Portrait d'un hyperactif de la musique, l’Arlésien Henri Maquet

Oc et choralVu par Zibeline

• 13 décembre 2019⇒14 décembre 2019, 19 décembre 2019⇒22 décembre 2019 •
Portrait d'un hyperactif de la musique, l’Arlésien Henri Maquet - Zibeline

Multi-instrumentiste, ethnomusicologue, luthier, pédagogue, chanteur, organisateur de festivals… L’Arlésien Henri Maquet est un hyperactif de la musique. Portrait.

C’est l’histoire d’un scout belge débarqué en Camargue à 12 ans. Profitant du départ du docteur de Salin-de-Giraud dont aucun remplaçant ne pointe le bout de son stéthoscope, la mère du jeune Henri, médecin généraliste, vend la ferme des Ardennes dont le chantier de rénovation stagne faute de moyen et s’installe en famille au mas de Peaudure, appelé ainsi à cause de la voracité des moustiques. Changement de décor radical mais pas d’habitudes. Maman toujours soucieuse de l’épanouissement extra-scolaire de ses enfants, elle les incite à pratiquer une activité artistique. « J’avais le choix entre guitare, piano et galoubet-tambourin », se souvient le préadolescent d’alors, formé au violon dans son plat pays d’origine. Les deux premières options ne le séduisant guère, il saisit l’occasion de s’immerger dans la culture traditionnelle, suivi par sa sœur qui s’oriente vers la danse. Et d’intégrer le groupe folklorique local. « Ma mère, férue de couture, s’est mise à la confection de costumes d’Arlésienne. »

Du folklore à la musicologie

La rencontre avec Gaël Hemery, en charge des cours de galoubet, sera décisive dans son approche créative. « Se mettre en costume pour jouer sur un parking de Géant Casino les mêmes morceaux en boucle a fini par devenir une punition. Cette culture m’intéressait toujours mais la forme de représentation et le rapport au public m’ont paru faux. » Dans les années 90, le tandem crée l’association Ventadis, organise concerts et expositions et s’inscrit dans une « militance camarguaise ouverte » , diversifiant les instruments. Son cursus en musicologie à l’université aixoise fera le reste. Multipliant les rencontres, il fricote avec les polyphonies, créé une nouvelle association, Tapenade, encore active. Le complice Hemery est toujours de la partie. Le grand Jan-Mari Carlotti suit avec bienveillance leurs travaux. Après un master consacré à l’adaptation de La bête du Vaccarès, de Joseph d’Arbaud, en œuvre musicale pour la scène, il décroche des études pour se dédier entièrement à la musique.

Bidouilleur de première

Son horizon et ses pratiques s’élargissent : de la fabrication d’instruments -notamment en roseau- au bidouillage d’autres. Les artistes qui l’inspirent évoluent sur l’axe Toulouse-Nice, des Fabulous Trobadors à Massilia Sound System, en passant par Gacha Empega.

Aujourd’hui, le nom d’Henri Maquet est associé à une multitude de formations et projets qu’il devient difficile à inventorier. Dans son actualité discographique, deux sorties d’album : Totem Sismic avec le groupe Polifonic System et Calendau, épopée polyphonique provençale, adaptée de l’œuvre de Frédéric Mistral et enregistrée dans une église cévenole du XIe siècle. Le premier réunit d’autres artistes bien connus sur la planète Oc : Manu Théron, Ange B, Clément Gauthier. Le second, cinq voix qui font retentir l’âme d’« un territoire et le génie de son peuple » provençal. Projets plus personnels, entre électro et grelots, Delta Sonic, Butor Stellaris ou encore Bal Pop Trònic, viennent compléter la liste des activités. À l’initiative du festival Zin Zan et des rencontres professionnelles Le chant du roseau, Henri Maquet sait aussi lever le pied. Surtout pour danser la bourrée.

LUDOVIC TOMAS
Décembre 2019

À venir
Delta Sonic
13 décembre, la Machine pneumatique, Marseille
Chants provençaux de Noël
14 décembre, De Natura Rerum, Arles
19 décembre, Ostau dau Pais Marselhes, Marseille
21 décembre, Café villageois, Lauris (84)
22 décembre, Petit théâtre de la Placette, Nîmes
Polifonic System
20 décembre, Le Kfé Quoi !, Forcalquier

Photo : Henri Maquet © Florent Gardin