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Le Centre de Développement Chorégraphique National d’Avignon menacé mais combatif

Les Hivernales sont sur le pont

• 6 juillet 2019⇒20 juillet 2019 •
Le Centre de Développement Chorégraphique National d’Avignon menacé mais combatif - Zibeline

Menacé par l’annonce de la mise en vente de son lieu, le CDCN d’Avignon propose un festival d’été plein d’énergie positive.

Le Centre de Développement Chorégraphique National d’Avignon, parmi les 12 répartis en France, porte haut sa mission de création, de représentation, de formation. Et ce en direction des artistes, qui bénéficient d’un lieu de résidence et de diffusion, mais aussi, et c’est ce qui est remarquable dans le cas de celui d’Avignon, envers les publics. C’est en effet tout un art aussi, de convier les spectateurs à découvrir et s’approprier le travail mené par les chorégraphes contemporains. Les Hivernales, tout au long de l’année, mène des actions de sensibilisation auprès de publics variés, en particulier les jeunes (1700 cette année), qui s’initient au regard mais aussi à la pratique. Une histoire de rencontres et de créations (13 équipes artistiques cette saison) qui dure depuis plus de 40 ans, et qui se voit, malgré le succès public et les nombreux partenaires fidèles et engagés, menacée par la perte de son théâtre mis à la vente. Fort de ses soutiens et d’une fréquentation jamais démentie, le CDCN d’Avignon propose pour cet été un festival généreux et ambitieux, et, sans faire l’autruche, mise sur l’optimisme que lui permet sa position centrale et légitime dans le paysage chorégraphique local. À Avignon, On (y) danse aussi l’été (et pas seulement pendant Les Hivernales de février) : en effet, 9 spectacles et beaucoup d’autres rendez-vous donnent à ce festival une saveur particulière, entre découvertes et sentiment d’être accueilli « comme à la maison ».

Co-accueilli par le Festival d’Avignon, le concert chorégraphique (création sonore : Nicolas Martz) de Nina Santes et Célia Gondol, recréation d’un spectacle créé en 2016, offre une majestueuse entrée dans l’univers de la « danse contemporaine », qui déborde joyeusement les cadres pour faire une flopée de pas de côté. Leaf, constitué de morceaux chantés, dansés, parlés, duo théâtral aussi bien que chorégraphique, raconte un couple, évoque les bruits de l’amour et du chaos dans une fulgurance tout animale. L’un des plus éminents chorégraphes taïwanais, dont le Floating flowers a conquis le public international, revient avec Rage, inspiré du roman éponyme du japonais Yoshida Shuichi, lui même adapté au cinéma par Lee Sang-il. Po-Chen Tsai nous livre sa vision dansée (8 interprètes) de ce polar, reflet de l’âme humaine. Entre France et Vietnam, Sébastien Ly produit des cycles hybrides, reliant photos, danse, architecture, dans des installations mouvantes. Nhà permet à Camille Revol et Lisa Robert d’élaborer un véritable dialogue de corps avec une sculpture chorégraphique qu’elles envisagent comme un partenaire. Le collectif avignonnais Naïf Production revient avec son Des gens qui dansent, présenté lors de l’édition hivernale. Des gens encore, avec Näss de Fouad Boussouf (näss signifie en effet « les gens » en arabe). En l’occurrence, ce sont ici 7 hommes qui incarnent et revendiquent la dimension populaire et urbaine de la danse hip-hop. Il sera aussi question de l’autre versant des gens, avec le Ef_femininity de Marcel Schwald et Chris Leuenberger (accueilli en partenariat avec la Sélection suisse en Avignon) qui tente de tordre le cou à la valeur péjorative du terme « efféminé ». Une belle façon d’aborder le concept de genre.

ANNA ZISMAN
Juin 2019

On (y) danse aussi l’été
6 au 20 juillet
Les Hivernales – CDCN d’Avignon, Avignon
04 90 82 33 12 hivernales-avignon.com

Photo : Rage, de Po-Chen Tsai © Ren-Haur Liu


Les Hivernales
18 rue Guillaume Puy
84000 Avignon
09 63 53 58 55
http://www.hivernales-avignon.com/