La culture, objet de fête avec MP2018

MP2018, notre désir de Fête

La culture, objet de fête avec MP2018 - Zibeline

Le territoire de Marseille Provence veut fêter la culture et propose une programmation enthousiasmante. En un week-end d’ouverture pléthorique, puis un festival d’amours. Cirque, danse, expos, théâtres et rencontres, pour tous les goûts, amoureux !

Il est indéniable que la communication tarde à venir, que l’événement n’est relayé par aucun enthousiasme politique ni médiatique, que l’inquiétude règne quant à la présence du public qui est mal informé de l’ouverture, symbolique, à la Saint Valentin. Pourtant la pertinence des organisateurs est là, la programmation est belle, et tous les acteurs culturels du territoire sont activement impliqués. Mais il est difficile de construire un événement de cette importance quand l’argent manque, qu’une partie de la métropole (la Ville d’Aix) s’est retirée, qu’aucun espace de communication n’est prévu par la Ville de Marseille, que les médias se désintéressent de l’événement sinon pour en critiquer aveuglément les (absences de) financements.

Pourtant prévoir un événement culturel territorial dans un territoire qui se délite est une gageure, et un acte de résistance : l’affirmation que la culture est un droit et un besoin, et non une « compétence optionnelle ». Que les artistes et le public ne demandent que cela, cette rencontre désintéressée qui enrichit leur vie.

Avec Raymond Vidil, MP2018 a trouvé des financements privés, les entreprises étant paradoxalement moins aveugles que les collectivités publiques aux besoins d’un territoire. Grâce au mécénat, à quelques maigres subventions publiques et un reliquat de MP2013, l’équipe de MP2018 a réussi à allier toutes les énergies culturelles du territoire (y compris à Aix…) pour tenter de sortir un peu du marasme et faire la fête, faire l’amour, questionner et mettre en scène et en vie le sentiment amoureux.

Le miracle public se produira-t-il ? En tous les cas les Fêtes d’ouverture se déclinent en trois programmes pléthoriques, qui devraient rendre chacun avide de son, de baisers et de fureur…

Le grand baiser

Tout va commencer par une embrassade générale à la Saint Valentin. Embrassade d’amants, d’amis, de parents, sur la bouche, la joue ou le front (dans le cou ou l’oreille?). Le public fera le spectacle, mais aussi le Groupe F avec flammes, personnages de lumière et vidéos, pour une mise en scène de ce grand baiser collectif, et son immortalisation photographique… Le succès de l’ouverture dépendra donc du nombre de participants, le 14 février à 19h sur le Vieux Port Marseillais, le 17 février à 19h à Arles, Aubagne, Istres, Martigues et Salon-de-Provence.

Après cette effusion collective, les Marseillais pourront prolonger la fête avec les Coups de foudre du MuCEM (ciné, expos, commandos poétiques…) et toutes les propositions pour les enfants, tandis que le 17 février les Arlésiens pourront rejoindre le Duoud (Smadj et Mahdi Haddab) programmée par les Suds au Cargo de nuit, les Martégaux pourront attendre le baiser avec Rara Woulib et la Cie Baninga, et assister ensuite au concert de solidarité à la Halle ou enchaîner sur les propositions de 2 jours 2 nuits

Le bal des enfants

Les 14 et 15 février la programmation débute avec des propositions tout public qu’enfants et parents peuvent partager à toute heure, et sur tout le territoire, d’Istres à Salon, Aubagne, tous les coins de Marseille et d’Aix (où le GTP, le Pavillon Noir, le Bois de l’Aune, le Festival d’Aix ou la Fondation Vasarely sont de la partie malgré le retrait de la mairie).

Parmi la soixantaine de propositions comment faire son choix ? Outre les Lettres d’amour de Télémaque et de l’Erac, les nombreux vernissages d’expo, la programmation de La Friche, celle de L’Entre-deux-Biennales ou des Elancées ; outre les médiations visites et ateliers dans les musées et galeries, Kelemenis qui reprend Kiss me sur tout le territoire, Lieux publics qui propose une sirène en chantilly… on vous recommande particulièrement d’emmener vos enfants danser ! Au Bal des P’tits loups à la Cité des Arts de la rue, au Cinébal à l’Alhambra, au Bal Cirque d’Archaos, où dans des formes de spectacles participatifs, comme le Bal des enfants aux Salins où le chorégraphe DeLaVallet Bidiefono a travaillé avec 200 enfants des écoles martégales.

Le matin du 15 février, une mallette pédagogique proposant de nombreuses activités conçues par les artistes de la programmation sera offerte aux 450 écoles du territoire : un moyen d’ouvrir les arts aux plus jeunes, d’autant que la plupart des propositions destinées aux enfants sont gratuites, ou très peu chères.

2 jours 2 nuits

Les 16 et 17 février on passera le week-end entre adultes : la programmation jeune et tout public se poursuit, mais d’autres propositions moins familiales s’y ajoutent, plus sulfureuses ou dialectiques. On parlera donc de désir, de corps, de foyer et de ruptures, de douleur, de sexualité, de genre, de Foucault et d’art contemporain, bref tout ce qui fait que l’amour a du sel, parce qu’il dit aussi un manque et un inassouvi. Wax au Merlan, Liliane Giraudon à la Friche, le cycle Désir et cinéma au Gyptis, les installations d’artistes à la Criée, Letzlove-Portraits de Foucault à la Friche, Je t’aime je t’aime à Montévidéo sont de ceux-là, mais aussi Hervé Castanet, Zeev Gourarier et Francis Woolf qui parleront, entre hommes, de Lacan à minuit à la Criée ; ou l’Effeuillage du Grand Théâtre et la Nuit sulfureuse du Gymnase (de 21h à 8h du matin) : entre « sieste amoureuse mais pas crapuleuse », lecture érotique et projection de scènes mythiques, les théâtres de Dominique Bluzet font le tour du spectacle « coquin », avant de proposer un opéra porno (voir pages suivantes).

Mais le goût âpre ou tendre de l’amour se dit aussi en musique, et la Caravane itinérante des musiques actuelles mettra le Cours d’Estienne d’Orves en joie dès 16h le 17 février avec Isaya, Gari Grèu, Temenik Electric et Ghost of Christmas. Première étape d’un périple qui passera par Arles, Aubagne, Istres, Martigues, Miramas et Salon, et où d’autres artistes rejoindront l’aventure (Anna Farrow, Mekanik Kantatik, Nasser, Otillie [B], PinkNoColor, Ruben Paz, Wilko…).

Les musiques du monde ne seront pas en reste grâce aux Suds arlésiens qui programment de Boulbon à Arles, Saint-Pierre-de-Mézoargues et Tarascon un véritable Festival d’hiver, invitant Jasser Haj Youssef, Lo Cor de la Plana, Isabelle Courroy, Tony Gatlif, Chet Nuneta, Lady Maga… du 17 au 24 février.

Et il y aura aussi, au cours de ces deux jours, une Veillée d’amour à Saint Victor où Lucile Pessey, Ewa Adamunsiska, Jean-Christophe Borne et Jacques Freschel chanteront l’amour d’Offenbach à Brel au son de deux accordéons, de nombreuses propositions musicales ou théâtrales des étudiants de l’AMU, et bien sûr le Roméo et Juliette de Preljocaj et Entre chiens et loups qui ouvre les Elancées à Istres du 14 au 18 février.

Le choix est à vous, mais soyez du voyage !

AGNÈS FRESCHEL
Février 2018

Retrouvez le détail de la programmation des 3 Fêtes d’ouverture, ainsi que les billetteries des spectacles payants, sur mp2018.com

Photographie : Kiss Me, Michel Kelemenis © Laurent Lafolie