Le Projet Télémachus, 1ère escale varoise de l'itinéraire d’art contemporain Ulysses conçu par le Frac Paca

L’odyssée de Nicolas RubinsteinVu par Zibeline

Le Projet Télémachus, 1ère escale varoise de l'itinéraire d’art contemporain Ulysses conçu par le Frac Paca - Zibeline

Le Projet Télémachus de Nicolas Rubinstein est la première escale varoise de l’itinéraire d’art contemporain Ulysses conçu par le Frac Paca. Une figure odysséenne qui l’a enthousiasmé mais dont il a préféré le fils, Télémaque, resté dans l’ombre du héros, ce père absent… «Je me sens très proche de Télémaque» confesse l’artiste qui a imaginé un projet grandiose en trois temps et trois salles comme pour symboliser les âges de la vie, les passages à l’état adulte. «Il faut que Télémaque abandonne l’histoire de ses parents pour démarrer la sienne, il faut qu’il quitte sa mère et Ithaque» explique Nicolas Rubinstein dont la proposition plastique dépasse l’illustration du thème d’Ulysse pour opérer des questionnements contemporains sur l’hérédité, la mémoire, la transmission du malheur, la construction de soi, l’apprentissage. Et l’absence du père. Des thèmes déjà prégnants dans son œuvre qui prennent ici la forme d’une scénographie spectaculaire, burlesque et inquiétante.

Le parcours est initiatique, métaphorique et autobiographique ; il débute par une série de dessins de cerveaux ailés et de têtes de mort, dont un sur son installation avec l’inscription : «Y’a pas Ulysse, hélas ! C’est là qu’est l’os…». Le plafond de la deuxième salle est prisonnier d’une structure en résille rouge, toile d’araignée géante d’où s’échappent des cerveaux suspendus à un fil. Tandis qu’une horde de cerveaux à queue de souris se répand sur le sol, certains éventrant de vieilles valises et  un piano à queue. Dans la dernière salle, encerclant quatre colonnes, la résille rouge emprisonne un cerveau géant et deux mâchoires de requin, seuls «vestiges» d’une matière qu’il affectionne particulièrement, l’os, «choisi comme symbole de vie et de mémoire», longtemps la base de son vocabulaire. À chaque fois la sculpture dévore l’espace, la première par fragmentation, la seconde par obstruction, et impose au visiteur un déplacement, un contournement : il lui faut lever les yeux au ciel, faire attention où poser ses pas, différencier ses points de vue. Bref, vivre son propre voyage.

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Janvier 2013

jusqu’au 14 avril

Centre d’art Sébastien, St-Cyr-sur-Mer

04 94 26 19 20

http://www.saintcyrsurmer.fr/