Des concerts hors-les-murs en Haute-Provence, avec le K'fé quoi !

Le K’fé Quoi ! en goguette estivale

• 26 juin 2021⇒18 août 2021, 26 juin 2021⇒18 août 2021 •
Des concerts hors-les-murs en Haute-Provence, avec le K'fé quoi ! - Zibeline

La salle de Forcalquier sort de ses murs pour un nouveau festival itinérant en Haute-Provence. Entretien avec la chanteuse franco-vénézuélienne La Chica.

Zibeline : La Loba, votre dernier album, est un cheminement mystique et émotionnel, de la douleur du deuil vers la lumière transformatrice de la reconstruction. Étiez-vous de nature à écrire quelque chose d’aussi intime avant la disparition de votre frère ?

La Chica : Oui et c’était déjà le cas, surtout dans Oasis, mon premier EP. L’album qui a suivi, Cambio, était plus un cri que j’avais besoin de pousser, moins dans l’introspection. Pour La Loba, je me suis retrouvé tellement à fleur de peau qu’au moment où je me suis mise à écrire, je n’ai pas vraiment réfléchi, portée par mon ressenti. Je n’avais pas encore eu le temps d’assimiler un certain nombre de choses. Ce qui est ressorti des compositions est l’essence même des émotions.

L’un de vos titres, Drink, figurait déjà sur votre précédent disque. Pourquoi cette réinterprétation ?

C’est un chant pour les morts sur lequel j’utilisais les tambours pour me retrouver en situation de transe, de manière à pouvoir me connecter spirituellement. Ça m’a semblé naturel qu’il apparaisse sur le disque pour mon frère mais je n’avais pas envie d’une version aussi rythmée, plutôt de quelque chose de plus apaisé et apaisant.

La dimension chamanique fait-elle réellement partie de vous ou est-ce un clin d’œil à vos origines vénézuéliennes ?

Je ne peux pas dire que c’est une référence à une culture parce que j’ai grandi avec ça. Il y a de la magie et du rituel dans mon quotidien. Le chaman est la personne qui soigne, qui fait du bien et, pour moi, la musique est une sorte de chamanisme moderne. Faire de la musique, c’est transformer les vibrations autour de nous. Cela permet de se sentir mieux, de franchir les étapes difficiles. Cela peut sauver dans certains cas.

Vos influences musicales latino-américaines ont-elles été un atout ou un frein dans le lancement de votre carrière solo ?

La musique latino marche en France quand elle est reçue et comprise comme une musique traditionnelle. Dans mon cas, comme pour toute la nouvelle génération de musiciens latinos, il s’agit d’une démarche artistique beaucoup plus personnelle, originale, qui s’inspire de la tradition mais qui en fait quelque chose d’actuel. Je ne suis pas indienne de la cordillère des Andes, je ne vais pas présenter une musique folklorique alors que j’ai grandi à Paris. Il faut qu’il y ait de l’authenticité, donc je propose ce que je suis. Et cela n’a pas été accepté tout de suite.

Votre univers visuel et graphique est particulièrement travaillé quand votre dispositif scénique est plutôt sobre…

Parce que c’est une tournée plus intimiste. Je suis seule, en configuration piano voix, avec un set de lumières très travaillé. J’avais envie d’être en interaction directe avec le public, de sentir ce qui se passe même sans se parler plutôt que de montrer des grosses images projetées. Le décor, c’est moi.

Propos recueillis par LUDOVIC TOMAS
Juin 2021

Photo La Chica © Adriana Berroteran

Le Kfé quoi ! en goguette
26 juin au 18 août
Divers lieux, Haute-Provence
le-kfe-quoi.com

 

Au programme

26 juin : Sages comme des sauvages, Couvent des Cordeliers, Forcalquier

6 au 8 juillet : Dom la Nena, Théâtre Marius, Lurs

20 au 22 : Le Secret (Marion Rampal & Pierre-François Blanchard), Le cloître, Cruis

27 au 29 : La brise de la Pastille (Galapiat cirque), Salle des fêtes, Montlaux

3 au 5 août : La Chica, place de la mairie, Limans

10 au 12 : Lior Shoov, église Notre-Dame-des-Neiges, Montjustin

18 : Bab L’Bluz, musée et jardins de Salagon, Mane