L’Été danse en Avignon, avec le CDC - Les Hivernales

Le marathon de l’Été danse

• 9 juillet 2017⇒19 juillet 2017, 23 juillet 2017⇒26 juillet 2017 •
L’Été danse en Avignon, avec le CDC - Les Hivernales - Zibeline

Du 9 au 19 juillet, le CDC – Les Hivernales accueille sept compagnies nationales et internationales selon le principe d’une programmation quotidienne en continu sur le plateau. Un concentré de danse contemporaine de 10 heures à 21h45…

Pour les artistes le marathon en vaut la chandelle, car nombre d’entre eux volent haut dans le ciel après avoir touché le sol de L’Été danse, tremplin et vitrine de premier plan. S’y frotteront successivement Yasmine Hugonnet (Cie Arts mouvementés), Fabrice Ramalingon (Cie R.A.M.a), Sylvain Bouillet, Mathieu Desseigne et Lucien Reynès (Naïf Production), Nans Martin (les laboratoires animés), Ayelen Parolin, Bruno Pradet (Cie Vilcanota) et Hsiao-Tzu Tien. Sept propositions agrémentées, du 23 au 26 juillet, de la création C’est une légende de Raphaël Cottin (Cie La Poétique des signes) qui marque la première collaboration entre le CDC – Les Hivernales et le Festival d’Avignon.

Dans son solo Le Récital des postures, la chorégraphe et interprète Yasmine Hugonnet utilise son corps comme d’un instrument. Elle joue sur les notions de temps, de résistance et d’immobilité « pour donner à voir les bascules » et les postures de son corps dans ses imperceptibles mouvements. L’absence est au cœur de la pièce de Nans Martin, D’œil et d’oubli, qui puise dans son histoire intime matière à une écriture personnelle faite de silence et d’immuabilité. Avec pour seule constante la fuite du temps, Hsiao-Tzu Tien transpose sa réflexion sur le sentiment de flottement inhérent à l’époque en une série de tableaux comme « les fragments d’une mémoire retrouvée». Temps suspendu, silence, immobilité sont le ciment de ces trois pièces introspectives.

À l’opposé, My (petit) pogo de Fabrice Ramalingom, Nativos d’Ayelen Parolin et People What People ? de Bruno Pradet s’inscrivent dans l’énergie et la performance. Ayelen Parolin part des singularités de quatre danseurs de la Compagnie nationale de danse contemporaine coréenne pour construire un opus né d’une expérience chamanique collective. Quitte à bousculer le rite et à écrire « une forme chorégraphique forcenée et obsessionnelle ». Fabrice Ramalingom s’interroge sur le chemin qui conduit de l’idée originelle à la forme spectaculaire dans My (petit) gogo, et esquisse une réponse à l’attention du jeune public en donnant à voir les rouages gardés secrets. Entre didactisme et sensibilisation, tout son talent est d’intégrer le spectateur dans sa performance. Pulsations, musique électro, danses rituelles et transes collectives, People What People ? de Bruno Pradet entraîne ses interprètes dans un tourbillon vertigineux qui fait d’eux un groupe compact. Une matière unique et bouillonnante.

Énergie toujours, mais dissemblable dans l’écriture, La mécanique des ombres du collectif Naïf Production mêle danse hip hop et cirque contemporain, ses trois danseurs-acrobates multipliant les prouesses  pour raconter « l’histoire d’une petite humanité qui balbutie ».

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Juin 2017

L’Été danse
23 au 26 juillet
CDC – Les Hivernales, Avignon
04 90 82 33 12
hivernales-avignon.com

Photo : People what people, Bruno Pradet -c- Alain Scherer