Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub

Marsatac, un festival toujours inventif et découvreur

Marsatac voit rouge… Et ça déménage

• 23 juin 2017⇒24 juin 2017 •
Marsatac, un festival toujours inventif et découvreur - Zibeline

Nouveau lieu, nouvelles dates, le festival de musiques actuelles, tendance hip-hop et techno, ne cesse de se réinventer.

Ça devait les démanger. Le plus nomade des festivals phocéens change une nouvelle fois d’écrin. Et comme si ça ne suffisait pas, Marsatac change aussi de dates. Fini ce fameux dernier week-end de septembre qui faisait passer la pilule de la rentrée en prolongeant l’été. Terminé aussi l’ambiance postindustrielle de la Friche la Belle de Mai. Espérons que la froideur des halls du parc Chanot, cumulée au choix d’un des week-ends les plus chargés de la saison en événements culturels, ne fera pas vaciller le vaisseau. Faisons confiance à une équipe qui fait du renouvellement perpétuel son moteur et de la prise de risque son adrénaline. Chacune des trois scènes et les esplanades alentours confient leur habillage à un collectif de plasticiens. Chaque année, le festival se pare d’une identité visuelle qu’il décline dans toute sa communication. En 2017, Marsatac a décidé de marquer les esprits au fer rouge.

Quant à la programmation, elle continue de reposer sur les deux dominantes traditionnelles de la manifestation, le hip-hop et les musiques électroniques. Et promet d’être à la hauteur de l’événement de cette édition : la reformation exclusive d’un mythe, la Fonky Family, entrée dans l’histoire du festival en essuyant les plâtres de la première cuvée, en 1999. Les Marseillais auront affaire à deux grosses pointures américaines : les indétrônables House of Pain, auteurs de l’incontournable Jump around et De La Soul, accompagnés d’un live band. Plus sombre, le rap des Ecossais Young Fathers n’en est pas moins dansant. Celui de Nova Twins se frotte au rock, quand AllttA le fait fricoter avec l’électro pour finir avec un zeste de punk chez les Sud-Africains de Die Antwoord. Nouveaux talents de la scène marseillaise, les Guirri Mafia sont à l’image de leur ville, inévitablement intrigants. Deux autres curiosités du genre à écouter : l’Estonien Tommy Cash et les effrayants $uicideboy$.

Citons enfin le flow acerbe et percutant du compatriote Vald et le rap féministe de Princess Nokia.

Douze ans après leur premier passage, le trio Birdy Nam Nam revient encore plus fédérateur. La prestation live du duo belge Soulwax, accompagné de trois batteries, devrait être redoutable. Comme ces derniers, Nicolas Jaar vient présenter son nouvel album, Electronica, encensé par la critique. Moment de grâce attendu. Conceptuelle et provocatrice, la techno d’Actress peut en devenir inquiétante, à l’instar de celle de Powell qui est un style à elle toute seule. À ne pas manquer, La Meute qui vous fera peut-être découvrir que cette musique peut aussi être interprétée par une fanfare allemande. Le festival convie également le facétieux porte-drapeau de la french touch Mr Oizo. Rencontre choc en prévision entre le vétéran des transes technoïdes Humantronic et Margot Maccario, jeune activiste de la scène locale. Difficile d’évoquer tous les noms de cette 19e édition qui semble vouloir rester dans les mémoires. Citons toutefois le classieux Michael Mayer, le maître Dubfire, le sombre Little Simz ou encore l’électropop désuète de Whomadewho.

THOMAS DALICANTE
Juin 2017

Marsatac
23 & 24 juin
Parc Chanot, Marseille
marsatac.com

Photographie : De La Soul © X-D.R