Promenade varoise et souvenirs argentiques de Bernard Plossu, au Lavandou

Les souvenirs varois de Bernard PlossuVu par Zibeline

• 27 février 2020⇒21 mars 2020 •
Promenade varoise et souvenirs argentiques de Bernard Plossu, au Lavandou  - Zibeline

Dans l’opuscule publié par la Villa Théo à l’occasion de l’exposition Promenade varoise, de Toulon au Lavandou, Bernard Plossu fait ressurgir ses souvenirs d’enfance : sa découverte de l’île de Porquerolles en 1963, son voyage de noces à l’île de Port-Cros en 1986, ses nombreuses incursions photographiques à la Villa Noailles, à la Villa Tamaris, et sur les routes du littoral. Un chapelet de souvenirs réactivés à l’aune de l’invitation de Raphaël Dupouy à pérégriner au Lavandou, le sac à dos plein d’une dizaine de rouleaux de pellicule argentique. Octobre 2019 : « Alternant deux attitudes – aller chercher la photo ou la laissant venir à lui – l’artiste regardait le monde comme un poète surréaliste » préface Raphaël Dupouy, son guide. Des balades dans ce qui fut un ancien hameau de pêcheurs, sur la page de Saint-Clair, les rivages de Port-Cros… de quoi lui offrir « une douce paix propice à la photographie » et réactiver sa mémoire.

D’ailleurs, sortis des archives de l’Hôtel des arts de Toulon, des tirages anciens côtoient les travaux de commande, faisant renaître des lieux disparus, urbanisés ou colonisés par le tourisme… Une douceur diffuse, comme on dirait de la lumière automnale, se propage jusque dans le regard du spectateur enveloppé à son tour d’une nostalgie bienheureuse. Face aux cieux envahissants pris en 1976 et en 2019, aux ruelles de Saint-Clair en 2012 et 2019, un constat s’impose : les photographies de Bernard Plossu sont intemporelles. Un halo désuet tronque notre perception du temps. Pourtant tout est à l’identique : les dégradés ombrés, les contrastes noirs et de blancs immuables, les sujets décentrés, les détails invisibles à l’œil pressé, les tirages couleur Fresson, moins connus mais déjà présents dans son travail aux États-Unis dans les années 60. Et cette clarté que seul le grain poudré d’un papier, parfois, vient embuer. Une touche, reconnaissable entre toutes, subjective, devenue « classique » à force de modernité.

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Février 2020

Promenades varoises, de Toulon au Lavandou
jusqu’au 21 mars
Villa Théo, Le Lavandou
04 94 00 40 50 villa-theo.fr

Photo : © B.Plossu, 26,8×17,8 cm, Villa Raynaud et pointu-2012