Le Printemps de la Danse à Marseille : ça pense et ça danse toujours au nord

Le Printemps s’accroche à La Busserine

• 3 mai 2018, 15 mai 2018, 17 mai 2018 •
Le Printemps de la Danse à Marseille : ça pense et ça danse toujours au nord - Zibeline

Pour la 3e année consécutive, le Printemps de la Danse s’installe au Théâtre le Merlan. Un provisoire qui dure. L’Espace Culturel de la Busserine (ECB) à Marseille marche sur des œufs depuis l’élection de Stéphane Ravier en 2014 dans les secteurs des 13e et 14e arrondissements de la ville. Désormais la mairie des quartiers nord est tenue par le FN, et l’activité culturelle se voit à la fois réduite et orientée. Avec sa programmation résolument tournée vers l’ouverture, le partage, l’inclusion du public habitant, la Busserine, implantée depuis 1986, est ainsi menacée, entravée dans ses démarches. L’obligation de mise aux normes d’accès des handicapés à la salle de spectacle a entrainé un planning de chantier important, et surtout très long. Le monde culturel et associatif s’est mobilité, et l’équipe est pour le moment accueillie au Centre social voisin de Frais Vallon, aux valeurs portées haut et fort : « vivre ensemble, honorer identités et histoire, rencontrer, partager, recevoir, transmettre, donner et prendre la parole », et grâce auxquelles les spectacles (concentrés sur le jeune public depuis deux ans) et ateliers perdurent, jusqu’à la réouverture prévue pour janvier 2019 « sans aucune certitude, puisque cela dépendra du retard ou non des travaux », indique-t-on prudemment à la Busserine*.

La danse urbaine persiste et signe au cœur des quartiers nord donc, avec cette nouvelle édition organisée par l’Association de Promotion de l’ECB en partenariat avec le Théâtre le Merlan. Trois rendez-vous ponctueront le mois de mai, conviant des compagnies importantes et internationales.

L’emblématique et bien nommée Opus 14 (3 mai), 14e création de Kader Attou, sonnera l’arrivée officielle du Printemps. Il est l’un des ambassadeurs de la danse hip hop françaises (l’une des plus affirmées et reconnues) sur les scènes du monde entier, et le premier chorégraphe de danse urbaine nommé à la tête d’un Centre national chorégraphique (celui de La Rochelle). Il brouille les codes, et propose avec Opus 14 une pièce sensuelle et poétique, où la fragilité s’expose dans les gestes des 16 interprètes masculins, déjouant l’habituel exercice performateur. Même langage chez Mickaël Le Mer (15 mai) qui offre à ses trois danseurs de transcrire avec leur corps leurs souvenirs. Dans leur singularité, ils livrent, entre prouesses techniques (ils sont chacun issus du break dance) et émotion, des Traces légères et métissées, contribuant à mener la danse urbaine vers des territoires riches et renouvelés.

Deux spectacles se partageront la dernière soirée (17 mai). Slave (David Llari), solo dansé par David Barbarisi, aborde le rapport physique entre l’homme et la machine. Danse pure et corps acéré. Paradoxal Wild [l’indicible histoire de nos sourires] est une autobiographie chorégraphiée et dansée par Nacim Battou, où, à travers son corps et la confrontation au mapping vidéo, il nous livre un vécu tant physique qu’intérieur.

Le Printemps nous apporte la bonne nouvelle : ça pense et ça danse toujours au nord de Marseille.

ANNA ZISMAN
Avril 2018

* Retrouvez nos articles retraçant l’historique mouvementé des trois dernières années de l’Espace Culturel de la Busserine : https://www.journalzibeline.fr//revirement-pour-lespace-busserine/, https://www.journalzibeline.fr//lespace-busserine-ferme-au-tout-public/, https://www.journalzibeline.fr//programme/espace-danse/.

Printemps de la Danse
3, 15 & 17 mai
Le Merlan, Marseille

Photo : Opus 14, Kader Attou -c- Michel Cavalca


Théâtre le Merlan
Scène Nationale
Avenue Raimu
13014 Marseille
04 91 11 19 30
http://www.merlan.org/