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Vu par Zibeline

Fondation Luma, exceptionnelle richesse de ses expositions

Luma sur grand écran

• 8 juin 2018⇒6 janvier 2019 •
Fondation Luma, exceptionnelle richesse de ses expositions - Zibeline

Expositions, événements temporaires, projets collaboratifs et propositions à long terme, au fur et à mesure que l’ambitieux projet de Maja Hoffmann approche de son échéance en 2020, le programme de ses activités tend à s’amplifier généreusement

Duo

Inscrite dans le cadre des Rencontres d’Arles, l’exposition phare sera indiscutablement la rétrospective consacrée au duo so british décalé Gilbert & George. Alors que le mythique couple s’est fait des beaux jours sur la scène de l’art contemporain, il met aujourd’hui un terme à ses productions artistiques. The great exhibition 1971 – 2016 sera donc l’occasion unique d’appréhender à travers la sélection de près de 80 œuvres historiques pour 50 ans d’activité – d’activisme ? – dont le grand dessein se donnait de « faire surgir le bigot du libertaire et inversement faire surgir le libertaire du bigot ». Une œuvre humaniste à visée humanitaire où les deux compères se constituaient dès le départ comme auto-références. (2 juillet au 6 janvier 2019)

Durable

À l’ère de l’anthropocène, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur l’impact de l’Homme sur sa planète. Une préoccupation portée par le projet de la fondation Luma, dont bien des artistes se sont emparés à leur manière. Si vous aimez partager la cuisine et souhaitez participer dans une œuvre d’art, Do we dream under the same sky vous ouvre son jardin/abri/cuisine fait de bambou et d’acier. L’œuvre de Rirkrit Tiravanija est une incitation à échanger sur nos comportements en regard du développement durable, tout en cuisinant autrement en compagnie d’architectes, ingénieurs, cuisiniers présents tout au long de l’exposition. Pixel forest de Pipilotti Rist fait appel à davantage de technologie. Cette installation immersive se compose de milliers de lampes led telle la « surface d’un écran qui aurait explosé en mille morceaux », incitant à une appréhension tridimensionnelle et sensorielle de l’image vidéo. Présentée dans plusieurs institutions internationales, l’œuvre vient à Arles sous une forme remaniée spécialement pour la Grande Halle. (jusqu’au 23 septembre). Celle-ci accueille par ailleurs deux films de la collection Maja Hoffmann poursuivant l’esprit de la programmation. APEX (2013) d’Arthur Jafa, montré pour la première fois en France, est inspiré de la culture afro-américaine et des difficultés rémanentes rencontrées par la communauté noire. L’auteur invente ici une forme singulière de huit minutes à partir d’images compilées et retravaillées sur cinq ans sans scénario ni personnages : « Il s’agit en fait d’un modèle de film – un mélange entre une épopée de science-fiction d’un budget de 100 millions de dollars et un film anti-cinéma ». Avec Such a morning (2017), le cinéaste indien Amar Kanwar, interroge la question de la vérité. Un célèbre professeur de mathématiques qui met fin à sa carrière, un wagon abandonné en pleine nature…il en suffit de peu pour poser sous forme poétique bien des préoccupations existentielles hors du conformisme dominant. Plus proche de nous, l’artiste franco-américaine Lily Gavin a couvert le tournage de A la porte de l’éternité de Julian Schnabel, biopic consacré aux deux dernières années de Vincent van Gogh à Arles et Auvers-sur-Oise. Bien qu’appartenant à la jeune génération baignée de numérique, la photographe venue de New York a choisi le médium argentique de grand format (35 et 120mm) : « C’était un peu comme voyager dans le temps. Je vivais dans la réalité interprétée de la vie de Vincent van Gogh en 1886. […] Je n’ai jamais vraiment regardé quoi que ce soit sans caméra car je savais que cette réalité était par nature éphémère. Par ce biais, je me suis également appropriée la réalité de Vincent van Gogh ». Les trois œuvres seront visibles jusqu’au 4 novembre.

CLAUDE LORIN
Juin 2018

jusqu’au 6 janvier 2019
Fondation Luma, Arles
luma-arles.org

Visuels :

Gilbert & George, Naked Park, 1994. Avec l’aimable autorisation de Gilbert & George

Pipilotti Rist, Pixel Forest 2016, vue de l’installation Sip my ocean , Musée d’art contemporain, Sydney, 2017. © courtesy the artist, Hauser & Wirth et Luhring Augustine

Aman Kanwar, Such a morning, 2017, digital video still. Courtesy the artist and M. Goodman Gallery New York, Paris and London