« Prendre sa vie en main », fil rouge de la programmation du Sémaphore

Le pouls du monde

« Prendre sa vie en main », fil rouge de la programmation du Sémaphore  - Zibeline

Le Sémaphore de Port-de-Bouc invite à célébrer à nouveau le vivant et l’instant avec une programmation très diversifiée.

Comme pour tordre le coup à l’ambiance morose et délétère qui sévit en cette rentrée théâtrale, la programmation du Sémaphore concoctée par Laurence Cabrol, sa directrice, affiche une belle diversité. On prendra « le pouls du monde avec des spectacles qui portent un regard sur des histoires individuelles et sur la grande Histoire, sur le passé et l’actualité » en se demandant comment « prendre sa vie en main », un fil rouge pour le moins prometteur ! 

Pour convoquer ces trajectoires de vie, théâtre, danse, marionnettes, cirque et formes pluridisciplinaires se croiseront au gré des propositions. 

Parmi celles-ci le très beau Mo, une traversée de Marie Vauzelle et Selman Reda (Cie MAB), le voyage épique de Mo qui fuit l’Afrique en guerre pour rejoindre l’Europe. L’histoire est jouée en direct par un danseur-acrobate, deux comédiens, un musicien, un graphiste et un vidéaste. Autre histoire d’exil avec Rebetiko, racontée par la Cie Anima Théâtre au son de cette musique qui animait les réfugiés d’Asie mineure en Grèce ; un musicien accompagne les marionnettes dans leur déracinement forcé. Revisiter le mythe de Frankenstein, c’est ce qu’a imaginé la Cie Karyatides, dans un spectacle qui mêle théâtre, théâtre d’objets et opéra, interrogeant la responsabilité, l’engagement et les limites imposées à l’espèce humaine. 

Femmes à l’honneur

Que ce soit en tant que metteuses en scène ou sujet de la pièce, les femmes sont très présentes cette saison au Sémaphore. Margaux Eskenazi (Cie Nova) explore les résonnances de la guerre d’Algérie entre celles et ceux qui l’ont vécue et leurs descendants (Et le cœur fume encore) ; Agnès Régolo (Cie Du Jour au lendemain) revisite Marivaux dans une Dispute enlevée ; Maguy Marin accompagne les jeunes danseurs de la formation professionnelle Coline d’Istres qui interprèteront sa pièce Waterzooï créée en 1993 ; Edith Amsellem (mise en scène) et Anne Naudon (jeu) s’interrogent sur la place (très rare) des femmes dans l’histoire de la littérature jusqu’au XXe siècle à travers la prose de Virginia Woolf ; Camille Trouvé (Cie Les Anges au Plafond) met en forme, avec du papier, la vie de Camille Claudel en se basant sur sa correspondance, accompagnée par la musicienne Fanny Lasfargues (Du rêve que fut ma vie) ; et Gilles Cailleau restaure la figure mythique de Carmen, incarnée par la soprano Sophie Chabert et Amanda Righetti au mât chinois : amour, pouvoir, liberté, courage seront au rendez-vous de ce spectacle joué sous chapiteau (Je suis Carmen). 

Enfin, l’ouverture et la clôture de saison se feront en plein air, dans les rues de Port-de-Bouc, avec la deuxième édition de Sem’art rue !, exceptionnellement morcelée en deux temps pour cause d’annulation forcée en fin de saison dernière : le 12 septembre se succèderont les Cies Anima Théâtre, Tandaim, Didier Théron ainsi que la fanfare Big Joanna, et lors des beaux jours de juin 2021 Les 26000 couverts et la Cie Mauvais Coton, en attendant de connaître d’autres surprises, seront de la partie !

DOMINIQUE MARÇON
Septembre 2020

Photo : Du rêve que fut ma vie © Vincent Muteau

Théâtre le Sémaphore
Centre Culturel
rue Turenne
13110 Port-de-Bouc
04 42 06 39 09
www.theatre-semaphore