Baobabs, nouvelle création de Josette Baïz et sa compagnie Grenade

Les enfants pour sauver le mondeVu par Zibeline

• 13 novembre 2020⇒14 novembre 2020 •
Baobabs, nouvelle création de Josette Baïz et sa compagnie Grenade - Zibeline

La Cie Grenade présente sa nouvelle création, Baobabs, une aventure qui mobilise les plus jeunes de la troupe. Entretien avec la chorégraphe par Josette Baïz.

Zibeline : Comment est née votre nouvelle création Baobabs ?

Josette Baïz : Ces dernières années, nous avons beaucoup travaillé avec de grands chorégraphes contemporains, ce qui nous a permis une belle évolution. J’ai eu envie de revenir aux « bases » de Grenade, ces débuts où je travaillais avec les tout-petits enfants. Je souhaitais aussi me confronter de nouveau à la création chorégraphique. Aussi, j’ai entrepris de mettre en scène les plus jeunes de la compagnie (entre huit et treize ans), réalisant un projet que je mûrissais depuis longtemps. Aujourd’hui, une multitude de questions se pose à propos de la planète, et je me suis demandé comment en donner une vision un peu différente et propre à l’enfance. En titre s’est imposé le baobab, car c’est l’arbre qui résiste malgré toutes les déforestations. Avec le scénographe Dominique Drillot et l’auteure Dominique Duby, j’ai mené une véritable enquête auprès des enfants et petit à petit tous les questionnements sont ressortis : bien sûr le climat, le sort des animaux, mais aussi le problème du plastique dans les océans, des enfants qui travaillent dans des détritus, les tsunamis, la fonte des glaces… Pour orchestrer tout cela j’ai pris l’axe de la poésie parce que les enfants la comprennent, ils l’ont à l’intérieur d’eux-mêmes depuis leur plus jeune âge.

Une écriture complexe…

Oui, à la danse s’ajoutent la projection d’images -un mélange assez incroyable concocté par Luc Riolon qui est un peu le Monsieur danse en matière de vidéo et de cinéma-, la formulation de textes écrits par les enfants et un florilège de poèmes.

Pour la chorégraphie, j’ai pris le parti de montrer à la fois les merveilles de ce monde et ce qu’on en a fait, en une espèce de recto-verso. On obtient un objet un peu surréaliste, poétique, accordé à la vision d’enfants par une palette d’émotions très fortes. Les jeunes danseurs doivent passer de l’une à l’autre sans arrêt, de la sérénité empreinte d’une certaine gravité à la colère. Ils arpentent la planète, en partant de l’Afrique, comme une tribu chassée par la sécheresse, et traversent des moments d’émerveillement suivis d’angoisses terribles. Cela fait une heure très dense, on va voir si les plus petits tiennent le coup c’est encore un gros challenge !

Comment la musique s’est articulée à cette écriture chorale ?

Thierry Boulanger compose une musique très poétique avec tout le métissage que nous avons dans Grenade, il peut aller de l’orient à l’électro-pop. Il se trouve que nous avons commencé à travailler au moment où le confinement est arrivé. Il était confiné à Miami ! Nous avons communiqué par visio-conférence, avec des allers et retours en ping-pong. Sa musique suit toutes les étapes, du décor à son envers, ainsi, un lieu multicolore s’avère être une décharge où triment des enfants…

Quelle lourde charge !

Je leur fais confiance, je sais qu’ils ont une façon à eux d’interpréter les choses, de décrypter la planète, qui séduit le public. Le confinement nous a contraints à travailler par Zoom, avec les décalages de son ! La fin du spectacle a été transformée, les enfants devaient passer dans le public, toucher des mains et partir par le haut du GTP. Ce sera une méditation toute simple : leurs regards, leurs cœurs ouverts sont sans doute la réponse à tout cela. Ce sont eux, nos porteurs d’espoir…

Entretien réalisé par Maryvonne Colombani
Septembre 2020

Baobabs
13 & 14 novembre
Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence
08 2013 2013 lestheatres.net

Photographie : Baobabs, Groupe Grenade © O. Putz

Grand Théâtre de Provence
380 Avenue Max Juvénal
13100 Aix-en-Provence
08 2013 2013
http://www.lestheatres.net