Montpellier danse : une saison hybride dans des lieux multiples

Montpellier danse, partout !

Montpellier danse : une saison hybride dans des lieux multiples - Zibeline

Lieux multiples, accueils partagés, la danse se décline en structures croisées à Montpellier : une pratique mutualiste, facteur de maillage territorial.

La saison sera très hybridée, à l’image d’une programmation pensée et partagée par un large panel de structures culturelles montpelliéraines, ce qui, outre la variété des styles et des registres, permet à Montpellier danse de s’inscrire dans une géographie élargie de la ville, dans des lieux qui participent chacun à faire de Montpellier l’une des capitales de la danse contemporaine.

Marco da Silva Ferreira est ainsi co-accueilli avec le Centre Chorégraphique  et le Théâtre de La Vignette (qui co-accueille également trois autres pièces, dont Lex, solo très physique de Sylvain Huc, pour sa pièce crée en 2017, Brother. C’est avec l’Opéra Orchestre que le directeur de Montpellier Danse, Jean-Paul Montanari, s’est entendu pour recevoir l’une des plus étonnantes danseuses flamenca d’aujourd’hui : Olga Pericet, qui fait de son corps et de sa technique un terrain de création donnant libre court à une fiction mémorielle personnelle et patrimoniale. Accompagnée de cinq chanteurs et musiciens, elle nous emmène au pays de la danse sans cesse réinventée du flamenco. Au Kiasma de Castelnau-le-Lez, Salia Sanou présente ses trois derniers duos (Multiple-s, créés entre mai 2018 et juin 2019, programmé au Festival d’Avignon cet été), rencontres du danseur-chorégraphe avec l’écrivaine Nancy Houston (De vous à moi), Germaine Acogny, figure de la danse en Afrique (De beaucoup de vous) et le musicien Babx (Et vous serez là), qui signe la musique de l’ensemble.

Le théâtre municipal Jean Vilar s’associe aussi à la saison danse en accueillant l’inclassable et ébouriffante Marta lzquierdo Munoz, qui avec IMAGO-GO déroule une théorie loufoque et déconcertante centrée sur l’image de la majorette. Quatre interprètes pour déconstruire les représentations finalement très troublantes de cette figure surannée mais toujours porteuse de fantasmes aussi contradictoires que la femme militaire et la femme poupée.

Emmanuel Eggermont est invité en collaboration avec le Théâtre des 13 vents. Avec sa compagnie L’Anthracite, il a créé en 2017 un objet chorégraphique et plastique monochrome : Polis plonge cinq interprètes dans un noir qui recouvre l’espace et les corps, et révèle un univers qu’on découvre au détour d’une ombre ou d’un reflet, fascinant.

Alonzo King (Händel et Common Ground), José Montalvo (Carmen(s)) et Kader Attou (Allegria) occuperont le gigantesque plateau du Corum.

Enfin au théâtre Jean-Claude Carrière du Domaine d’O la Cie Baro d’Evel revient avec le deuxième volet du diptyque dont le avait été créé l’an dernier au Festival Montpellier danse. Falaise convoque cette fois plus d’humains, puisqu’avec Camille Decourtye et Blaï Mateu Trias évolueront six autres personnes, mais aussi leurs complices favoris : un cheval et des oiseaux. Un alliage auquel ils nous ont si bien habitués qu’on trouve cela merveilleusement naturel, et qu’« essayer de résister à un monde où l’homme se dissocie du reste du vivant. Et plonger dans les territoires intérieurs de chacun, pour nous relier les uns aux autres. » semble en effet possible.

ANNA ZISMAN
Septembre 2019

Montpellier danse
Divers lieux, Montpellier
montpellierdanse.com

Photo : Imago-Go © Nicolas Cadet

La Panacée
14, rue de l’Ecole de Pharmacie
34000 Montpellier
04 34 88 79 79
lapanacee.org