Lancement du futur MoCo à Montpellier, avec la « plus importante exposition à ciel ouvert d’Europe »

Montpellier la contemporaine

• 8 juin 2019⇒28 juillet 2019 •
Lancement du futur MoCo à Montpellier, avec la « plus importante exposition à ciel ouvert d’Europe » - Zibeline

Une ZAT survitaminée donne le top départ de l’ouverture prochaine du MoCo à Montpellier.

Il y a 49 ans, entre le 5 et le 20 mai 1970, Montpellier était secouée par une vague artistique inédite: le groupe A.B.C. Productions (des initiales de ses 4 fondateurs, Tjeerd Alkema, Jean Azemard, Vincent Bioulès et Alain Clément) initiait l’exposition 100 artistes dans la ville, rassemblant tout ce que l’avant-garde française comptait de peintres, sculpteurs, et ce qu’on n’appelait pas encore performers. Il s’agissait à l’époque à la fois d’une sacrée provocation envers l’ordre établi, et d’un coup de gueule de jeunes artistes qui revendiquaient un droit à « l’autonomie culturelle ». Aujourd’hui encore, on s’amuse à imaginer Ben (Vautier) –et les passants !- Balayer la place Jean Jaurès, ou Recevoir et parler, installé à une table dans un jardin.

Presque 50 ans plus tard, hommage leur est rendu à l’occasion du lancement du futur MoCo (29 juin), introduit par une Zone Artistique Temporaire exceptionnelle. Pendant près de deux mois (8 juin au 28 juillet), on pourra à nouveau découvrir 100 artistes dans la ville. Invités, chouchoutés, tapisrougisés ; le contexte n’est certes pas le même que durant les subversives années 70. Il n’empêche que si l’institution (ville, Métropole, État) est prescriptrice, les artistes, pour beaucoup de renommée internationale, pour beaucoup aussi (l’un n’empêche pas l’autre) installés dans la région, ont eu les coudées franches pour inventer et créer ce que Nicolas Bourriaud (directeur du MoCo et directeur artistique de la ZAT) qualifie de « plus importante exposition à ciel ouvert d’Europe ».

C’est en effet la ville elle-même qui est célébrée, parée, ornée pour accéder à son statut rêvé de capitale méditerranéenne de l’art contemporain. La plupart des œuvres (dont beaucoup sont créées pour l’occasion, produites par le MoCo et autres partenaires) sont présentées dans l’espace public : places (Armelle Caron révèle le sous-sol de la place Saint-Roch), rues (Bruno Peinado fixe des drapeaux en hauteur, manifeste de métissage), gare (les totems en béton sculptés de Neïl Beloufa), églises (Jeanne Susplugas expose sa Disco Ball dans la chapelle de la Miséricorde), bâtiments publics (l’installation commandée par le musée Fabre à Ei Arakawa, interprétation en LED du tableau de Courbet La Rencontre, le moulage de la cour de l’ENSBA par Fabrice Hyber,…), mais aussi dans des vitrines de magasins (le Surf de Sylvain Grout et Yann Mazeas à Uniqlo,…).

Comme cela est maintenant de mise, des médiateurs feront les interprètes entre les artistes et le public, ici lors de parcours commentés et thématiques (gratuits, comme tout le reste). Trois œuvres, commandées par la ville de Montpellier, seront pérennes. Sur la place de Strasbourg, Lili Reynaud Dewar installera un moulage de son corps, échelle 1, posé à même le sol : simplicité, quotidienneté, tout pour déjouer les codes de la statuaire. La Place Salengro sera incrustée de plaques de marbre et peinte par Abdelkader Benchamma, cartographie sinueuse et poétique, langage urbain. Dominique Figarella parera le mur de soutènement du Pont de Sète d’une sculpture rappelant l’art rupestre, une phrase gravée, mystérieuse, autorisant l’imaginaire à se délier au fil de la marche. Et c’est le collectif Opavivarà ! qui aura la lourde charge d’occuper la Place de la Comédie, avec sa sculpture itinérante Abre Caminho, invitation à se doucher, et donc à se déshabiller : l’été sera chaud à Montpellier.

ANNA ZISMAN
Mai 2019

En parallèle de la ZAT, une sélection d’œuvres issues de l’exposition La Strada, organisée par Hou Hanru, directeur du MAXXI (Rome) aura lieu à La Panacée, du 8 juin au 18 août.

100 artistes dans la ville – ZAT 2019
8 juin au 28 juillet
Divers lieux, Montpellier
zat.montpellier.fr

Photo : Jimmy Richer, Sans titre © Dominique Delpoux