Les corps disparus

• 30 juin 2016⇒16 juillet 2016 •

L’installation de Tania El Khoury, particulièrement émouvante, possède une véritable force politique, parce qu’elle rappelle à chacun que les activistes de Syrie se battaient contre une dictature soutenue par l’Europe. La pièce est conçue comme un cérémonial, qui rend hommage aux « martyrs » de la révolution syrienne, enterrés dans des jardins anonymes parce que le régime leur a interdit une sépulture officielle. On y pénètre comme dans un cimetière de terre, on s’approche d’une tombe, et la voix qui s’en échappe raconte les histoires, vraies, recueillies auprès de proches, à la première personne. La cérémonie, intime, semble pouvoir réparer l’injustice et le silence de ces morts, un jeune homme de 22 ans qui voulait éduquer les enfants, une institutrice, auxquels chaque spectateur écrit une lettre qui sera communiquée à ses proches.

L’artiste disait que ces mots parlaient étrangement du rapport à la mort des spectateurs, qui livraient des histoires intimes, plutôt que des paroles de consolation ou leur sentiment sur la Syrie, la révolution, la résistance. C’est que l’humanité dégagée par ce dispositif est plus forte encore que sa dimension politique, et plus efficace sans doute, par l’empathie qu’elle génère.

AGNÈS FRESCHEL
Juillet 2016

Gardens Speak
du 30 juin au 16 juillet

Les cérémonies ont lieu à 15h, 16h et 17h, en français ou en arabe, au théâtre de la Joliette-Minoterie, Marseille, dans le cadre du Marseille Jazz des cinq continents

Théâtre Joliette
2 place Henri Verneuil
13002 Marseille
04 91 90 74 28
www.theatrejoliette.fr