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Une nouvelle vision de l'opéra pour le festival d'Aix, du 30 juin au 20 juillet

Passé recomposé !

• 30 juin 2016⇒20 juillet 2016 •
Une nouvelle vision de l'opéra pour le festival d'Aix, du 30 juin au 20 juillet - Zibeline

L’opéra est, dans son acceptation populaire, un art du passé… mais certes pas dépassé ! Surtout lorsqu’il est envisagé, à l’instar de nombreuses représentations aixoises ces dernières années, comme tissant des liens avec le monde moderne, développant des dimensions nouvelles, esthétiques surprenantes, regards neufs sur des ouvrages, chefs-d’œuvre qui, immanquablement, possèdent des axes universels, intemporels… Les mises en scènes du Festival d’Aix, si elles sont parfois critiquables, regorgent d’idées de ponts ou d’inventions en la matière !

C’est ce que nous promettent de découvrir Katie Mitchell dans Pelléas et Mélisande de Debussy avec une perspective onirique, amplifiée, affabulée, ou Krysztof Warlikowski pour l’éclairage adolescent qu’il instille au Trionfo del Tempo e dei Disinganno d’Haendel, opposition traditionnelle de la Beauté et du Temps… Et pour Cosi fan tutte de Mozart, Christophe Honoré transpose l’argument « dans une ville africaine de l’époque coloniale » !

Reste à les jouer… les chanter ces opéras-là ! Et pour ce côté-ci, Bernard Foccroulle fait appel à des orchestres émérites, chefs, chanteurs et divas… On cite Louis Langrée et Jérémie Rohrer, Sandrine Piau, Kate Lindsey et le Freiburger Barockorchester dans Mozart, Emmanuelle Haïm, Sabine Devieilhe et le Concert d’Astrée chez Haendel, Esa-Pekka Salonen, Stéphane Degout, Barbara Hannigan, Laurent Naouri pour Debussy…

Peter Sellars et Stravinski ?

On connaît l’inventivité du metteur en scène américain… et l’on attend sa vision d’Oedipus Rex ! C’est vers l’Antigone de Sophocle qu’il se tourne… en y agrégeant les vastes pages chorales de la Symphonie des Psaumes. Esa-Pekka Salonen s’empare de ce volet du cycle Stravinski… où l’on retrouve une légende du chant : Sir Willard White ! Le Philharmonia Orchestra, sous la direction du Finlandais, donne aussi un magnifique concert avec les Symphonies d’instruments à vent, Le Sacre du Printemps et Agon (chorégraphié !).

Zoroastre de Rameau (quoi… un deuxième opéra français à Aix !… Si rare qu’il faut s’exclamer !), est, à l’instar de La flûte enchantée, un opéra à dimensions initiatique et maçonnique. Il est donné en version concertante, dirigé par Raphaël Pichon à la tête de l’Ensemble Pygmalion et l’on y entend, entre autres, Nicolas Courjal !

Une « Création mondiale » en arabe !

L’opéra ne se conjugue évidemment pas au passé lorsqu’on fait appel à un compositeur d’aujourd’hui ! Moneim Adwan s’inspire cependant d’un classique de la littérature arabe pour y déposer ses notes de musique : le Livre de Kalîla et Dimna écrit au VIIIe siècle d’après un recueil de contes animaliers de l’Inde ancestrale. Kalîla wa Dimna est dirigé par le violoniste Zied Zouari, mis en scène par Olivier Letellier, chanté en arabe et parlé en français. C’est (après le report de Seven Stones d’Adamek) LA « Création mondiale » d’opéra du Festival !

JACQUES FRESCHEL
Juin 2016

68e Festival d’Aix
du 30 juin au 20 juillet

Photo : Emmanuelle Haïm © Marianne Rosenstiehl


Festival International d’Art Lyrique d’Aix en Provence
0820 922 923
http://www.festival-aix.com/