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Le Festival de Chaillol : un modèle d’éclectisme et de qualité

Paysages musicaux

• 17 juillet 2018⇒12 août 2018 •
Le Festival de Chaillol : un modèle d’éclectisme et de qualité - Zibeline

Les Hautes-Alpes accueillent le monde à travers des propositions musicales qui explorent les genres, les origines, les époques, avec une singulière pertinence, grâce à l’Espace culturel de Chaillol et son directeur, Michaël Dian

Les paysages sonores rencontrent les beautés naturelles des montagnes du Gapençais, amènent l’auditeur à découvrir petites églises nichées au cœur des vallées, musée, château, jardins… Et les genres à se mélanger au Festival de Chaillol. Entre classicisme et création contemporaine, le jazz déclinera ses arrangements avec un ensemble de seize solistes, le Vintage Orchestra, pour rendre hommage au grand trompettiste, compositeur et chef d’orchestre de jazz que fut Thad Jones. Puis le contrebassiste Riccardo Del Fra et son quintette, composé de quelques-uns des meilleurs sidemen européens, nous offrira son projet fédérateur entre les peuples, Espoir.

Relire le répertoire classique

Le centenaire de la naissance d’Alberto Ginastera est marqué par la soprano Maya Villanueva, le violoncelliste Patrick Langot et le pianiste Romain David avec un programme qui souligne à quel point musique savante et inspiration populaire se côtoient et se fondent dans l’œuvre du compositeur argentin. Ajoutez à ces instants de modernité celle de quelques pièces de Debussy, et Tres instantes oniricos de Gabriel Sivak. On goûtera la Dentelle mécanique qui unit la harpe de Valeria Kafelnikov et le Quatuor Béla sur des œuvres de Noriko Baba, André Clapet, Debussy, John Rea ou Aurelio Edler-Copes. Le clavecin de Céline Frisch (en duo avec le violoniste Pablo Valetti), le piano d’Amandine Habib et les orgues de Grégoire Rolland (en duo avec le clarinettiste Frédéric Cellier) offrent une approche passionnée du répertoire baroque. Le Tel Aviv Wind Quintet, ensemble phare de la scène israélienne, s’attache aux répertoires classiques et actuels et met en regard Beethoven et Ari Ben-Shabetaï ou Bach et Stephen Horenstein. Autre lecture, celle de Bernard Cavanna et son approche tout en finesse de Schubert dont 13 lieder sur un poème de Goethe, interprétés par son ensemble avec une souple virtuosité, mettent en valeur la voix subtile d’Isa Lagarde. Un jeune talent à découvrir : la brillante pianiste Gaïa Kliemann qui proposera un avant-concert.

Contemporaine tradition !

Eaux primordiales, image de la mère, de l’amertume ou de la lumière, le nom de Maria ne cesse d’interroger par la multiplicité de ses significations. L’ensemble Irini (Lila Hajosi, Marie Pons, Julie Azoulay), articule son programme autour de chants dédiés à Maria, depuis les airs traditionnels chypriotes à une œuvre de Zad Moultaka. Le Kedem Ensemble plonge avec délices dans la tradition musicale espagnole, La Yave de mi casa… Et la Compagnie Rassegna décline toutes les richesses mélodiques et rythmiques de la Méditerranée avec Il Sole non si muove (lire journalzibeline.fr).

Enfances de l’art

L’enfance est particulièrement choyée avec deux propositions qui prédisposent à la rêverie. Le pianiste et compositeur Franck Krawczyk nous entraîne dans un conte musical inspiré d’Hoffmann, Rejouer, avant de libérer musicalement la mémoire d’une sélection d’objets du Musée départemental de Gap en une Mélodie des choses qui leur accorde une âme sensible. La pianiste de jazz Perrine Mansuy met en scène un petit garçon en quête d’inspiration, Je rêve !…, et réenchante le réel, tandis que la comédienne Cécile Brochoire, accompagnée par le piano de Michaël Dian, raconte Le petit garçon qui avait envie d’espace de Benoît Menut sur un texte de Giono. La jeunesse se retrouve aussi derrière les pupitres avec le Chesapeake Youth Symphony Orchestra qui revient dans les Alpes après son succès de l’an passé, et accueille le mandoliniste Vincent Beer-Demander pour (entre autres petits bijoux) la création mondiale du Concerto pour mandoline et orchestre (Concierto del Sud) de Lalo Schifrin (que vous connaissez sans le savoir : Mannix, Mission impossible, Starsky et Hutch, c’est lui !).

Assez de rester assis alors que la campagne appelle aux promenades ? Pas de souci ! Le Festival de Chaillol a tout prévu ! Une charmante balade musicale vous attend sur le plateau de Libouze !

MARYVONNE COLOMBANI
Juin 2018

Festival de Chaillol

17 juillet au 12 août
Divers lieux, entre Alpes et Provence
04 92 50 13 90 festivaldechaillol.com

Photographie : (Chaillol) Quatuor Béla © G.Garitan