Programme culturel -Le festival littéraire Oh les beaux jours !, du 22 au 27 mai à Marseille
Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub

Le festival littéraire Oh les beaux jours !, du 22 au 27 mai à Marseille

Marseille, ville littéraire

• 22 mai 2018⇒27 mai 2018 •
Le festival littéraire Oh les beaux jours !, du 22 au 27 mai à Marseille - Zibeline

Depuis longtemps la ville que les écrivains aiment tant attendait un festival littéraire à son échelle. Oh les beaux jours sont là, enfin !

Avec son beau titre, le nouveau festival littéraire de Marseille revient pour sa 2e édition. Fort de son succès en 2017 avec la fréquentation de 12 000 personnes, il programme plus de 120 invités, soit 60 propositions pour 6 jours de festival, du 22 au 27 mai.

Lors de la conférence de presse du 19 avril, Anne-Marie d’Estienne d’Orves, adjointe à la Culture de la Ville, s’est réjouie de cet « événement phare » qui contribue au rayonnement de Marseille et « permet d’élargir les territoires de la lecture ». On sait qu’elle a dû lutter pour imposer l’idée qu’un festival littéraire ancré dans le territoire était nécessaire à Marseille : pendant des années les énergies littéraires ont été découragées, et Colibris de la Marelle, les rencontres littéraires en librairie ou au Mucem, ont défriché un terrain difficile, puis disparu faute de financements, et à force de clichés : Marseille serait une ville inculte où l’on n’aime pas lire…

Mais la volonté publique de créer un grand festival littéraire a repris du poil de la lettre après MP2013, et a failli aboutir sur un festival importé sans ancrage sur le territoire. Elle s’est concrétisée grâce au projet de l’association marseillaise  Des livres comme des idées créée en 2015, codirigée par Nadia Champesme (libraire, Histoire de l’œil) et Fabienne Pavia (éditrice, Le Bec en l’air). Le conte serait beau si le compte l’était : l’événement est très largement sous-doté, et c’est avec une énergie et un dévouement sans bornes que l’équipe pousse les portes des musées, ouvre ses tiroirs, fait appel à des musiciens, des dessinateurs, investit les théâtres, l’Alcazar, la Friche, le Mucem et la Salle des Rotatives de la Marseillaise. Combien d’années tiendra-t-elle à coup d’emplois aidés et de demi-salaires ? Pourra-t-elle continuer à proposer un festival d’une telle qualité ?

Amour et avenir

Car la qualité y est, et l’abondance… Cela commence le 22 mai avec L’amour 24 fois par seconde, performance littéraire qui réunit sept auteurs autour de scènes d’amour au cinéma qui les ont marqués, rejouées et commentées sous la direction d’Alexandra Tobelaim. Les jours suivants mélangeront les propositions autour de grands thèmes : l’amour, thème de Marseille 2018, puis les relations qu’entretient la littérature avec l’histoire, la fiction, la musique, la bande dessinée, les sciences et la jeunesse… avec des formules originales qui renouvellent l’entretien littéraire : ainsi cinq auteurs au cours de portraits-kaléidoscopes seront mis en relation avec des invités surprise, pour évoquer ce qui les fait vibrer : Laurent Gaudé, Dany Laferrière, Philippe Claudel, Pierre Lemaître et Laurent Mauvignier.

Pour parler d’amour, Marie Darrieussecq et Arnaud Cathrine ont visité six musées de la ville et choisi des objets autour desquels ils ont libéré leur imaginaire : la restitution de l’expérience aura lieu au Mucem le 26 mai ; Isild Le Besco, trois comédiennes et une danseuse livreront des passages du recueil de nouvelles S’aimer quand même ; histoire d’une liaison ratée de Grégoire Bouillier ; enfin Philippe Katerine et un musicien complice évoqueront l’amour mais aussi la mort (Mucem, 27 mai).

Le futur sera revu et corrigé à l’occasion d’une nouvelle traduction de 1984 d’Orwell, jamais réédité depuis 1959 ; un concert dessiné avec cinq dessinateurs sous la houlette d’Alfred mettra en images une scène du roman accompagnée de la musique live de Yan Wagner. Quant à Pierre Ducrozet il livrera avec la musique d’Isard Cambray ses interrogations sur l’avenir de la modernité et la place de l’humain.

Dessin, photo, sciences

Les bédéistes seront à l’honneur : Guy Delisle dessinera la géographie des lieux présents dans l’œuvre de Jean Echenoz, tandis que Sébastien Gnaedig dialoguera avec Sorj Chalandon dont il a adapté Profession du père en bande dessinée.

La photographie aura sa place avec des propositions inédites d’Yves Pagès, qui s’intéresse aux écrits muraux et autres graffitis (Rotatives, 26 mai), Florence Aubenas et Bruno Boudgelal évoqueront leur immersion dans Marseille tandis que Marie Darrieussecq confiera ses souvenirs d’enfance.

Les sciences de la vie proposeront de jeter un nouveau regard sur la Terre avec le philosophe Bruno Latour qui livrera une conférence-spectacle (Criée, 24 mai) ; sur la ville avec Olivia Rosenthal parlera de ses animaux invisibles ; sur le corps et l’esprit avec la romancière Joy Sorman qui lira en musique son dernier roman Sciences de la vie (Mucem, 27 mai).

L’histoire se taille aussi une belle part avec Patrick Boucheron, médiéviste éclairant, qui collabore avec Bruno Allary de la Cie Rassegna, mélangeant les échos et les époques dans Contretemps, spectacle musical inédit avec flûte, guitare et danse. Il sera aussi question de l’histoire des migrations juives avec le roman graphique de Camille de Toledo et Alexander Pavlenko, Herzl, une histoire européenne, et du regard contradictoire des femmes sur mai 68 avec Leslie Kaplan et Isabelle Sommier.

Frictions et ouverture

Pour retrouver leur histoire intime, David Vann et Michèle Audin partiront à la recherche d’échos à leurs écrits dans les collections du Mucem. Et les « frictions littéraires »  mettront face à face trois duos d’auteures, échanges d’expériences et d’univers littéraires : Nathalie Kuperman et Véronique Ovaldé, Jakuta Alikavazovic et Emmanuelle Lambert, Constance Debré et Dominique Sigaud.

Le partage des découvertes littéraires est également un principe : du groupe de hip-hop La Rumeur avec la participation du comédien Reda Kateb lors d’un concert inédit (Fort St Jean, 26 mai). Et les jeunes ne sont pas oubliés : Arnaud Cathrine présentera sa trilogie À la place du cœur, premières expériences amoureuses avec pour toile de fond les événements tragiques de 2015, récit fort et riche qui touchera toutes les générations (Les Rotatives, 25 mai).

Pour les petits ? des conférences dessinées avec les auteurs d’albums de La petite bédéthèque des Savoirs des éditions Le Lombard, des animations ludiques, notamment à La Criée. Et une rencontre scolaire ouverte à tous avec Erik L’Homme, auteur de best-sellers pour la jeunesse, autour de son dernier roman Nouvelle Sparte ((Friche, 23 mai).

Car l’équipe d’Oh les Beaux jours ! travaille toute l’année pour que la littérature devienne, à Marseille, la nourriture quotidienne de tous. Et pour l’offrir, toutes les manifestations en journée sont gratuites et un Pass permet un tarif réduit pour les propositions en soirée…

CHRIS BOURGUE et AGNÈS FRESCHEL
Mai 2018

Oh les beaux jours !
22 au 27 mai
Marseille
09 72 57 41 09
ohlesbeauxjours.fr

Photo : Marie Darrieussecq et Arnaud Cathrine c X-D.R