Que nous réserve le Festival International d’art lyrique d'Aix-en-Provence ?

L’été du grand-Aix

• 4 juillet 2013⇒27 juillet 2013 •
Que nous réserve le Festival International d’art lyrique d'Aix-en-Provence ? - Zibeline

On n’oublie pas que le Festival d’Aix affiche une «ouverture» lyrique intéressante en juin : après des manifestations autour du cinquantenaire Francis Poulenc, on découvre une série de concerts consacrés à Mozart et Britten (centenaire oblige !) par les «Jeunes voix lyriques» de l’Académie Européenne de Musique. Le chœur multiculturel Ibn Zaydoun et les voix corses d’A Filetta s’invitent également au prélude, quand l’événement le plus attendu reste l’«Opéra pour chœur d’enfants» Brundibár d’Hans Krása (1899-1944). Une fable d’autant plus chargée d’émotion qu’elle fut créée en 1943 au camp de concentration de Terezin ! Elle est symboliquement représentée les 21 et 22 juin sur le site-mémorial du Camp des Milles, lieu de passage, d’internement et de déportation d’artistes et intellectuels qui y «créèrent pour résister» à l’horreur nazie. On ne manque pas non plus la désormais traditionnelle Parade[s] qui, sur le Cours Mirabeau, offre gratuitement aux aixois, en 2013, des airs célèbres de Rigoletto (30 juin).

Cinq opéras

En dehors du controversé Don Giovanni (pour la mise en scène de Dmitri Tcherniakov / production 2010 du Festival), on découvre quatre autres opéras, vitrines de la manifestation lyrique, dont un populaire Rigoletto mis en scène par Robert Carsen pour une luxueuse coproduction avec les Opéras du Rhin, Genève, du Bolchoï et de La Monnaie. À l’Archevêché, Mozart et Verdi sont servis par le London Symphony Orchestra.

Dans l’écrin du Jeu de Paume on profite d’un «Dramma per musica» écrit au XVIIe siècle par Francesco Cavalli… et plus représenté depuis ! Elena, inspiré librement de l’histoire de l’antique et sensuelle Hélène est dirigé par Leonardo García Alarcón.

C’est un autre mythe grec, mis en musique par Richard Strauss (qu’on a pu apprécier aussi cette saison à l’Opéra de Marseille) qui attire particulièrement l’attention. D’abord pour la puissance expressive d’Elektra, mais aussi une affiche exceptionnelle au Grand Théâtre de Provence. Cette coproduction de La Scala, du Met, des Opéras d’Helsinki, du Liceu de Barcelone et du Staatsoper de Berlin est mise en scène par Patrice Chéreau quand l’Orchestre de Paris est dirigé par Esa-Pekka Salonen. La distribution vocale est à la hauteur de l’événement avec Evelyn Herlitzius, Waltraud Meier, Adrianne Pieczonka et Mikhail Petrenko dans les quatre principaux rôles.

On se dirige enfin vers le Grand Saint-Jean pour assister à la création contemporaine du festival. Né en 1977, le compositeur Vasco Mendonça compose The house taken over «texte pour musique» d’après La maison occupée de Julio Cortázar.

Les concerts

L’Orchestre de Paris, dirigé par Alain Altinoglu avec la mezzo Nora Gubitch et le violoniste Vadim Repin (12 juillet), par Esa-Pekka Salonen avec la basse René Pape (18 juillet), le London Symphony Orchestra dirigé par Gianandrea Noseda avec le ténor Ian Bostridge (17 juillet), offrent les grands moments symphoniques du festival au Grand Théâtre de Provence.

Jean-Marc Aymes aux claviers, avec la soprano Maria Cristina Kiehr (16 juillet), ou en solo (24 juillet), occupent l’Eglise Saint-Jean de Malte pour de la musique italienne du Seicento, quand la musique de chambre résonne au Théâtre du Jeu de Paume grâce au Quatuor Jerusalem (10 & 12 juillet) ou au Camp des Milles avec le Quatuor Bela (8 juillet).

L’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée (dir. Kristjan Järvi) et le Groupe Grenade de Josette Baïz unissent leurs talents pour une chorégraphie du Roméo et Juliette de Prokofiev augmenté de textes de Frédéric Nevcherlian (26 & 17 juillet au GTP).

JACQUES FRESCHEL
Juin 2013

Photo : Don Giovanni c Pascal Victor – Artcomart

Festival International d’art lyrique

jusqu’au 27 juillet

Aix-en-Provence

0820 922 923

www.festival-aix.com/fr

Festival International d’Art Lyrique d’Aix en Provence
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http://www.festival-aix.com/