Bouillon de musiques populaires et planétaires à Miramas, avec les Nuits Métis, du 22 au 24 juin

Nuits Métis, un quart de siècle pour un tour du monde

• 22 juin 2018⇒24 juin 2018 •
Bouillon de musiques populaires et planétaires à Miramas, avec les Nuits Métis, du 22 au 24 juin - Zibeline

Il s’agit d’un des festivals les plus anciens de la région, longtemps symbole de la fameuse « movida marseillaise », aux côtés de la Fiesta des Suds, tant il reflète l’ouverture des musiques d’ici aux sons d’ailleurs, appelez-le phénomène sono mondiale, world music ou bouillon de cultures si vous le souhaitez. Vingt-cinq ans (et vingt-cinq éditions) après, malgré des conditions économiques très différentes avec l’affirmation des festivals régionaux comme enjeu touristique majeur, la philosophie profondément humaniste imprimée par son fondateur au grand cœur Marc Ambrogiani a peu changé. Né à Marseille, émigré à La Ciotat puis Miramas au bord du plan d’eau de Saint Suspi, le festival révélé les talents de Ba Cissoko, Rit, Siska, Naias ou Lo’Jo : les Nuits Métis portent bien leur nom et cette édition-anniversaire (toujours gratuite) ne déroge pas à la règle. Derrière l’afro-reggae de l’insubmersible Alpha Blondy (65 ans), qui est clairement la tête d’affiche de ce rassemblement musical très familial (avec une dimension carnavalesque entretenue par la déco du lieu et le défilé des Trova Cubana et de la Batucada de la Famille Géant en ouverture de chaque soirée), le festival déroule en un week-end les nombreuses sources de musiques qui clament leurs appartenances planétaires et populaires.

Éveil des sens et des consciences

Prenons comme symbole Djé Balèti, alias Jérémy Couraut : ses racines occitanes, qu’il fait revivre à travers un petit instrument nissart réinventé, l’espina, sont le viatique d’un éveil au monde, à ses sonorités et à ses consciences multiples, entre afro funk centrafricain et transes méditerranéennes, toujours festif, toujours engagé. Emmenés par le Marocain Anass Zine, les Marseillais de Maclick lui donnent un écho multiculturel, à la fois urbain et saharien, entre mélopées orientales et rythmes gnawis, mâtinés de reggae (le22 juin avec aussi Alpha Blondy, Joulik et HK). The Skints sont eux les représentants d’un reggae anglais qui n’a pas fini de se renouveler sous les auspices et les épices de l’héritage jamaïcain : épatant de maîtrise dans ce son roots maintes fois entendu, les jeunes londoniens amènent au genre ce je-ne-sais-quoi, un peu ragga, un peu ska, un peu punk qui en font une des relèves de nos cacochymes à dreads préférées. Plus au sud, Cafetera Roja évoque le son d’un Barcelone contemporain, ouvert au monde avec l’explosion de son tourisme de masse, mais qui veut garder sa propre voix : entre rock, trip hop et funk, les garçons et les filles venues d’Espagne, de France et d’Autriche incarnent une jeunesse catalane multiculturelle riche de ses colères et de ses emphases (le23 juin avec Vanupié et Natty Crew). Enfin le dimanche 24 juin, le quintet vocal de Radio Babel guide un chœur de 150 enfants et 20 adultes pour un voyage Sur Les Rives de Miramas, résultat d’un atelier inter-générationnel de plusieurs mois. À noter qu’à l’occasion de cette édition-anniversaire, Nuits Métis fera circuler son Cabaret Nomade de Saint Chamas à Forcalquier du 8 au 28 juillet avec de nombreux invités (Radio Babel, Sam Karpiénia, Locomotive Express, Caravane Namasté, Canapacoustik, Bal’Kino et Natty Crew).

HERVE LUCIEN
Juin 2018

Photo : Alpha Blondy © Roch Armando pour Thomas Nowak Consulting

Nuits Métis
22 au 24 juin
Plan d’Eau Saint Sulpi, Miramas
nuitsmetis.org