Nasser, groupe le plus «hot» de la nouvelle scène marseillaise, en tournée à Montpellier, Avignon et Salon

Nasser, entre rage et extase

• 8 mars 2018⇒10 mars 2018 •
Nasser, groupe le plus «hot» de la nouvelle scène marseillaise, en tournée à Montpellier, Avignon et Salon - Zibeline

On ne sait pas vraiment comment Simon Henner, qui a ces derniers mois enchaîné les albums et tournées d’Husbands et French 79 (sans compter les enregistrements de Kid Francescoli, Isaya etc.) peut tenir le rythme : il faut croire que c’est l’énergie de Nasser, sa première formation, qui le galvanise. Succédant à un Live in Bogota sorti en octobre dernier, le nouvel album de la formation électro-rock The Outcome (soit Le Dénouement) annonce une nouvelle phase pour le groupe qui se présente aujourd’hui comme un duo. Certes le son de Nasser n’a pas énormément évolué depuis ses débuts, et la furie électro-rock de Come On qui a institué le groupe comme le plus « hot » de la nouvelle scène marseillaise et, grâce à sa puissance scénique, l’a propulsé sur les scènes des plus grands festivals. Les beats insistants, les guitares tranchantes, les arpeggio de synthés façon Giorgio Moroder (l’énorme Rupture, Can’t Get Out, Listeners) sont toujours là, et confortés par le succès d’un des groupes les plus influents de l’électro-rock international LCD Soundsystem. Mais, dans la lancée du précédent album, The Outcome est moins rentre dedans, avec un chant de Nicolas, le chanteur-batteur, encore plus nuancée (The Outcome, Love), lorgnant vers une élégance « Bowiesque » sur les productions de Simon (guitares, machines). Sur deux morceaux la voix (en V.O.) de Kaori Ito, danseuse et chorégraphe d’origine japonaise, vient ajouter du trouble. L’humeur générale de The Outcome reste contemporaine, alliant les émotions extrêmes, la rage et de l’extase. En bon cinéphiles (Nicolas assure parallèlement une carrière de vidéaste avec le duo Hawaii & Smith) Nasser aime à se faire peur, envisager la musique comme un survival de cinéma. Les quatre clips prévus (dont le premier, celui de Love, renvoie au cauchemar, métaphore malheureusement parfois bien réelle, d’une femme harcelée par des fantômes) résument leur vision artistique, à la fois oppressante et libératrice. Finalement une bonne méthode pour se sentir plus fortement en vie.

HERVE LUCIEN
Février 2018

Nasser
8 mars
L’Antirouille, Montpellier
04 67 06 51 68 montpellier.fr

9 mars
Passagers du Zinc, Avignon
04 90 89 45 49 passagerduzinc.com

10 mars
Portail Coucou, Salon-de-Provence
09 5296 32 09 portail-coucou.com

Photo : Nasser © Thomas Bertini