Les multiples propositions artistiques du théâtre Durance

Lieu de vie artistique

Les multiples propositions artistiques du théâtre Durance - Zibeline

Telle est l’ambition sans cesse réaffirmée de son directeur, Robert Pasquier, que le théâtre Durance soit un «lieu de vie artistique». Le succès qui en accompagne les différentes activités ne le dément pas. Cette année encore, la programmation suit cette approche éclectique et de qualité avec un accent supplémentaire accordé à la musique avec sept propositions parmi lesquelles le jazz domine, Jazz Racine Haïti du saxophoniste Jacques Schwartz-Bart (10 oct) dont le nouveau CD se nourrit des musiques traditionnelles vaudou, invitation au voyage de Shai Maestro Trio et The road to Ithaca (7 nov), divas sulfureuses du jazz avec China Moses et Raphaël Lemonnier (18 nov), véritable fête du jazz avec la Compagnie Nine Spirit et Raphaël Imbert dans Music is My Home (30 janv), reprise de Love suprême de Coltrane par Dal Sasso et Belmondo Big Band (4 avril). De la chanson pas si douce avec Slums, bidonvilles, inspiré du livre du sociologue Mike Davis, voix soul et guitare (17 fév), et du contemporain avec Hendécaméron par l’Ensemble C Barré (24 avril). La danse animera la scène de ses couleurs, contemporaines, avec la subtilité de Empty movies d’Angelin Preljocaj (3 oct), l’entre-temps esquissé par Laurance Henry de a k entrepôt pour Entre deux pluies (4 fév), le cri de Samedi Détente de Dorothée Munyaneza et la Cie Kadidi, (28 mars) le Rwanda, il y a vingt ans, -se souvient-on encore de l’horreur indicible ?-. Henriette & Matisse joue entre modèle pinceau et peintre brossés par les pas de Michel Kelemenis. Couleur hip-hop enfin, avec Anthony Egéa qui a été en résidence au théâtre Durance l’an dernier et sa nouvelle création virtuose Bliss (17 avril). En résidence aussi l’an dernier, Ottilie fera partager sa nouvelle création Histoires d’O deux, où chant et multimédia se mêlent (20 mars). Évidemment, l’essentiel de la programmation reste le théâtre, têtes d’affiche prestigieuses, Claude Rich et Dominique Pinon pour La Tempête de Shakespeare (27 nov) ou L’école des femmes mis en scène par Philippe Adrien, ou moins connues, mais toujours talentueuses. On goûtera la poésie de Fratrie [il me ressemble comme l’hiver] de Marc-Antoine Cyr mis en scène par Renaud Marie Leblanc (17 oct), on vivra une coupe du monde Italie Brésil 3 à 2 palpitante même si on n’aime pas le foot, par la Compagnie Tandaim-Alexandra Tobelaim (15 nov), on appréciera la féroce gaité de Discours à la nation d’Ascanio Celestini et David Murgia (12 déc), on sera séduits par Pinocchio, d’après l’étrange rêve de Monsieur Collodi de Sandrine Gauvin et Sarah Gabrielle (19 déc), le conte devient numérique avec Tête haute de Joël Jouanneau et le Collectif MxM de Cyril Teste (13 janv), la thématique du passage trouve d’étranges cheminements avec Ponts suspendus de Gustavo Giacosa, puis, en renversement des notions, c’est un Indien qui découvre l’Europe dans Il Mondo senza il Tutto, une épopée rocambolesque par Skappa ! (11 mars). À cela ajoutez le cirque, Durance hors les murs et un nouvel artiste associé au théâtre, Yoann Thommerel qui prend le relais de Sonia Chiambretto. Quel beau cadeau à la nouvelle directrice, Élodie Presles, qui prendra ses fonctions en octobre !

MARYVONNE COLOMBANI
Septembre 2014

Photo : Fratrie-c-Didascalies and Co

Théâtre Durance
Avenue des Lauzières
04160 Château-Arnoux-Saint-Auban
04 92 64 27 34
http://www.theatredurance.fr/