Avignon se poursuit

Le spectacle continue…

• 7 juillet 2014⇒27 juillet 2014 •
Avignon se poursuit - Zibeline

Dans Lied Ballet, Thomas Lebrun revisitait le patrimoine chorégraphique, confrontant les deux formes majeures de l’époque romantique, et leur glissement de la notion de populaire à savante. Trois actes performatifs, d’une écriture et interprétation minutieuses, utilisant à l’extrême codes lyriques et théâtralité affectée, Schubert, Mahler, extase et volupté… au risque de pêcher par application. Une pièce élégante et érudite, sans impétuosité débordante, qui ouvrait, en étant programmée au Cloître des Carmes, à un inconfortable parallèle avec la fiévreuse Tragédie de Dubois… De danse, il sera encore question dans cette seconde partie du Festival. I am devrait être un moment fort de la Cour, le chorégraphe néo-zélandais Lemi Ponifasio, à la lisère du politique et du mystique, ayant réuni des artistes d’ici et d’ailleurs pour participer «à une cérémonie en l’honneur des vingt millions d’êtres humains morts pendant la Première Guerre mondiale» (du 18 au 23). Julie Nioche, dans une recréation de Matter (du 20 au 27) rassemble aussi une «tribu», de femmes. Et Robyn Orlin, des danseurs formés à l’école des Sables de Germaine Acogny (jusqu’au 18).

Un florilège de musiques à venir : le cabaret égyptien Haeéshek… (jusqu’au 18), An Old Monk à la Chartreuse (du 16 au 21), Cinq Chants du 20 au 24 dont Interzone, le Cycle de Musiques Sacrées (du 20 au 25), le festival électro Résonance (26 et 27) et les Têtes raides et Jeanne Moreau, en clôture le 27.

Et du théâtre à foison, politique, sociétal, historique (militant ?) : Mai juin juillet par Schiaretti avec Robin Renucci en Vilar (jusqu’au 19) pourrait faire jaillir le débat attendu, Intérieur de Claude Régy (jusqu’au 27), Von Kleist (repetita) pour Corsetti dans La famille Schroffenstein (16 au 19), La Imaginación del futuro (17 au 25), Solitaritate (19 au 27), Notre peur de n’être de Fabrice Murgia (21 au 27), Henry VI en 18 heures (21, 24 et 26), La Ronde du carré par Dimitris Karantzas (22 au 25), Thomas Ostermeier de retour avec Le Mariage de Maria Braun (23 au 27), 2014 comme possible de Didier Ruiz avec le témoignage d’adolescents d’Avignon (24 au 27), Hugo visité par Guénoun et l’ISTS dans les Pauvres gens (24 au 26), La chaste vie de Jean Genet de Lydie Dattas (26). Les enfants investiront le lieu qui leur est destiné (Pénitents Blancs), avec Même les chevaliers tombent dans l’oubli (jusqu’au 20), et les Contes de Grimm version Olivier Py, si les adultes leur cèdent la place (23 au 27).

Marie-Agnès Gillot et Lola Lafon créeront pour les Sujets à Vifs (jusqu’au 24) et, jusqu’au 27, les Ateliers de la pensée accueilleront des dialogues artistes/spectateurs, et des rencontres (Notre part d’enfance, le 17, dans le cadre de la Belle Saison soutenue par le Ministère de la culture), sur le site Pasteur.

DELPHINE MICHELANGELI
Juillet 2014

Le Festival d’Avignon se poursuit jusqu’au 27 juillet

Photo : Solitaritate-(c)-Paul-Baila