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La Maison théâtre des Littératures à voix hautes, havre de résistance du livre à Nîmes

Le livre monte le son à Nîmes

• 25 janvier 2018, 1 février 2018 •
La Maison théâtre des Littératures à voix hautes, havre de résistance du livre à Nîmes - Zibeline

Si l’objet livre est peut-être -peut-être seulement- voué à muter vers l’immatériel, la lecture n’en est pas pour autant si menacée que certains esprits chagrins veulent nous le faire craindre. S’il fallait une preuve de l’attachement aux mots, à leur musique, aux chemins détournés et mystérieux qu’ils nous proposent, le succès croissant de l’initiative portée par la Maison théâtre des Littératures à voix hautes (dLVH) à Nîmes en est une des plus convaincantes.

Car en effet, la lecture n’est pas cantonnée à rester silencieuse, intérieure. Elle a aujourd’hui tendance à s’exporter dans d’autres contrées, celles des voix. Le développement des livres audio creuse la tendance, et les rendez-vous réguliers proposés par la Maison Théâtre dLVH confirment ce goût pour une approche différente de la littérature.

Depuis deux ans, Denis Lanoy anime ce lieu (avec trois autres membres du Triptyk théâtre, à l’origine du projet : Bruno Paternot, Isabelle Audin et Stella Biaggini) qui revendique éclectisme et intimisme. Dégagée de toute référence à l’actualité littéraire, la Maison reçoit des auteurs de théâtre, des poètes, des romanciers, des essayistes, venus lire leurs textes devant les 50 personnes qui remplissent chaque soirée la petite salle de la rue de la République. Le prix de la place inclut ce temps d’écoute, un moment d’échange avec le public, et, nerf de la convivialité, boisson et grignotage à partager. Les invitations se succèdent au gré des hasards et des rencontres, et les auteurs font courir le bruit qu’ici, à Nîmes, la littérature se plait à se laisser dire.

Ce petit havre de résistance littéraire a reçu un accueil enthousiaste des tutelles, tous réunis autour de la jeune structure (État, Région, Département, Ville), tandis que les animateurs continuent les actions pour fidéliser et diversifier le public.

Les classes poésie s’adressent à tous les niveaux scolaires, du CP jusqu’aux classes préparatoires, lycées généraux et techniques, et proposent un temps de lecture à voix haute auprès des élèves, qui viennent une heure à la Maison écouter un programme établi en accord avec leur professeur et leur programme.

La volonté de l’équipe est que ce lieu soit implanté dans le quotidien de ce quartier populaire : diverses actions (écoles, rues) encouragent les habitants à venir pousser la porte, et se sentir chez eux parmi les mots lus.

Les textes se déplacent aussi : lors des lectures domiciliées, ils se laissent inviter dans des jardins ou maisons, chez l’habitant. On choisit le thème suivant l’esprit de la soirée, et les écrits sont dits devant une famille, un groupe d’amis.

Il fait bon se laisser porter par les livres, les mots, les phrases ; c’est beau de les entendre s’émanciper dans la bouche de leurs auteurs ou de leurs passeurs. Et de constater que la lecture, c’est tout sauf solitaire.

ANNA ZISMAN
Janvier 2017

À venir :

25 janvier
Jean Cagnard, auteur multi facette : théâtre, poésie, romans, nouvelles ; à la tête de la Cie des 1057 roses

1er février
Mimmo Borrelli : poète, chanteur, dramaturge ; les élèves du cours Florent de Montpellier ont choisi le texte La trouille, mis en voix par les étudiants de dernière année.

La Maison théâtre des Littératures à voix hautes, Nîmes
04 66 62 06 66
triptyktheatre.fr

Photo : Jean Cagnard -c- X-D.R.