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Le retour du Festival Mimi, du 8 au 16 septembre à Marseille

Mimi, toujours se réinventer

• 8 septembre 2018⇒16 septembre 2018 •
Le retour du Festival Mimi, du 8 au 16 septembre à Marseille - Zibeline

Avec son déménagement précipité de l’Hôpital Caroline l’an dernier, le festival marseillais des avant-gardes musicales aura perdu un emplacement prestigieux mais gagné en proximité. L’esprit d’adaptation n’est-il d’ailleurs pas une notion esthétique que le festival n’a cessé de défendre depuis sa création (en 1985, quand même), plébiscitant des artistes peu en vue du grand public mais essentiels aux défrichages tous azimuts des territoires musicaux ? Relocalisé, mais réorienté et remobilisé (une campagne de financement participatif a été lancée en début d’été pour supporter le coût d’un festival ayant vu ses subventions réduites de 66 000 € sur les deux dernières éditions), Mimi a tiré parti de cette péripétie pour se réinventer et offrir un reflet vivant de l’actualité de musiques souvent définies comme « périphériques ».

Cinq lieux l’accueilleront cette rentrée pour un tour d’horizon plus-éclectique-tu-meurs. Sur le Toit-terrasse de la Friche le 8 septembre, un petit zoo musical démarre : avec Musiques Chiennes, Sarah-Louise Barbett bricole des vignettes synthétiques, chansons qui sont autant de chroniques ordinaires (La Maison de Billy, son dernier album, raconte sur une tonalité naïve et neurasthénique les aventures d’un probable animal domestique), tandis que l’italo-indienne Petit Singe explore tout l’éventail émotionnel de rythmes dubstep urbains et lascifs. On connaît UséL’Embobineuse le 8 septembre) et sa réputation de performer jusqu’au-boutiste. Dans la lancée d’un premier Chien d’la Casse, son album Selflic (paru chez Born Bad Records fin juin) organise tant bien que mal sa musique, qui demeure par essence bordélique, âpre, violente avec ses motifs répétitifs de synthétiseurs et de percussions de bruit et de fureur.

Le 14 septembre à La Cité des Arts de la Rue (avec Èlg, Tapan et Le Mal des Ardents), Mimi n’accueille rien de moins qu’un des grands musiciens de l’ère électronique, Burnt Friedman. Flirtant avec le jazz et l’improvisation (son projet Flanger demeure un modèle de fusion moderniste), le multi-instrumentiste est accompagné pour ce live du percussionniste iranien virtuose Mohammad Reza Mortazavi. Parallèlement, La Colonie de Vacances présentera sa nouvelle création : ce « groupe » constitué de quatre formations (Papier Tigre, Electric, Pneu et Marvin, soit onze musiciens dont quatre batteries) s’est fait une spécialité du concert quadriphonique, le public étant placé au centre de la performance jouée alternativement à deux, trois ou quatre groupes. Atypique et stimulant.

HERVÉ LUCIEN
Juillet 2018

Mimi
8 au 16 septembre
Divers lieux, Marseille
festivalmimi.com

Photo : La Colonie de vacances (c) Romain Etienne