Les Émouvantes sont de retour pour une édition joliment intitulée « Carrefour des imaginaires »

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• 16 septembre 2020⇒19 septembre 2020 •
Les Émouvantes sont de retour pour une édition joliment intitulée « Carrefour des imaginaires » - Zibeline

La huitième édition du festival demeure fidèle à ses fondamentaux. Créé par le compositeur et contrebassiste Claude Tchamitchian dans la continuité de son label Émouvance, le festival célèbre depuis ses débuts une musique intime, puisant dans l’alchimie de ses inspirations et de ses interprètes une matière nouvelle. Ce mouvement d’un interprète à l’autre trouve dans la délimitation chambriste un terrain de jeu toujours plus vaste entre les genres : jazz, world, classique, lyrique seront au rendez-vous de cette édition, donnée au Théâtre des Bernardines du 16 au 19 septembre.

En ouverture, le Jean-Pierre Jullian Quartet réunira le compositeur et batteur aux saxophones de Guillaume Orti, à la guitare de Gilles Coronado et aux vibraphone et marimba de Tom Gareil. Leur troisième collaboration, « Chiapas II », se veut le portrait épique et halluciné de cette contrée méconnue du Mexique. Claude Tchamitchian unira ensuite ses forces au piano de Leonardo Montana et au souffle de la chanteuse, flûtiste et compositrice Naïssam Jalal : Quest of the invisible, qui a fait l’objet d’un très bel enregistrement en 2019, entremêlera savamment les atmosphères modales du jazz et de l’Orient, porté par un sens affûté de la mélodie.

Ce temps fort sera suivi, le lendemain, d’une nouvelle ode au voyage : Majakka – en finnois, « le phare » – se voulant une variation sur les repères, forts et mouvants, d’un jazz apatride cher au pianiste et compositeur Jean-Marie Machado et à son sémillant Quartet : l’inoxydable Vincent Ségal au violoncelle, Jean-Charles Richard aux saxophones et Keyvan Chemirani aux percussions. Changement de ton pour le deuxième volet d’Une Petite Histoire de l’Opéra signée Laurent Dehors : le musicien polymorphe s’y muera encore une fois en arrangeur et compositeur, accompagné d’un quintette tout aussi versatile. De quoi faire valser les pages pourtant balisées de Rameau ou de Bizet au son des pianos de Matthew Bourne, des percussions tous terrains de Jean-Marc Quillet, mais aussi des guitares de Gabriel Gosse, des cuivres de Michel Massot et surtout de la voix de Tineke Van Ingelgem.

Les concerts du lendemain nous ramèneront vers de plus contemplatifs et abstraits paysages : les vieux complices François Corneloup et Jacky Molard s’aventureront, en compagnie de la clarinettiste Catherine Delaunay et du violoncelliste Vincent Courtois, vers une world music débridée, Entre les Terres ! Avant que le David Chevallier Septet n’esquisse à son tour des Emotional Landscapes puisés chez Björk : la voix volubile d’Anne Magoüet y dialoguera avec les vents de Judith Pacquier, Abel Rohrbach et Volny Hostiou, les percussions persanes de Keyvan Chemirani mais aussi les cordes baroques d’Atsushi Sakaï et de David Chevallier.

La dernière soirée du festival célèbrera ensuite les iconographies : les Hymnes à l’Amour du saxophoniste Christophe Monniot et de l’accordéoniste Didier Ithursary : les tubes du genre joliment revisités y côtoieront leurs compositions personnelles. Pour conclure les réjouissances, le Caravaggio Quartet réunira les claviers de Samuel Sighicelli, les guitare et violon de Benjamin De la Fuente, les basses de Bruno Chevillon et les percussions d’Éric Échampard. Au programme, un rock hybride, mâtiné de musique contemporaine et de jazz débridé.

SUZANNE CANESSA
Juillet 2020

Les Émouvantes
Du 16 au 19 septembre
Théâtre des Bernardines, Marseille
tchamitchian.fr

 

 

Photos
Tineke Van Ingelgem © Tim de Backer
Christophe Monniot – Didier Ithurssary © Shelomo Sadak