L'excellence des musiques du monde, aux Suds à Arles

Les Suds à Arles, « un des meilleurs festivals de France »

• 12 juillet 2021⇒18 juillet 2021, 12 juillet 2021⇒18 juillet 2021 •
L'excellence des musiques du monde, aux Suds à Arles - Zibeline

C’est Piers Faccini qui le dit. Entretien avec l’un des invités d’une 26e édition aux promesses exaltantes.

Zibeline : Votre album Shapes of the fall est une éloge de la contemplation de la nature à l’aune de l’effondrement écologique. Reflète-t-il votre quotidien ?

Piers Faccini : Ma vie dans les Cévennes se ressent dans tous les aspects de l’album, particulièrement dans l’inspiration et la genèse des chansons. Dans mon quotidien d’observation de la nature, je constate l’impact du réchauffement climatique sur la faune et la flore. C’est pour le moment moins dramatique que l’Amazonie qui brûle mais on n’en est pas à l’abri dans le Sud de la France.

Vous avez une approche transdisciplinaire de l’art. Musique, écriture et peinture entrent-elles en dialogue ?

J’ai découvert l’amour de la peinture et de la musique au même moment, autour de 11-12 ans. J’ai passé du temps à penser qu’il fallait choisir l’une plutôt que l’autre. La peinture a d’abord pris le dessus car pendant des années je ne montais que très peu sur scène. Vers la trentaine, cela a basculé. Mais j’ai l’impression parfois que les chansons sont des images et que les tableaux sont des musiques.

Comment s’est construit votre univers musical qui tisse un lien naturel entre la folk, les musiques anciennes et celles de Méditerranée ?

C’est d’une part la manière dont j’ai grandi, en voyageant beaucoup entre l’Angleterre, la France et l’Italie. Dans la voiture, on pouvait écouter les Beatles, Jacques Brel, Fabrizio De André, la chanson napolitaine, Bach… J’ai donc eu accès à une culture linguistique et musicale assez riche. Mes grands-parents aussi écoutaient des musiques différentes. On me colle souvent une étiquette d’apatride, de nomade. N’ayant pas vraiment un endroit dont je dis « je suis d’ici », c’est devenu une pratique existentielle et identitaire. J’ai un côté archéologue de la chanson dans mon travail.

Pourquoi chantez-vous essentiellement en anglais ?

La relation à la langue est presque inconsciente. Quand j’écris un texte, j’essaie de vivre chaque mot et la meilleure façon que je puisse le faire est dans ma première langue. L’autre raison, pour cet album, est un parti-pris. Considérant la musique comme une conversation, j’ai voulu porter l’anglais vers des modes et des rythmes qui ne lui sont pas associés, pour voir ce qui se passe.

Vous allez jouer un 14 juillet, dans un théâtre romain, pour un festival de musiques du monde. La symbolique en dit long sur votre musique…

Pour moi, Les Suds à Arles est sans aucun doute un des meilleurs festivals de France. C’est très inspirant. Il y a une énergie incroyable dans ces pierres. Tous les auteurs-compositeurs recyclent des formes anciennes. Notre originalité tient dans la façon dont on construit l’assemblage.

PROPOS RECUEILLIS PAR LUDOVIC TOMAS
Juin 2021

Piers Faccini se produit également le 2 juillet à Briançon (Terre sauvage), le 17 à Uzès (Autres rivages) et le 21 à Abbaye de Valmagne, Villeveyrac (Festival de Thau, lire P.104).

Les Suds à Arles
12 au 18 juillet
suds-arles.com

Photo : Piers Faccini © Julien Mignot



Au programme :

Instants privilégiés du festival, les « Moments précieux » déménagent vers le site archéologique des Alyscamps. Cela commence par de la musique classique persane avec Atine (13 juillet), folk nomade de Piers Faccini (le 14, exceptionnellement au Théâtre antique), grâce flamenca de Rocío Márquez (le 15), fado 2.0 avec Lina_Raül Refree (le 16), chansons du sud de l’Italie revisitées par Pino de Vittorio (le 17). Les grandes soirées au Théâtre antique offrent chaque soir un double plateau atypique : Ladinava/Flavia Coelho (le 13), Cocanha/Goran Bregović (le 15), Leyla McCalla/Souad Massi (le 16), Oum & M-Carlos/Gaël Faye (le 17). Les Suds, c’est aussi une majorité de rendez-vous gratuits dont les « Scènes en ville » de l’après-midi. On y verra Murman Tsuladze, Oriane Lacaille, Madalitso Band, Lùa, Sahra Halgan et nos coups de cœur Crimi et Mandy Lerouge.

LT