La saison culturelle de l'Opéra Orchestre National de Montpellier Occitanie

OONMO… la belle saison occitane !

La saison culturelle de l'Opéra Orchestre National de Montpellier Occitanie - Zibeline

L’Opéra Orchestre National de Montpellier Occitanie diffuse, produit, accueille des compositeurs et compositrices en résidence de création. Une exception dans la région.


Sur les cinq opéras du Sud-Est, (Nice, Toulon, Marseille, Avignon et Montpellier), un seul accueille, nommée depuis peu, une cheffe d’orchestre permanente : Débora Waldman à Avignon, un seul est dirigé par une femme : Valérie Chevalier, à Montpellier, depuis 2014.

De fait, dans le monde de la musique, même si les choses bougent peu à peu, les femmes n’occupent des postes à haute responsabilité que de façon minoritaire… Sans essentialisme, on ne peut que noter l’audace, l’attention à la création et à la recherche d’autres publics que ces femmes affichent, comme si être minoritaires permettait de mieux distinguer combien les maisons d’opéras s’enferrent souvent dans des répertoires muséaux, masculins, sublimes mais poussiéreux.

C’est donc avec un intérêt particulier que nous présentons la saison du seul opéra national du grand Sud-Est ! D’autant plus qu’en 2019 l’Orchestre national de Montpellier Occitanie fête ses quarante ans d’existence.

Lyrique

Dans l’Hérault on voit les choses en grand ! Pas moins de huit opéras sont à l’affiche, dont deux productions très originales : Poil de Carotte (voir ci-dessous) et Il Trionfo del Tempo e del Disinganno, oratorio de Haendel mis en scène par Ted Huffman et dirigé vers son essence baroque par Nathalie Stutzmann. Côté répertoire, il reste européen mais s’aventure jusqu’au XXe siècle : Madama Butterfly de Puccini côtoie Pelléas et Mélisande (Debussy) repensé par Benjamin Lazar. Ariadne auf Naxos (Richard Strauss), dirigé par le chef viennois Christian Arming pour une coproduction avec le Capitole de Toulouse, voisine avec Roméo et Juliette de Gounod. Quant à Verdi, s’il est présent avec Falstaff mis en scène par David Hermann, il est aussi visité avec pertinence par Jean François Sivadier, qui dans Italienne scène et orchestre nous fait plonger dans les coulisses de La Traviata, interrogeant les peurs des chanteurs, l’exploit, l’attente du public et, profondément, l’amour du chant.

Instrumental

Onze grands concerts symphoniques jalonnent la saison, en grande partie dirigés par le chef principal de l’ONMO, Michael Schønwandt. La réputation de l’Orchestre n’est plus à faire, il est un des meilleurs de France et l’entendre, en particulier dans le répertoire (post)romantique où il excelle, donne des frissons.

En forme concertante ou en musique de chambre, les artistes invités ont pour nom Jean-Claude Casadesus pour la direction d’orchestre, le quatuor Arod, les pianistes Alexandre Tharaud, Khatia Buniatishvili, Lise de la Salle, Nicholas Angelich, Nelson Goerner ou Bertrand Chamayou, la violoncelliste Sol Gabetta, Valeriy Sokolov au violon et encore la soprano Patricia Petibon… voire Alain Chamfort !

L’accordéoniste lettone Ksenija Sidorova joue en concerto, de même que la jeune trompettiste prodige Lucienne Renaudin-Vary… et Manu Dibango !

Côté baroque, on attend l’ensemble Les Ombres ou le contre-ténor Jakub Józef Orliński

En choeur

Autre atout de la maison montpelliéraine, le Choeur qui rayonne dans toute la région Occitanie jusqu’aux petits villages : il se mêle à d’autres, pratique le mélange des genres avec des cinés-concerts, et le mélange des cultures avec une attention aux musiques classiques du monde.

Au programme ? Les Carmina Burana, concert participatif où 300 amateurs mêleront leurs voix aux professionnels, le Requiem de Mozart, un Best of John Williams avec choeur, orchestre et projection des films

Des musiques de cultures différentes mixent leur langage pour voguer, au fil des notes, vers un rêve universel : les « Musiques d’Ailleurs » nous emmènent en Corée, en Scandinavie, en Espagne, en Palestine au gré de nombreuses passerelles. Dhafer Youssef (voix et oud) et Marie-Ève Signeyrole (conception) revisitent la 7e Symphonie de Beethoven…

Sivan Eldar, jeune compositrice israélo-polonaise fait son entrée en résidence à l’Opéra Orchestre de Montpellier, et l’on découvre des œuvres d’aujourd’hui signées Kaija Saariaho, Franghiz Ali-Zadeh….

Le 15 novembre on souffle les quarante bougies de l’orchestre avec un Concert de gala à l’Opéra Berlioz ! Bon anniversaire !

JACQUES FRESCHEL
Octobre 2019

Opéra Comédie, Montpellier
04 67 60 19 99 opera-orchestre-montpellier.fr

Photo : Ariadne auf Naxos © DR


Coup de coeur

Poil de carotte

Format de poche (1h30), pour tout public, la production de l’Opéra de Montpellier s’appuie sur le Chœur Junior et un plateau de 5 chanteurs. Avec Amélie Tatti dans le rôle titre, une jeune soprano qui est aussi circassienne et aime les rôles piquants et physiques : on pourra l’entendre également à Marseille, Nice, Avignon et Toulon dans Le Singe d’une nuit d’été et Pomme d’Api.

Jules Romain, dans son roman autobiographique, met en récit son enfance maltraitée, et la quête sans espoir de l’amour de ses parents. La production, mise en scène Zabou Breitman, s’approche du théâtre musical ; Reinhardt Wagner, familier du Théâtre du Rond Point, musicien de Jean-Michel Ribes, expert de Topor, compositeur de musiques de films, est le compositeur idéal pour faire entrer en dialogue la scène, la musique, la narration et la fantaisie…

AGNÈS FRESCHEL
Octobre 2019


Opéra Orchestre National de Montpellier
11 boulevard Victor Hugo
34400 Montpellier
04 67 601 999
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