Week-end à Hyères ? Le Midi Festival, du 20 au 22 juillet

Le summer of love d’Etienne Daho à Midi

• 20 juillet 2018⇒22 juillet 2018 •
Week-end à Hyères ? Le Midi Festival, du 20 au 22 juillet - Zibeline

Belle prise pour le Midi Festival ! Etienne Daho sera la tête d’affiche d’un festival encore confidentiel il y a quelques années et qui a su, contre vents et marées, se hisser au niveau des rassemblements européens.

Grâce à son audace de programmation sur les registres de la pop, du rock et de l’électro (précurseur, voire un peu idiosyncratique), les sites valorisants et à taille humaine investis à Hyères(notamment l’emblématique Villa Noailles et ses jardins hauts perchés), l’événement varois réussit aujourd’hui à attirer un artiste majeur de la chanson pop française. Parrain de l’édition 2016, spectateur l’an dernier, le Rennais s’est permis un petit caprice d’été, lui qui habituellement remplit en Province les grandes jauges plutôt impersonnelles (une date est programmée au Silo le 23 novembre). Cette venue intervient au moment idéal : après ses Chansons de l’Innocence Retrouvée, Etienne ouvrait logiquement une nouvelle page blanche, pas toujours évident pour un artiste aux treize albums (dont une Résérection et une Réévolution !). Son nouvel album entame idéalement ce nouveau-nouveau chapitre avec un retour aux origines de ses influences : la pop d’inspiration anglaise, aux accents psychédéliques. On sait depuis sa reprise d’Arnold Layne des Pink Floyd de Syd Barrett (sur Tombé pour la France en 1987), comment cet héritage psyché-pop, démocratisé en 1967 par le summer of love à San Francisco, infuse dans ses compositions et son interprétation. Sur Blitz, la référence est d’autant plus audible qu’elle a été réactivée récemment à l’écoute de jeunes groupes comme Moodoïd, qui ont sur adapter ce feeling plutôt insaisissable en français et dont le son a clairement façonné la production de cet opus. La voix toujours aussi juvénile à 62 ans, Daho demeure ce grand frère qui ouvre la voie et s’approprie sans sourciller les chevauchées guitaresques déglinguées des Filles du Canyon etVoodoo Voodoo, les ballades symbolistes de Chambre 29 ou du Jardin, les airs indianistes et drogués de The Deep End ou la majestueuse élégie L’Étincelle.

Bêtes de scène atypiques

L’Hippodrome d’Hyères, comme en 2011, 2012 et 2013, accueillera sur deux soirs (et sur deux scènes) les concerts, dont celui de Daho, le vendredi 20. Le même soir, belle rencontre, Baxter Dury reviendra à Midi (qu’il avait visité pour l’édition d’hiver de 2011). Avec Prince of Tears paru l’an dernier, le fils de l’icône punk Ian Dury livre un nouveau chapitre de son grand livre des désillusions commencé il y a quinze ans avec Len’s Parrot Memorial Lift (composé juste après la mort de son père), qui déjà exposait sa capacité à suggérer les riches reliefs de son introspection nonchalante à travers une musicalité paradoxalement fruste, portée par une rythmique répétitive et des paroles parlées. Attention : contre toute attente, l’artiste à sang froid est aussi une atypique bête de scène. La shoegaze de Marble Arch, le blues cosmique de Lost Under Heaven (nouveau groupe d’Ellery Roberts, ex-Wu Lyf), la pop-psyché d’Halo Maud (ex-musicienne de Melody Echo Chamber) et le cold-grunge du décidément inclassable Jessica93 accompagnent ces deux têtes d’affiche.

Le lendemain samedi 21 Neneh Cherry et Juliette Armanet occuperont la grande scène, les devanceront au line-up la chanson-électro iconoclaste et minimaliste de Flavien Berger (de retour après un premier passage mémorable il y a deux éditions), le hip hop tout-terrain du MC anglais favori de Drake Octavian, l’étonnant rap métaphysique d’Aloïse Sauvage (par ailleurs danseuse et comédienne vue dans 120 Battements par Minutes de Robin Campillo) ou la pop naïve et élégante de Ricky Hollywood.

Pour les fans de dancefloor, le vendredi aura droit à son after électro Midi Night, Routes des Marais, avec notamment la house allemande d’Axel Boman, Job Jobse et quelques pépites issues de la Red Bull Academy. Le trip hop psychélique de Matty, puis Bertrand Burgalat, entouré de Catastrophe et de son backing band historique A.S. Dragon clôtureront le festival dimanche 22 à la Villa Noailles, ce qui constitue au résultat un summer of love plutôt honnête.

HERVÉ LUCIEN
Juillet 2018

Photo : Etienne Daho -c- Pari Dukovic

Midi Festival
20 au 22 juillet
Routes des Marais, Villa Noailles et Hippodrome à Hyères
midi-festival.com

Villa Noailles
Montée Noailles
83400 Hyères
04 98 08 01 98
http://www.villanoailles-hyeres.com/