Le 20e Festival de Marseille, si prometteur qu'il va être difficile de quitter la ville en juillet !

Marseille, bouquet final !

• 14 juin 2015⇒17 juillet 2015 •
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Le 20e  Festival de Marseille, si prometteur qu'il va être difficile de quitter la ville en juillet ! - Zibeline

Apolline Quintrand a annoncé la 20e édition du Festival de Marseille et le nom de son successeur…

L’édition 2014 avait laissé un goût amer : l’annulation de la plupart des spectacles, le conflit musclé avec les intermittents, la présence policière, le désarroi des artistes déprogrammés, des dissensions graves avec d’anciens employés… n’auguraient pas du retournement que la directrice du Festival et son équipe ont su opérer ! Le programme du Festival de Marseille est plus alléchant que jamais, et le successeur enthousiasmant : c’est Jan Goossens, actuel directeur du KVS, le Théâtre royal flamand à Bruxelles, qui prendra les rênes du Festival 2016, après une transition en douceur avec l’actuelle directrice. Lorsque l’on sait comment il a transformé le KVS, pour y proposer des formes innovantes, le sortir de son exclusivité flamande, et faire rayonner ses productions dans le monde, on ne peut que se réjouir de l’arrivée de cet homme engagé et imaginatif !

«Depuis vingt ans le Festival de Marseille danse sur la ligne de faille de l’art et de la politique», affirme l’édito d’Apolline Quintrand. Si faille il y a (l’art n’est-il pas intrinsèquement politique ?), il est certain que le Festival danse, équilibriste, sur ce fil ténu : depuis 20 ans Apolline Quintrand propose des spectacles insoumis par leurs formes, et parfois par leur propos, aux collectivités de gauche mais surtout de droite qui le financent. La Ville de Marseille, en particulier, est indéfectible, et n’a jamais fait partie de ceux qui crient à l’élitisme et voudraient un art prétendument populaire, et volontiers populiste : affirmant sa volonté d’un festival exigeant, de création, international, quitte à n’y rien comprendre, Jean-Claude Gaudin apparaît comme le protecteur tutélaire d’un festival chic, mais qui va aussi dans les quartiers difficiles, offre des places aux CE et aux spectateurs à faibles revenus, est distingué pour ses actions envers les handicapés, et sait parfois s’encanailler avec Marseille Objectif DansE dans un bal tango… Aussi le public s’y renouvelle année après année, jeune, divers, bigarré, même si les pros de la culture y sont aussi en nombre !

Cette année d’ailleurs l’édition commencera par une incursion participative dans les arts de la rue : Willi Dorner travaille avec la chorale des hôpitaux, la Croix rouge et le Samu social, la fanfare des pompiers et des associations d’étudiants, pour explorer les cicatrices de la ville et proclamer We are the City ! Au programme aussi des ciné-danse, un ciné-concert Fado (Gisela João), un bal tango pour clôturer, des restitutions d’ateliers, mais surtout beaucoup de spectacles !

Une seule proposition théâtrale, mais c’est un événement : Mission, produit par KVS, est le bouleversant parcours au Congo d’un prêtre belge, et pose la question de ce que les hommes font au nom de Dieu…

Et puis il y aura… de la danse ! Presque toutes les danses d’ailleurs, celles inspirées par les traditions populaires portées par les plus grands contemporains du genre ; Rocio Molina en solo, Ana Perez et Cristina Hall en duo et la Cie Manuel Linan pour le flamenco, et le Ballet du Capitole pour danser le tango réimaginé par Catherine Berbessou… On y retrouvera aussi deux chorégraphes de notre région qui ont accompagné le festival pendant 20 ans : Guests de Josette Baïz et Zef ! de Michel Kelemenis décoiffent toutes deux, et confirment la vitalité de la danse faite par les gens d’ici…

À ne pas rater non plus : la Cie Candoco qui bouleverse nos idées sur le handicap en faisant danser les corps dits «empêchés», le Ballet de Lyon qui danse néoclassique (Millepied et Forsythe), Hofesh Shechter et sa sublime danse insurrectionnelle, un Sacre du printemps (Daniel Linehan) et puis, en cadeau d’adieu, deux fois Wim Vandekeybus, et deux fois Anne Teresa De Keersmaeker.

Pour ceux qui auraient prévu des vacances ailleurs, il va être difficile de quitter Marseille en juillet !

AGNÈS FRESCHEL
Mai 2015

Festival de Marseille
du 14 juin au 17 juillet
04 91 99 02 50
festivaldemarseille.com

Photos : What The Body Does Not Remember, Cie Ultima Vez © Danny Willems et Hofesh Shechter’s deGeneration, Fragments ©-Iwona Jarosaw Cielikowscy

Hofesh-Shechter's-deGeneration,-Fragments-©-Iwona-Jarosaw-Cielikowscy