d’un entretien en plateau avec Robert Badinter.

Rêver sous le capitalisme, lundi à 0h40, Arte
L’un rêve ses collègues en zombies ; l’autre, que la fenêtre de son bureau a été murée. Le suivant, que la médecine du travail lui lègue le cadavre d’un confrère, qui a disparu un jour sans laisser de trace… Inspiré du principe de Rêver sous le IIIe Reich (Charlotte Beradt), ce documentaire de Sophie Bruneau mise sur la sobriété de sa réalisation : face caméra, des travailleurs livrent le récit de leurs voyages nocturnes, entrecoupés de visions de cités industrielles endormies. Si l’on pense, avec Freud, que le rêve est la voie royale vers l’inconscient, alors ce qu’il révèle ici des violences causées par le monde libéral de l’entreprise sur notre psychisme est littéralement effrayant.

Rochefort en baskets, lundi à 0h45, Paris Première
Pour le plaisir de retrouver la distinction et la fantaisie de l’acteur moustachu, disparu en 2017, que Terry Gilliam rêvait en Don Quichotte (voir à ce sujet Lost in la mancha, diffusé dimanche sur France 2)… En 2015, le réalisateur Alain Teulère menait un long entretien avec l’artiste, dans sa villa de Porquerolles. Alors âgé de 86 ans, bretelles violettes et baskets jaune citron aux pieds, Jean Rochefort ne perdait rien de sa superbe, évoquant pêle-mêle les grandes étapes de sa carrière, mais aussi son attachement aux chevaux comme à la plume de John Fante. « Un mélange entre Peter Sellers et James Stewart », résume Sandrine Kiberlain, intervenant dans le documentaire aux côtés d’Edouard Baer ou de Patrice Leconte.

Tous les gouvernements mentent, mardi à 21h50, Arte
Ce documentaire tire son titre de la devise d’Izzy Stone, figure de proue des médias indépendants américains ayant combattu contre la propagande gouvernementale dans les années 70. Le réalisateur Fred Peabody part à la rencontre de ses héritiers, dans une Amérique pré-Trump. Ils ont aujourd’hui pour nom Amy Goodman, Jeremy Scahill, Glenn Greenwald, Matt Taibbi ou encore John Carlos Frey, et pratiquent le journalisme comme une arme contre la désinformation de masse, dont l’impact est décuplé par Internet. L’état des lieux se complète d’analyses délivrées par Michael Moore, Noam Chomsky et Carl Bernstein.

Chocolat, une histoire du rire, jeudi à 21h45, France Ô
Jusqu’au long-métrage de Roschdy Zem sorti en salles en 2016, qui le fit connaître au grand public, Chocolat restait un grand oublié de l’histoire du music-hall. L’histoire de cet ancien esclave devenu artiste dans le Paris de la Belle Epoque était relatée avec précision dès 2012 dans la biographie publiée par l’historien de l’immigration Gérard Noiriel (Chocolat clown nègre, l’histoire oubliée du premier artiste noir de la scène française, Bayard). La documentariste Judith Sibony élargit la focale, en analysant les rapports de la France avec ses humoristes, sur l’épineuse question des communautés : on se rappelle les caricatures outrancières d’un Michel Leeb dans les années 80, mais que penser par exemple du bien-pensant Intouchables ? La fameuse question Peut-on rire de tout ? sera abordée dès 20h55, dans l’émission #FlashTalk.

JULIE BORDENAVE
Octobre 2018