Les Illustres, les exhumés et les polymorphes

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Le Festival d’Aix est attendu par les curieux d’opéras appréciant les belles voix, mais aimant aussi découvrir des lectures originales du répertoire par de grands metteurs en scène

À Aix, Mozart est toujours à l’honneur ! On affiche deux opus du Salzbourgeois. D’abord un monument : Les Noces de Figaro enluminées par les touches baroquisantes du Cercle de l’Harmonie (orchestre) et des Arts Florissants (chœur) dirigés par Jérémie Rohrer. Les décors sont signés Chantal Thomas pour une mise en scène de Richard Brunel. On y entend, entre autres, le baryton Paolo Szot (Le Comte), la soprano Patricia Petibon (Suzanne) ou la basse Mario Luperi (Bartolo)…

La Finta Giardiniera (La Fausse Jardinière) est bien moins courue. L’opéra buffa fut composé alors que Wolfgang n’avait que 18 ans. On découvre cet ouvrage rare dirigé par Andreas Spering et mis en scène par Vincent Boussard.

La sphère baroque croule en l’ère Bernard Foccroulle ! David et Jonathas de Marc-Antoine Charpentier est dirigé par l’inusable William Christie, quand Andreas Homoki propose une version scénique exceptionnelle de la tragédie biblique exhumée en 1981 après trois siècles d’oubli.

On attend ce que donneront les chanteurs et musiciens de l’Académie baroque européenne d’Ambronay (dir. Leonardo Garcia Alarcon) dans la farce en un acte La cambiale di matrimonio de Rossini, mise en espace par Stephan Grögler, comme ceux de l’Académie européenne de Musique dans la fantaisie lyrique de Ravel/Colette : L’Enfant et les Sortilèges (direction musicale Didier Puntos et mise en scène Arnaud Meunier).

Fidèle à sa mission de création d’un répertoire contemporain, la manifestation propose deux productions : George Benjamin dirige le Mahler Chamber Orchestra et son propre opéra Written on Skin, inspiré d’une légende occitane du XIIe siècle, alors qu’on découvre un opus tiré de l’histoire des Black Panthers, né de la rencontre d’artistes, collectif polymorphe réuni autour du plasticien Jean-Michel Bruyère : Une Situation Huey P.Newton.

 

Les concerts

À côté des opéras, le festival propose de magnifiques concerts, souvent plus abordables. On se bousculera à nouveau pour écouter le London Symphony Orchestra dirigé par Valery Gergiev : deux soirées où l’on entend le violon de Nicolaj Znaider (Concerto de Tchaïkovski) et la soprano Renée Fleming ! Les Arts Florissants sous les baguettes de William Christie et Paul Agnew font chanter le baroque français de Charpentier, Lully, Rameau… Le Mahler Chamber Orchestra avec Pierre-Laurent Aimard, l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée (dir. François Xavier Roth) et le baryton Thomas Dolié complètent le versant symphonique du programme.

Les récitals ou la musique chambre parachèvent l’affiche avec Michel Bouvard (orgue), Marc Coppey (violoncelle), Béatrice Martin (clavecin), Mari Eriksmoen (soprano), Eric Le Sage et Frank Braley (pianos), Alexandre Tharaud dans une Nuit Ravel avec le Trio Dali, une Soirée Satie (mise en scène Jean Bellorini), et des musiques du monde andalouses ou d’Azerbaïdjan…

Le festival accompagne enfin des jeunes talents, comme les Lauréats HSBC de l’Académie Européenne de Musique, véritable foyer d’artistes lyriques qu’on découvre en juillet.

JACQUES FRESCHEL

Juin 2012

 

Festival International d’Art Lyrique

Du 5 au 27 juillet

Aix-en-Provence

 


Festival International d’Art Lyrique d’Aix en Provence
0820 922 923
http://www.festival-aix.com/