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Vu par Zibeline

La Région Sud-PACA au Salon du Livre à Paris

Le Salon du Livre a ouvert ses portes à Paris

• 16 mars 2018⇒19 mars 2018 •
La Région Sud-PACA au Salon du Livre à Paris - Zibeline

Absente de l’édition 2017, la Région Sud-PACA s’est vite remise sur pied pour l’édition 2018. La réorganisation, nécessaire, de tous les acteurs et intervenants, s’imposait, si bien que la non-venue de la région s’apparentait davantage à une pause qu’à un retrait. Présents depuis la première édition du Salon du Livre -du temps, rappelle-t-on, où il se tenait à Nice et non à Paris- les Éditeurs du Sud se sont d’ailleurs, entretemps, rendus sur d’autres salons (celui de Francfort, notamment). Déjà conséquent, le stand Sud-PACA, avec celui, totalisant 200 m2, des Éditions Actes Sud, font de la région Sud la région la plus représentée du Salon. Préparée à la venue de Françoise Nyssen, alimentée en grande partie par les fonds de sa librairie parisienne, L’Arbre à Lettres, la maison n’affiche cependant pas vraiment ses couleurs locales en ce soir d’ouverture, et semble préférer se fondre dans la masse des autres grands pôles de l’édition.

L’invitée d’honneur de cette édition 2018 est la Russie, dont Emmanuel Macron boycotte, dès son arrivée, le stand, en réaction à l’attaque à Salisbury -ce qui ne l’empêchera pas d’aller par la suite, affirme-t-il, à la rencontre de plusieurs auteurs russes. Geste courageux qui risque néanmoins d’alimenter les discordes politiques et éditoriales à l’œuvre. Au stand des Éditions des Syrtes, si on se réjouit d’être présent -pour la première fois sur un « vrai » stand après quelques années adossées à d’autres- malgré le coût humain et financier impliqué, et ce pour défendre enfin des auteurs russophones contemporains, on craint que la venue de Zakhar Prilepine échaude certains, qui avaient déjà menacé de ne pas assister au salon si Prilepine s’y rendait. Du côté de l’Association Française des russisants, on loue également la possibilité de faire connaître une langue et une culture immenses, mal maîtrisées par la France ; mais on craint également que cette simple question de la langue pose, sur la littérature contemporaine, des enjeux identitaires trop lourds. Pour la Région Sud, cet axe permet notamment de mettre en avant le travail important des traducteurs -du russe, mais également d’autres langues, et notamment du chinois.

Autres nouveautés de cette année : l’avènement d’une scène Young Adult et d’une scène Polar. Plus consensuels, ces deux axes répondent, selon certains, davantage au désir du public -et celui, des éditeurs, de « surfer sur ce qui marche »- qu’à une vraie démarche éditoriale. Malgré la pérennité pas si évidente des deux genres -le polar, qui avait il y a peu le vent en poupe dans le sud, est moins présent qu’auparavant selon certains, et le Young Adult n’est pas voué à un succès si viable, affirment d’autres. On pourra s’interroger sur le créneau occupé par ce dernier malgré le succès déjà bien assis des scènes jeunesse et BD–Manga-Comics, et surtout en vertu du mal qu’on éprouve à définir ce créneau. « Le Young Adult, c’est bien souvent de la romance destinée aux jeunes filles de 15 ans, qui ne peut pas être vraiment osée -même si son public a souvent plus que l’âge indiqué : c’est un peu du Mommy Porn, mais sans le Porn », entend-on dans un des stands dédiés à la littérature jeunesse. Atout commercial avant tout, le Young Adult permet surtout, en creux, de faire découvrir un fond d’auteurs jeunesse d’une vraie qualité, résistant mieux à l’épreuve du temps. Le polar n’est pas non plus en berne, même si l’on semble regretter, notamment chez les éditeurs du Sud, un essoufflement de l’essor local du genre. Malgré un retour, dans celui-ci, du féminin, qui fera l’objet d’une des rencontres organisée par la Région (Le polar au féminin avec Karine Giebel, Brigitte Aubert et Alice Quinn).

SUZANNE LAY CANESSA
Mars 2018

Le Salon du livre se tient à Paris, Porte de Versailles, du 16 au 19 mars
livreparis.com

Photographie © Emmanuel Nguyen Ngoc