Métaphore du Paradis

 - Zibeline

«Temps paisible et harmonieux des choses» murmure Joëlle Gardes aux détours du texte Couleurs du temps qui sera lu par Marie Christine Barrault le 10 juin. Où ? Dans un jardin bien sûr, à découvrir au détour de ces flâneries qu’Andréa Ferréol  nous offre pour la 6e année. Un travail de 8 mois de préparation, des bénévoles attentifs, et 80 000€ à récolter, mécénats, subventions… Manque à l’appel cette année la ville d’Aix, alors que cette manifestation sur deux journées la célèbre, et amène à découvrir des lieux cachés, à porter un regard neuf sur les plus connus, habités par des œuvres sculpturales, picturales, animés par 11 concerts et des spectacles (Ballet National de Marseille, cie Didier Théron).

Les Flâneries permettent aussi de rencontrer des artistes, 18 cette année, et de retrouver leurs œuvres hors des galeries, comme une pousse disciplinée ou folle des jardins. On y trouve Le sac d’Andréa Ferréol par Véronique Bigo : les objets représentés racontent le personnage, dévoilent l’intimité, transforment l’objet mort en récit inventé par chacun. Véronique Bigo sourit, citant Duchamp, «c’est le regardeur qui fait l’œuvre». Ici, le voyeur ?

Le sculpteur Jean-Pierre Dussaillant «ne veut qu’apporter un moment de bonheur et d’esthétique». Son matériau préféré ? le bronze, pérenne, avec sa patine, permet un art direct, «pas de bavardage, il faut aller à l’essentiel». Le peintre Mohamed Lekleti questionne directement l’humanité, cherche à en définir la nature et l’unité dans une inspiration nourrie de cultures multiples, et de surréalisme. Ses personnages, travaillés d’une mythologie personnelle, empruntent aux chevaux, aux êtres en devenir, se métamorphosent, exposent leurs trajets, superposent, déforment, cherchant «le propre de l’homme».

Entré en peinture depuis seulement 10 ans, Jean-Louis Foulquier reprend dans ses toiles des «gueules de nuit», qui rappellent l’univers du cinéma dans lesquels il a évolué pendant 40 ans. «Ces tronches, il faut qu’elles apparaissent et me parlent.» Il les jette en grand et contrastes durs sur la toile, comme un fauve pour qui les lumières de la nuit garderaient les couleurs chaudes et la vivacité du sang…

Et il y a encore 14 artistes…. Y a-t-il meilleure manière de flâner ?

MARYVONNE COLOMBANI

Mai 2012

 

Flâneries d’Art

Les 9 et 10 juin

Aix-en-Provence

06 09 11 99 61

www.aix-en-oeuvres.com